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III. — Dyspareunie

Le mot dyspareiinie, introduit, croyons-nous, par Barnes, dans la terminologie gynécologique, signifie, dans son acception la plus large : difficulté dans l'accomplissement du coït. Les auteurs anglais l'emploient dans le sens plus restreint de : douleur provoquée par le coïi et, plus particulièrement, lorsque cette douleur est symptomatique d'une affection des organes génitaux internes.

Par analogie avec la dysménorrhée, nous accepterons la première de ces définitions qui nous paraît la plus juste.

Étiologie. — ■ La dyspareunie est donc anatomique ou symptomatique.

a. Dyspareunie anatomique. — La première est caractérisée par l'impossibilité physique de l'intromission et reconnaît pour causes: la disproportion, l'absence, l'imperforation des organes, par malformation congénitale ou acquise (sténoses vulvo-vaginales, cicatrices, prolapsus, tumeurs obstruant le vagin, etc.). (Voir Malformations.)

h. Dyspareunie symptomatique. — La seconde peut s'observer dans un grand nombre d'affections génitales : décollement marginal (Munde) ou déchirure anormale de l'hymen, traumatismes ou inflammation de la vulve et du vagin, métrites, lésions du col, prolapsus des ovaires, inflammations des annexes et du péritoine pelvien, tumeurs du bassin.

Dans cette variété, les organes, bien conformés d'ailleurs, ne s'opposent pas à l'intromission ; mais la douleur, les mouvements de défense ou les contractures qu'elle provoque, rendent le coït difficile ou impossible. Nous étudierons plus loin le vaginisme, qui reconnaît en partie la môme étiologie, et qui est lui-même un facteur par excellence de la dyspareunie.

Symptômes. — Dans les formes anatomiques, le coït est impos-

DYSPÂREUNIE.

sible, difficile ou dévié. Il est impossible dans le prolapsus complet, clans l'imperforalion, l'absence ou l'obstruction du vagin, etc., en cas de tumeurs de la vulve. Parfois cependant, l'intromission peut se faire, mais incomplètement (cloisonnement, tumeurs, cicatrices), ou difficilement, et par certains artitlces (vulve trop en avant ou trop en arrière). Entin les efforts réitérés de la copulation creusent parfois des fausses routes (urèthre, fistule, tissu cellulaire circumvaginal). La douleur n'est, dans ces cas, qu'un phénomène accessoire, en rapport avec le traumatisme et, par conséquent, variable de caractères et d'intensité. L'obstacle mécanique est tout.

Dans la dyspareunie symptomatique, au contraire, c'est par la douleur qu'il provoque, que l'acte sexuel est rendu difficile ou impossible. Le siège de cette douleur et ses caractères sont subordonnés au siège et à la nature de la lésion causale. La défloration, l'inflammation des caroncules, des glandes vulvo-vaginales, certains exanthèmes, toutes les inflammations et les traumatismes de la vulve et du vagin, produisent une hyperesthésiequi, sans toujours se compliquer de vaginisme, est telle, que le contact d'un corps étranger est insupportable.

La dyspareunie d'origine utérine revêt souvent le caractère de coliques et peut s'accompagner d'hémorrhagies.

ïrélat, Hildebrandt, Revillout, Budin ont décrit un vaginisme supérieur, caractérisé par la contracture des faisceaux internes du releveur de l'anus, sous l'influence d'affections utéro-ovariennes, de certaines ulcérations douloureuses du col, en particulier (Trélat). Avec Pozzi, nous pensons qu'il s'agit simplement ici de phénomènes douloureux, avec mouvements réflexes de défense, constituant une variété de dyspareunie différente du vaginisme proprement dit.

Dans les affections des annexes et du péritoine pelvien, la douleur au coït est presque constante, plus ou moins intense, localisée, ou s'irradiant aux lombes et aux cuisses, et survivant, de plusieurs heures à plusieurs jours, à la consommation de l'acte. Il en est particulièrement ainsi pour le prolapsus de l'ovaire (1), surtout s'il est malade : la douleur est bien localisée et identique à celle que provoque le toucher ; elle apparaît subitement, à l'occasion du coït ; elle est vive, aiguë, nauséeuse, intolérable, peut produin; une défaillance et s'irradier le long du nerf génito-crural. Elle peut faire défaut dans certaines altitudes et se produire seulement à l'occasion de la défécation.

(I) Vallin, Thèse Paris, 1887.

STÉRILITÉ

Diagnostic. — L'étude des antécédeiiLs, les caraclères, le siège de la douleur et l'examen local permettront, dans ces diverses éventualités, de rattacher la dyspareunie à sa véritable cause.

Pronostic. — La dyspareunie est un symptôme et n'a de valeur que par sa cause ; mais elle peut entraîner, par elle-même, des conséquences graves. Elle peut conduire à l'hypochondrie, à la folie, au suicide, et il n'est pas nécessaire d'insister sur ses résultats au double point de vue de la stérilité et de l'union conjugale.

Ces divers troubles : anaphrodisie, nymphomanie, dyspareunie, prêtent, en outre, à des considérations médico-légales dans lesquelles nous ne pouvons entrer.

TbImtement. — Il ne peut être question de traitement unique. En traitant convenablement les diverses affections génitales en cause on combattra indirectement la dyspareunie.

Cependant l'examen minutieux de tel cas particulier pourra permettre de donner à la femme ou au mari des conseils propres à atténuer la douleur du coït ou à éluder sa difficulté.

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