II. Métrite chronique
^La métrite chronique succède à la métrite aiguë ou s'établit d'emblée, d'une façon insidieuse.
Elle est actuellement confondue, ainsi que nous l'avons déjà fait intendre, avec des lésions pseudo-métritiques que nous nous elTor- ;eronsde dissocier.
Nous étudierons, à propos de chacune des formes de la métrite îhroniquc, les signes physiques, et les symptômes fonctionnels et subjectifs qui relèvent directement de l'utérus; mais il existe, en outre, dos symptômes de voisinage et des symptômes généraux qui, sensiblement conmiuns à ces diverses formes, gagnent à être étudiés dans leur ensemble.
MÉTRITE.
Bien qu'avec moins d'intensité que dans la forme aiguë, la métrile chronique retenlit souvent sur le fonctionnement de la vessie et du. rectum. Los mictions sont plus fréquentes, douloureuses, et'' s'accompagnent parfois de ténesme. Ces troubles vésicaux sont, i dans la plupart des cas, purement réflexes, mais peuvent résulter i aussi d'une congestion de la muqueuse vésicale.
Il est peu de malades qui ne se plaignent de constipation et de ballonnement du ventre.
Outre la tympanite, il n'est pas rare d'observer de la gastralgie, i de l'ectasie gastrique, avec ses conséquences, et toutes les variétés de dyspepsie.
Du côté de Vappareil circulatoire : des palpitations, liées à Tané- I mie, à l'état nerveux ou aux troubles gastriques.
Du côté de Vappareil respiratoire, Mûller, d'après Pozzi, a insisté j sur une toux spéciale, survenant par émissions isolées plutôt que par quintes, sèche, étouffée, quelquefois rauque, et sans signes ; stéthoscopiques.
Du côté du système nerveux: névralgies diverses, particulièrement ; lombo-abdominale, intercostale, sciatique, fémorale, assez souvent» coccygienne (coccycodynie), céphalique et faciale. Il n'est pas rarei que les malades présentent, en outrCj des phénomènes de mélan-i cohe, d'hypochondrie, de neurasthénie, d'hystérie, et même depi-n lepsie. Enfin, on a signalé des ti-oubles d'accommodation et mèmet des lésions inflammatoires des milieux de l'œil (Ramsay) mani-i festement fiés à l'état de l'utérus (G. Morse).
La résultante de ces troubles divers finirait par imprimer à lai physionomie de la malade un cachet spécial qu'on a dénomméi faciès utérin. Mais, en réalité, le fades utérin manque souvent, n'a rien de spécial à la métrite et l'on a beaucoup trop étendu, sans; preuves suffisantes, l'influence des maladies génitales, surtout en* ce qui concerne l'utérus, sur les différents troubles, viscéraux ou> nerveux, concomitants.