Salpingite kystique
La trompe kystique peut contenir jusqu'à 1200 grammes de liquide (Lucas-Championnière). Elle se présente sous deux aspects principaux : uniformément distendue, de l'orifice abdominal vers l'ostium uterinum, elle prend la forme d'un boudin, d'une poire ; ou bien, présentant une série d'ectasieset de rétrécissements, elle offre une apparence moniliforme. Nous avons exposé plus haut le mécanisme probable de ces transformations.
Le dédoublement du ligament large par la trompe est exceptionnel, attendu qu'il ne peut avoir lieu qu'au niveau du tiers interne de l'organe, le plus souvent dilaté.
A. Hématosalpinx. — D'après les derniers travaux de Veit, confirmés déjà par nombre d'observations émanées d'autre source, la plupart, sinon la totalité, des hématosalpinx m\ seraient que des grossesses tubaires méconnues. Il faut donc faire table rase des travaux
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antérieurs à celle révélation et chercher tout d'abord à établir à quels signes l'on peut reconnaître qu'un hémalosalpinx, vide de fœtus, doit être rapporté à la grossesse lu])aire.
Il faudra, tout d'abord, tenir grand compte de l'examen macroscopique : une poche ovoïde, bien limitée, remplie de caillots, située dans la continuité d'une trompe simplement épaissie et présentant des franges longitudinales encore très nettes, sera probablement nn
Fig. 70. — Salpingite kysUque (Terrillon). — T, trompe oblitiîr^c et remplie lie sang;
0, ovaire.
kyste fœtal. Parfois l'on rencontrera, au centre de la masse solide qui a l'apparence d'un simple caillot, un amnios très net, rempli de liquide clair.
L'examen microscopique lèvera généralement les doutes : pour notre part, dans cinq ou six cas ditlérents, nous n'avons jaiçais manqué de trouver, ainsi que l'affilée Veit, les villosités révélatrices. Mais elles peuvent être en voie d'atrophie, ou même, avoir disparu. Dans ce dernier cas, on peut, sinon affirmer, au moins suppo-
ser rorigiae de la lésion d'après les modiiications de la paroi, dans la zone "ectasiée savoir : suppression, en cette région seulement, de lepilhéliuni et des plis de la muqueuse, abondance de cellules interstitielles et de vaisseaux (Pilliet).
En cherchant dans cette voie, on arrivera sans doute à établir la proportion des grossesses tubaires par rapport aux hdmalosalpingitcs (hémorrhagie dans une trompe enflammée), et par rapport à Vliématosalpinx de réiejiiion (refroidissement au moment des règles'?, atrésie génitale).
B. Hydrosalpinx. — Vkydrosalpinx se présente sous forme d'une vessie allongée ou d'un segment d'intestin. La muqueuse est déplissée et la paroi tubaire amincie dans son ensemble jusqu'à devenir transparente. Orthmann et Ferreira de Castro ont signalé le cloisonnement de la cavité par des brides provenant de la fusion de villosités tubaires. Le contenu est un liquide filant ou aqueux, le plus souvent trouble, parfois tout à fait clair.
A l'examen histologique, on trouve l'épithélium aplati et les fibres musculaires à peu près disparues.
On a avancé, dans ces derniers temps, que l'hydrosalpinx devait le plus souvent provenir du pyosalpinx. Mais il est bien plus probable qu'il succède à la salpingite purement catarrhale, étant données la rareté des adliérences extérieures, ainsi que la nature des lésions pariétales et de l'exsudat. Au lieu de nous arrêter à la première hypothèse, nous aimerions mieux accorder une certaine importance à la simple obstruction de la trompe, due à un fibrome utérin, par exemple. Woskressensky a démontré en effet que la double ligature de l'organe suffisait à donner lieU, en quatre ou six semaines, à un hydrosalpinx abondant.
C. Pyosalpinx. — La collection putulente qui constitue le pyosalpinx se développe le plus souvent dans la partie externe de Ift trompe ou bien entre le pavillon et l'oVail^e où l'intestin (Terrier)i Dans le pyosalpinx, la consistance et l'aspect du pus sont très variables. Le liquide peut être simplement puriforme^ composé^ en grande partie, de cellules épithéliales détachées de là muqueuse (Cornil).
Les villosités ne sont plus représentées que pal' des inégalités épaisses, peu saillantes, ayant l'aspect et, dti reste, là structure dit bourgeon charnu, quand les cellules de revêtement ont disparu; c'est dans les anfractuosités de la surfa(ie t[ue celles-ci persistent en dernier lieu. D'autre part, au-dessous du lit de cellules embryonnaires (|ui représente la muqueuse, la paroi peut être exclùsivement fibreuse. On comprend donc qu'il soit pàrfois impossible de
INFLAMMATION CIRCUM-UÏÉKINE.
disLinguei- la paroi d'un pyosalpinx ancien, d'une paroi d'abcès quelconque.