CHAPITRE III
MÉTRITE
ÉTIOLOGIE
11 reste évidemment beaucoup à faire pour la différenciation des microJDes générateurs de la métrite.
Les données les mieux établies portent sur l'infection puerpérale, la blennorrhagie et la tuberculose.
Comme nous l'avons déjà dit (chap. i"), les infectieux puerpéraux ne sont pas spéciaux à la puerpéralité : ce sont des germes pyogènes ou saprojjhy tiques, isolés ou associés, qui agissent, suivant les circonstances, au dedans comme à l'intérieur du système génital, au cours du post-partum ou en dehors de lui.
A l'état puerpéral, le streptocoque a été trouvé assez souvent à l'état de pureté. Il en a été de môme du staphylocoque dans quelques cas, en général assez légers.
D'autre part, dans les cas d'écoulements muco-purulents chroniques, où l'on trouve les staphylocoques (Brandt, Delbet), on ne peut savoir si ces germes se rattachent à une infection puerpérale ou non puerpérale, à une infection primitive ou à une infection secondaire, à la blennorrhagie, par exemple. Mais le streptocoque a été trouvé, à l'état de culture pure, dans la métrite aiguë non puerpérale (Chantemesse : métrite streptococcique à la suite d'un traumatisme utérin), et il n'est pas douteux que les saprophytes, qui sont sans action sur les tissus normaux, ])uissent, en dehors de la puei'péralité, exercer pinmitivement leur action nocive pour peu qu'ils rencontrent des tissus caducs (fibrome sphacélé, ulcère cancéreux, etc.).
Cependant nous ne sommes pas encore en mesure de décrire, dans son ensemble, la métrite septique ou la métrite saprophylique. Et d'ailleurs, les conditions particulières attenantes à la puerpéralité : dépouillement des couches superficielles de la muqueuse, sub-
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involuLion du muscle utérin, Li-aumalismes , état des humeurs, dom^eront toujours à la métrite puerpérale aiguë ou subaiguë, une nhysionomie et une gravité spéciales qui en font une espèce clinique à part. De plus, à l'état chronique, la question se posera toujours de savoirsiles germes sepliquos ou saprophytiquesontune action primitive ou secondaire à celle d'autres germes, gonocoques ou autres, tandis que l'existence de lacérations, de cicatrices, la subinvolution, permettront toujours de rapporter tel cas donné à leur origine pré-
ciSG.
Au double point de vue étiologique et clinique, la métrite puerpérale aura donc toujours une existence propre.
11 importe seulement de ne pas donner à ce terme, par rapport à la circonstance et au système organique attaqué, une spécificité
qui n'existe pas.
Si l'on s'en rapporte aux examens bactériologiques, l'accord est loin d'être fait sur la fréquence de la blennorrhagie utérine. Éraud ne l'a observée que dans 45 p. 100 des cas de métrite qu'il a étudiés à ce point de vue. Horand, sur 483 examens d'utérus, a constaté 40 fois un écoulement utérin, et 6 fois seulement il contenait des gonocoques. La proportion des examens positifs, faits par JuUien et de Sinéty, est, au contraire, assez considérable. Steinschneider fait de l'utérus « le siège primordial et électif du gonocoque ». Avant l'intervention du microbe, Ricord, Rollet, considéraient la blennorrhagie utérine comme assez commune ; Martineau, au contraire, pensait ne l'avoir observée qu'une dizaine de fois.
Ce qui est certain, c'est que les gonocoques sont ordinairement peu nombreux dans le mucus utérin, qu'ils semblent se cantonner ordinairement dans le col, pour disparaître assez vite (Éraud).
Aussi est-il prudent, dans les cas où l'examen du mucus cervical est négatif, de chercher autre part, dans le canal de l'urèthre, dans les follicules péri-uréthraux, par exemple, le critérium bactériologique, si discutable d'ailleurs.
La tubcrr.ulose utérine est une rareté pathologique. On connaît actuellement un certain nombre de cas de tuberculose tubo-utérine primitive; mais la tuberculose, limitée au col, est extrêmement rare (Cornil).
Péraire, Brandt, ont trouvé, dans l'utérus, des bâtonnets et des coccus, encore indéterminés, qui semblent pathogènes.
Dans le col, même à l'état normal, on trouve des microbes. Par contre, les lésions hypertrophiques du corps, c|ualifiées d'endométrites, ont donné, dans un bon nombre de cas (Dœderlein, Pfannenstiel, Delbet), à l'examen bactériologique, un résultat négatif.
MÉTRITE.
AiNATOMiE PATHOLOGIQUE.