‹ Traité pratique de gynécologieChapitre 20 sur 242 · NYMPHOMANIE. SI · texte numérisé non relu

NYMPHOMANIE. SI

i-èves lascifs » (Fovillo fils). ïoule pudeur disparail, el si les malheureu'^es ne peuvent se livrer à l'acte naturel, elles se rejettent sur les ressources variées du saphisme et de la masturbation qu'elles arrivent parfois à prélerer, môme dans le mariage.

Primitive ou secondaire, la nymphomanie exerce ordnian^ement une influence profonde sur l'état mental. L'état général est très variable ; la malade peut garder longtemps les apparences d'une santé florissante ou, tout au contraire, la déchéance physique suit de près la déchéance morale.

Localement, on a signalé un développement exagéré, congénital ou acquis, du bassin (Alibert), du clitoris et des petites lèvres. Les muqueuses génitales sont le siège de rougeurs, d'excoriations et d'un suintement plus ou moins profus. Les malades éprouvent des sensations de plénitude, de pesanteur, de brûlure qui influent sur la marche.

Pro>;ostic. — Si elle est d'origine locale et accidentelle, la nymphomanie, pourvu qu'elle ne soit pas trop invétérée, peut disparaître par le traitement de la cause. D'une manière générale, son pronostic varie avec sa nature et avec le degré du désordre cérébral. Le mariage peut y mettre un terme, et il en est de môme d'un traitement moral bien dirigé, lorsque le trouble est modéré, et que l'équilibre organique n'est pas compromis par ailleurs. Les cas invétérés impliquent un pronostic plus sérieux : débilitation générale pouvant conduire à une mort prématurée ou, tout au moins, stérilité, impossibilité de la vie conjugale, avortement, et, pendant la période menstruelle, hémorrhagies de l'ovaire, hématocèle, poussées de périmétrite.

Traitement. — Le traitement le plus efflcace est celui de la cause et relève, dans la plupart des cas, de la thérapeutique mentale. En dehors des cas excessifs, justiciables du régime des maisons de santé, on peut conseiller, avec plus ou moins de chances de succès, les distractions, les voyages, une occupation régulière, l'hydrothérapie, les bains de siège, les ablutions froides, un régime léger, la suggestion, etc. En dehors du bromure de potassium, souvent utile, les anti-aphrodisiaques peuvent être rangés, à côté des aphrodisiaques, parmi les moyens empiriques et surannés.

Il y a une trentaine d'années, Baker Brown a essayé de remet- Ire en honneur l'opération orientale de la clitorideciomie, comme traitement de certaines névroses, et de la nymphomanie en particulier. On connaît l'accueil que lit à cette ouverture la Société obstétricale de Londres. Il ne semble pas en efl'et que la

Page 1