PRONOSTIC ET MARCHE
Lavulvite blennorrhagique, dans sa forme aiguë, évolue en l'espace de huit à quinze jours. Mais, à l'état chronique, elle peut être extrêmement tenace et cette particularité n'intéresse pas seulement la malade, car, dans la très grande majorité des cas, l'écoulement est contagieux.
La durée moyenne de la vaginite blennorrhagique est toujours' de six à huit semaines pour les cas d'intensité modérée. Ceux qui guérissent le plus rapidement évoluent en trois ou quatre semaines ; d'autres peuvent se prolonger de trois à six mois : c'est qu'alors la vaginite n'est plus simple, qu'elle est entretenue, voire reproduite, par des écoulements venus de l'urèthre, des glandes vulvo-vaginales et surtout du col utérin.
Les vulvo-vaginites catarrhales, non blennorrhagiques, guérissent rapidement sous l'influence de moyens simples.
Les inflammations aphteuse et puerpérale, si elles ne sont soignées, aboutissent rapidement à la gangrène.
La marche de la tuberculose vulvaire est très lente et le pronostic, très défavorable. On a avancé que cette affection pouvait guérir; mais il est certain qu'elle récidive fréquemment après les traitements les plus énergiques. Les malades meurent ordinairement de phtisie, moins souvent de péritonite par propagation, de salpingite, de cystite, de pyélonéphrite et d'abcès du rein (cas de Bar).
TRAITEMENT a. Vulvo-vaginite blennorrhagique.
Au début delà vulvite aiguë, on ordonnera le repos au lit, deux bains de siège à l'eau bouillie, par jour, et l'isolement des lèvres avec des lamelles d'ouate hydrophile antiseptique, imbibées d'une solution de subhmé à 1/3000. On touchera, en même temps, les érosions avec la solution de nitrate d'argent à 1/30.
A l'uréthrite, on opposera d'abord des boissons abondantes et diurétiques, puis un traitement antiseptique et cathérétique : crayons médicamenteux à l'iodoforme (Sânger), à l'ichtyol; badigeonnages avec la solution de nitrate d'argent à 1/30, l'huile résorcinée à 1/100; électrolyse d'une minute de durée, à la dose de 20 à 30 milliampères (Barthélémy).
Les folhcules suppurés seront cautérisés au galvano-cautère ou, simplement, avec un stylet rougi au feu. Puis l'on fera des irrigâtions au permanganate de potasse à 1/4000 , et enfin des pulvérisations, soit de talc et acide borique, soit de bismuth, iodoforme, oxyde de zinc et tan.
La bartholinite aiguë, si elle est limitée au conduit excréteur, sera traitée par l'incision au couteau de Webber et la cautérisation au nitrate d'argent. Si elle est étendue au corps de la glande, il faut recourir à l'ouverture large, suivie de lavage au sublimé, de badigeonnage à la solution de nitrate d'argent à 1/30 et de tamponnement à la gaze iodoformée. Ce traitement suffit le plus souvent. En cas d'insuccès, ou si l'on se trouve d'emblée en présence d'un cas chronique, avec ou sans fistules, il faut recourir, sans hésiter, à l'extirpation complète au bistouri. On a conseillé l'emploi de la curette de Volkmann pour arracher tous les lobules de la glande, après incision simple des téguments; mais le tissu glandulaire fuit sous la pression de l'instrument et peut lui échapper en partie, servant ainsi de point de départ à une fistule , à un nouvel abcès. Ce n'est donc là qu'un moyen adjuvant qu'on mettra en œuvre, au cas où l'on aurait quelques doutes sur l'action complète du bistouri.
Une question se pose, qui a été longtemps résolue par la négative, aussi bien pour la bartholinite que pour les interventions plus sérieuses communément pratiquées aujourd'hui sur les organes génitaux internes de la femme : c'est celle de l'opportunité du traitement cliirurgical au cours de la grossesse. Si, en présence d'un kyste, de volume moyen et stationnaire, on a
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le droit d'hésiter, il n'en est plus de même s'il s'agit d'un abcès. È L'indication est nette : il faut supprimer, et le plus rapidement ( possible, une source d'infection presque certaine au cours du post- ■ partum. Ainsi avons-nous agi dans plusieurs cas avec un plein ; succès. Si l'on craignait l'avorteinent, crainte que nous estimons » exagérée, à moins qu'il ne s'agisse de femmes à réfle.xes singuliè- rement faciles, on pourrait attendre, avant d'opérer, la fin du i septième mois.
Le traitement direct de la vaginite repose pr-incipalement sur l'emploi d'injections, de tamponnements, d'insufflations de poudres médicamenteuses et de badigeonnages.
A la période suraigué de la vaginite blennorrhagique, on aura i recours aux injections, à la fois émollieules, calmantes et faible- ment antiseptiques, soit, par exemple, la suivante: feuilles de coca 5 grammes, espèces émollientes 2b grammes, pour 1000 grammes < de décoction qu'on additionnera de 20 grammes d'acide borique. . Mais l'injection le plus communément employée est l'injection d'eau i bouillie tiède, additionnée d'une très faible quantité de sublimé ! (1/4000).
Quand la période initiale sera passée, on forcera le titre d® lavages antiseptiques : sublimé à 1/3000 — permanganate de potasse à 1 /4000 — ou encore, chlorure de zinc ou sulfate de zinc et : eau ââ : 1 cuillerée à bouche par litre — chloral à 30/1000, etc. .
— Dès que l'application du spéculum sera possible, on fera suivre les lavages d'insufflations de poudre d'iodoforme, plus actif que le > salol ou la poudre d'acide borique, conseillés dans le même but On appliquera ensuite un tampon antiseptique, sec ou imbibé d'un i topique dont le véhicule sera la glycérine, qui favorise la filtration des liquides pathologiques, ou l'huile, le rétinol qui facilitent la i pénétr-ation de l'agent actif; nous recommandons particulièrement I la glycérine iodoformée à 5/100, le rétinol résorciné à 1/100. — Balzer et Chevalet ont conseillé l'emploi d'ovules pouvant être employés en pansements rares, tous les quatre ou cinq jours seulement, et composés d'un mélange de rétinol et de colophane > qu'on additionne d'une quantité suflisante de poudre de tan. Bar- thélemy, à Saint-Lazare, commence par de très abondantes irrigations antiseptiques, plusieurs litres de solution de sublimé à 1 /2000 --ou d'acide phénique au 100° — ou de permanganate à 1/4000 — ou i borico-naphtolée — puis il badigeonne avec le nitrate d'argent (solution au 100°) — pulvérise une très abondante quantité de poudre, soit de tan, soit de talc et bismuth, soit d'iodoforme et de dermatol
— et enfin, met un tampon d'ouate antiseptique imbibé d'huile vé-
aétale 10 eau de chaux no, résorcine l à 2 grammes. Entre temps, des bains de Barèges sont pris avec une canule vaginale en métal,
treillasiée et nickelée. , i. . >
A la période chronique, on aura recours à l'injection de sublime a .1/9000 1/1000 et même, d'après Sanger, 1 /bOO (àcondition que l'mjeclion soit faite par le médecin et qu'il prenne le soin d'évacuer complètement le liquide) ; aux injections précitées de sulfate de zmc, de chlorure de zinc, etc. ; à la balnéation sulfureuse, avec injections a l'aide du spéculum à bains. On pourra préparer l'action du liquide antiseptique en décapant la muqueuse à l'aide de la glycérme tannique: tannin et glycérine âh.
On éteindi-a la vaginite des culs-de-sac, à l'aide de badigeonnages avec la solution de nitrate d'argent "à 1/20. On s'attaquera aux granulations avec cette même solution ou avec la teinture d'iode. Quand l'hypertrophie papillaire aura donné lieu à de véritables végétations, il faudra recourir à l'action du bistouri ou des ciseaux, et^la faire suivre de badigeonnage au crayon de nitrate d'argent.
b. Vulvo-vaglnîtes d'origines diverses.
Les vulvo-vaginites catarrhales, non blennorrhagiques, de cause indéterminée, septique ou autre, que l'on rencontre surtout chez les petites filles, guérissent, en général, par des moyens simples: lotions boriquées, tampons enduits de vaseline boriquée, badigeonnages avec la solution de nitrate d'argent à 1/bO ou d'huile phéniquée, résorcinée, etc.
Pour la vulvo -vaginite puerpérale, nous donnons la préférence aux injections et aux lotions avec l'eau naphtolée à 0,40 p. 1000, ou avec la solution de sulfate de cuivre à 5 ou 10 p. 1000.
On préviendra la transformation de la vulvite aphteuse en gangrène, en ayant recours à la poudre d'iodoforme, qui assure tout particuUèrement, dans ce cas, une guérison rapide.
Le traitement de la vulvite diphtéritique est le même que celui de la diphtérie pharyngée.
On combattra la vaginite sénile par des badigeonnages au nitrate d'argent et par l'isolement des replis de la muqueuse au moyen de tampons imbibés de glycérine tannique, à 3/10, ou boriquée, à 4/60.
La vaginite emphysémateuse sera traitée par des lavages et par la ponction des saillies kystiques.
A la tuberculose vulvo-vaginale, on opposera, par ordre d'efficacité, l'extirpation, l'excision ou le simple raclage, suivis de caulé-
MÉTRITE.
risalion ignée eL de pansements à l'iodoforme, à l'acide lactique; ou simplement, les pointes de feu répétées, les flèches de chlorure de zinc. On badigeonnera les trajets fistuleux avec la teinture d'iode, la liqueur de Villate.
La gangrène se traite, à la vulve comme ailleurs, par le cautère actuel et les pansements antiseptiques.