‹ Traité pratique de gynécologieChapitre 54 sur 242 · I. Vulvo-vaginite muqueuse · texte numérisé non relu

I. Vulvo-vaginite muqueuse

Le type de la vulvo-vaginite catarrhale est la vulvo-vaginite blennorrhagique que nous décrivons plus bas.

La vulvo-vaginite sénile est caractérisée par des ulcérations, avec amincissement de la muqueuse, atrésie du conduit, et parfois, formation de brides. Elle s'accompagne de leucorrhée et de cuisson qui peut être très vive.

Les saillies de la vaginite emphysémateuse peuvent échajiper facilement à l'examen. Elles sont dures et sèches au toucher. Quand elles offrent un certain volume et qu'on vient à les piciuer, elles s'affaissent avec un petit bruit sec, ou bien, si l'on a eu le soin de verser, au préalable, de l'eau dans le spéculum, on voit une petite bulle de gaz apparaître à la surface du liquide. Ces saillies peuvent s'accompagner d'un écoulement qui disparait avec elles.

SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC

II, Vulvo- vaginite phlegmoneuse.

Le phlegmon diffus des grandes lèvres et la gangrène vulvovaginale n'offrent rien de particulier au point de vue du diagnostic. Comme nous l'avons dit, le phlegmon circonscrit est le plus souvent lié à la bartholinite.

La périvaginite disséquante est une affection extrêmement rare ([ue l'on reconnaîtra à la fluctuation périvaginale et à la coexistence d'un phlegmon pelvien

b. Formes étiologîques, anatomiques et cliniques. I. Vulvo-vaginite blennorrhagique.

1° Vulvite.

A.Vulvite aiguë.— Dans la forme aiguë de la vulvite blennorrha- Sique, la muqueuse, tuméflée, uniformément plus rouge qu'à l'état normal et piquetée de points plus rouges encore, souvent excoriée, I st, au début, le siège d'un prurit assez prononcé, qui se transforme bientôt en cuisson ou en douleurs vives. Entre les parties tuméfiées, suinte un liquide jaune verdâtre qui, par son contact avec la peau, y détermine une dermite intertrigineuse et eczématoïde, pouvant occuper toute la région qui s'étend de l'anus au pubis. Il y a presque toujours, au début de la vulvite aiguë, lies érosions et de petites élevures purulentes et jaunâtres, dénommées herpès, bien qu'à proprement parler ce soient des puslulettes gorgées des microbes de la suppuration (Barthélémy). Le méat uréthral est gonflé, douloureux; la muqueuse de l'urèthre ^'st rouge, boursouflée, granuleuse et facilement saignante. En |)ressant sur la face inférieure du conduit et sur les follicules périuréthraux, on fait sourdre un liquide identique à celui de la vaginite, mais souvent plus épais et plus irritant. Les douleurs de la miction sont beaucoup moins vives que chez l'homme, mais exislênt incontestablement. L'adénite inguinale est fréquente, mais -suppure rarement.

Les glandes vulvo-vaginales, déjà kystiques ou non, sont souvent intéressées, symétriquement ou l'une après l'autre; l'infection peut se localiser à leur conduit excréteur, ou gagner la profon- 'lf!ur de leurs culs-de-sac. Dans le premier cas, il peut n'y avoir lu'un suintement purulent exagéré par la pression, ou bien il se pioduit une inflanmiation aiguë formant tumeur et pouvant

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VULVO-VAGINITE.

aboutir à un abcès qui ne dépasse pas le volume d'une noix.

Au début, la malade éprouve une sensation de démangeaison, de cuisson, au niveau de la petite lèvre ; celle-ci est rouge, chaude, ci l'oriQce de la glande est entouré d'un cercle plus vivement coloic. Bientôt le conduit se dessine et se gonfle, entraînant la tumélai tionetle déplissemcnt de la nymphe: la tumeur est constituée. Kll, présente les mêmes caractères de siège et de volume que les kyslçdu conduit avec, en plus, ceux de l'inflammation, c.-à-d., douleur, coloration intense de la inuqueuse et chaleur de la région. En quatre ou cinq jours, le pus s'est formé, et la pression lelail sourdre par l'oriflce; ou bien, si celui-ci est obturé, il se fait jour spontanément et dans son voisinage : l'ouverture se fait ordinairement à la base et à la face interne de la petite lèvre, quelquefois sur son bord libre, jamais à sa face externe, d'apiè- Huguier.

Avant ou après l'évacuation du pus, l'inflammation peut gagner le corps de la glande, rester localisée à son parenchyme ou s'étendre au tissu interfolliculaire {abcès loarenchijmateux ei abcès granuleux de Huguiei^). Dans ces cas, la douleur est plus profonde, pluintense, lancinante, s'irradie vers le périnée, le rectum, l'ischion, le pubis, l'aine ; il peut y avoir un peu de fièvre et d'embari agastrique. La grande lèvre est rouge et gonflée, d'abord dans son ensemble; puis apparaît, à sa face interne, une saillie qui efface h pli nympho-labial, occlut le vagin, et se porte en bas vers la fourchette et l'ischion : ses dimensions peuvent atteindre celles d'un œuf de poule. La grande lèvre, comme allongée par en bas, e>i œdémateuse et tendue. Au bout de quelques jours, elle devient fluctuante dans sa profondeur. Le pus se forme vite, en efl'et, el se faitjour: rarement par le conduit excréteur, ordinairement danson voisinage et, assez souvent, par plusieurs orifices communiquant entre eux. Il est épais, filant, jaune ou verdâtre, parfois stiné de sang, et inodore dans les cas aigus. Après ouverture naturelle, il reste un trajet fistuleux; ou bien, celui-ci s'obture et l'abcès récidive : la résolution ou la guérison spontanée et définitive sont exceptionnelles.

L'inflammation peut dépasser les limites de la glande et envahir la grande lèvre ; c'est môme la cause presque unique des suppurations de celle-ci. Les aponévroses, qui forment une loge à l'organe, ne présentent pas non plus, par ailleurs, une barrière infranchissable au pus qui, malgré l'opinion de Huguier, A. Guérin. Courty, etcj, peut les perforer, acquérir au voisinage du rectum une odeur fétide, s'ouvrir une voie vers le périnée ou le reclum.

SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC

donner lieu à des fistules vulvo-périnéales, recto-vulvaires, rectol ulvo-périnéales; mais c'est là une complication rare.

B. Vulvite chronique. — A l'état chronique, les lésions se cantonnent dans Turèthre, dans les glandes de Bartholin et dans les l'oUicules glandulaires disséminés sur le vestibule, à la hase des petites lèvres, autour de la fourchette.

La folliculite vulvaire blennorrhagique (Martineau) se manifeste, à une première poussée aiguë, par le pointillé rouge dont nous avons parlé, et, à l'état chronique, par des saillies de coloration analogue, du volume d'une tète d'épingle à celui d'un petit pois, c[ui se voilent d'une gouttelette de pus sous la pression. Un stylet lin permet d'accéder, par le centre de ces saillies, dans de petites cavités de 1 à 2 millimètres de profondeur, qui peuvent se transformer en fistules borgnes externes ou complètes. Les follicules de la fourchette s'ouvrent vers la muqueuse anale ; les follicules périuréthraux (Martineau), dans l'urèthre, le vagin, le vestibule; les follicules intra-uréthraux, vers le vagin, créant ainsi, à une certaine période de leur évolution, une variété d'uréthrocèle.

A la forme aiguë de la bartholinite peut succéder la /orme chronique qui, souvent aussi, s'établit d'emblée. Cette dernière a été bien décrite, comme localisation rebelle de la gonorrhée, par Hamonic, et a fait le sujet de la thèse de R. Fauvel. Huguier l'appelait hypersécrétion purulente, et cette dénomination est parfaitement descriptive. En effet, il n'y a pas ici de j^hénomènes génél aux ; la tumeur manque ou consiste dans une simple induration hypertrophique de la glande; la muqueuse est rouge, il est vrai, mais par irritation due au contact du pus. Celui-ci est séreux, acide, jaune verdâtre ou lactescent; il apparaît dès qu'on écarté les petites lèvres ou qu'on presse sur la glande ou sur son conduit, et s'échappe, soit par l'orifice normal marqué d'une tache louge sombre (macule gonorrhéique de Sanger), soit par une |>uverture fistuleuse.

C'est là une forme tenace, qui ne guérit pas seule, et qui est susceptible de poussées aiguës. De nature à peu près exclusivement spécifique, elle constitue un dernier rempart de la blennorrhagie qui a pu disparaître de ses autres localisations, et rend dangereuse line femme en apparence saine.

bans l'uréthrite chronique, il n'y apas de chémosîs marqué, mais nue simple rougeur de la muqueuse avec béance paralytique du méat H. suintement scro-purulent à la pression. L'uréthrite existe, pour 'unsi dire, toujours. Sur 2000 cas, Martineau ne l'a jias vu manquer "ne fois et Steinsehneider en fait la localisation primitive du mal;

VULVO-VAGINITE.

2° Vaginite.

A. Vaginite aiguë. — La vaginite aiguë, d'origine blennorrhagi que, se reconnaît à une rougeur intense de la muqueuse, accompagnée de boursouflement de ses replis et de saillie des papilles, avec écoulement d'abord verdâtre, puis jaunâtre, sensation de prurit ou de brûlure dans le vagin, douleur vive et contracture à l'introduction du doigt, ténesme anal.

B. Vaginite chronique. — A l'état chronique, la blennorrhagie vaginale se cantonne de préférence dans les culs-de-sac du vagin et c'est là qu'il faut la poursuivre de propos délibéré. C'est là et dans le col qu'il faut recueillir les matériaux nécessaires à la recherche et à la culture du bacille caractéristique.

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