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Salpingite non kystique

A. Salpingite aiguë. — Dans la salpingite aiguë d'origine muqueuse, il faut distinguer : 1° la poussée aiguë entée sur un état chronique, qui se déduira d'elle-même de fétude respective que nous ferons de

232 IM'I.AMMATIO.N (jl «CUM-UTÉRINK.

élalsaigu cl chroniqui;; 2° une l'orme aiguë liriniiLivx'. Celle-ci, dans certains cas d'infection aiguë gonorrhéiquc, et surtout puerpérale, s'établit, pour ainsi dire, d'emblée dans toute l'épaisseur de la paroi, le stade purement muqueux étant trop court [)our marquer sa trace '(Boldt).

Fig. 68. — Infiltration purulente de la paroi tubaire dans la salpingite aigui" (Boldt). — V, vaisseau sanguin ; F, faisceaux musculaires coupés en long ; F', faisceaux musculaires coupés en travers ; T, tissu conjonctif.

Le tissu conjonctif inter-musculaire présente d'abord les lésions de l'œdème avec engorgement prononcé. Puis l'infiti'ation embi'yonnaire s'accentue sous forme de manchons péri-vasculaires, et d'amas inter-musculaires (fig. 68) ; elle aboutit à l'abcès miliaire et à lascléi^ose, à l'infiltration purulente diffuse (Boldt), au pyosalpinx.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE. 233 La muqueuse, énormément épaissie, est gorgée de globules Wancs; mais le tissu épilhélial est très souvent conservé.

Les abcès de la paroi tubaire, d'origine lymphangi tique, ne mentent qu'une simple mention, vu leur extrême rariîté.

B Salpingite chronique. — a. SAU'iNr.rrK muqukuse (salpingite CATARUHVLE, ENDOSALr.NGiTE) . - Daus Yendosalpingite (1) les lésions -sont prédominantes sur la muqueuse et négligeables dans le reste

de la paroi. .

Elles répondent à un processus subaigu ou chronique, et présentent tous les intermédiaires, depuis Vétat catarrhal proprement dit jusqu'à la suppuration.

La trompe, modérément épaissie, allongée et, par suite, contournée sur elle-même, retenue qu'elle est parle mésosalpinx, présente une souplesse à peu près normale et une consistance œdémateuse. Les plis de la muqueuse sont épaissis, d'aspect charnu, soudés entre eux et obstritent plus ou moins le calibre de l'organe. Le contenu est muqueux, le plus souvent louche, ou franchement purulenl .

A l'examen microscopique on trouve les franges muqueuses plus développées qu'à l'état normal, allongées vers le centre du tube, élargies, multipliées par voie de, bourgeonnement, simplement accolées entre elles par l'exsudat, ou anatomiquement fusionnées de façon à circonscrire des loges qui, sur la coupe, prennent la forme de mailles tapissées d'épithélium, à contours irréguliers et très variés.

Dans l'état catarrhal proprement dit, les cellules épithéliales sont simplement gonflées et présentent une vacuolisation du protoplasme avec gonflement du noyau. Le chorion muqueux est œdématié ou légèrement infiltré de globules blancs ; ses val sseavix sont dilatés et gorgés de sang. Mêmes lésions, mais beaucoup moins accentuées, dans le reste de la paroi tubaire.

Vendosapingite purulente, ou tendant à la purulence, se distingue par une diapédèse plus active. En bien des points, les éléments épithéliaux s'écartent, pour livrer passage aux globules blancs; mais l'épithélium n'est guère plus altéré que dans le cas précédent.

b. Salpingite chronique parenchymateuse. — I. Forme hypertrophique. — Dans la salpingite chronique hypertrophique, secondaire à l'endosalpingite ou à la salpingite aiguë, la trompe, épaissie de façon à atteindre parfois le volume du pouce, est de consistance

(I) Nous préférons la dénoniiiialion cre)irfo*aZ/j/î!,(/i7(> au Icrmo salpingile catarriiale qui, dans l'esprit de certains auteurs, veut dire salpingite limitée à In muqueuse, et, pour d'autres, salpingite à contenu catarrhal, sans distinction de la profondeur et du degré des lésions pariétales.

INFLAMMATION CIRCUM-UTÉRINE

ferme ou mftme ligneuse. A relie pai'oi éiiui'iiic correspond un calibre rétréci. Le pavillon esl toujours profondément modifié dans son aspect. La surface muqueuse paraît lisse, à l'œil et sous le doigt, par le fait de l'envahissement concenti'ique de la sclérose. Le conlenu est ordinairement purulent ou louche.

Fig. «9. — Salpingite chronique îhyperti'ophique (Grossissenienty.de 35 (diamètres) (Paul Petit et S. Bonnet). — A, fausses membranes ; BB, ligne de section chirurgicale, répondant à l'aileron moyen du ligament large ; C, couche fibreuse, parsemée de quelques faisceaux musculaires ; D, couche épaisse de fibres lisses, la plupart à direction circulaire ; E, muqueuse ; gç/, pseudo-glandes à épithélium cylindrique, ducs à la soudure des villosités.

A l'examen histologique, les villosités, en voie de sclérose, soudées entre elles à la façon de bourgeons charnus, décrivent encore, vers la lumière du tube, dans les cas peu anciens, des arabesques variées, à colonnes beaucoup plus épaisses que dans l'endo-salpingile. Mais, à leur base, elles s'épaississent et se fusionnent au poiiil de se fondre en une seule [couche conjonctive de néoformalion.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE. 23r)

nar-oni.'o, dans les poinls où la soudure ne s'esl pas l'aile, de petites cavités tapissées d'épi thélium, correspondanL exactement aux Ic^es plus nombreuses, plus rapprochées, du réseau vi lieux susiacent''ce réseau se modifiera peu à peu concentriquement, de la même façon, d'où nivellemenl^ des franges et, transformation de la muqueuse en une sorte de tissu aréolairc (fig. 69, g). Orthmann a lait, bien inutilement d'ailleurs, de cette phase avancée de la lésion, une variété à part, sous le nom de salpingite folliculaire. Dans certains cas les plis de la muqueuse, au lieu de se niveler progressivement, ^•hypertrophient de façon à constituer de véritables papillomes. Les éléments épithéliaux ont moins de hauteur et, très souvent, ont perdu leurs cils. Dans l'épaisseur de la paroi, il y a .liypergenèse conjonctive et raréfaction du tissu musculaire ou, plus rarement, hypertrophie de ce même tissu (Kaltenbach, Veit) (fig. 69, D). Il est .possible que cette dernière particularité soit en rapport avec la production des coliques salpingiennes.

II. Salpingite chronique atrophique. — A une période plus avancée de l'évolution conjonctive, lorsque le tissu fibreux s'est constitué dans toute l'épaisseur de la paroi, nivelant les franges muqueuses, remplaçant l'élément musculaire, comblant les vaisseaux, la trompe revient peu à peu sur elle-même et se densifie, sa circonférence se réduit et son calibre s'efface : la salpingite chronique atrophique est constituée. L'épithélium atrophié a perdu ses cils. Dans certains cas il pourrait même disparaître et la réduction du calibre tubaire aboutirait à une atrésie complète.

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