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I. Anatomie et histologie normales de l'ovaire

Pour l'ovaire, plus encore que pour la trompe, nous croyons utile de bien mettre en lumière certains détails de Vétat normal (fig. 71).

Les caractères anatomiques de l'ovaire sont très variables suivant la période physiologique à laquelle on le considère (âge, menstruation, grossesse). Nous n'aurons en vue que la période de fécondité, à l'état de repos fonctionnel. Dans ces conditions, l'ovaire pèse de 6 à 8 grammes (Puech, Sappey) ; son diamètre transversal est de 38 millimètres, son diamètre vertical, de 18, et l'antéro-postérieur, de 15. Mais il ne s'agit là que de moyennes, d'une importance très relative, et la petitesse de l'ovaire n'implique pas un état pathologique {petitesse physiologique, Puech). De couleur blanc rosé, de consistance ferme, il a la forme d'un ellipsoïde aplati que sillonnent des encoches d'origine congénitale et des dépressions, plus petites, dues à la déhiscence des follicules de de Graaf.

On distingue, delà surface vers le /«7c de l'organe : l°un revêtement d'épithélium cubique, bien visible chez les jeunes enfants, mais qui ne se retrouve guère, chez la femme adulte, que dans les sillons signalés plus haut; 2" une couche dense et résistante, dépourvue de vaisseaux [albuginêe de l'ovaire), formée, de dehors en dedans : d'une couche fibreuse d'épaisseur assez régulière, de fibres élastiques circulaires, assez serrées pour donner l'apparence d'une membrane et probablement en rapport avec les alternatives d'ex-

Fig. 71. — Ovaire normal (coupe faile de la surface de l'organe au milieu de la couche médullaire) (Grossissement de 43 diamètres) (Paul Petit et S. Bonnet). — A, revôtenient incomplet d'Opithélium cubique; li, couche albuginôe ; C, couche ovigène : ce, follicules primordiaux; c'c\ follicules en mouvements vers la ponte; D, portion do la couche médullaire ; vu, vaisseaux hélicins.

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pansion ol de reirait de l'organe; enfin, de cellules fusiformes disposées en tourbillons, qui, pour les uns (Rouget, His, etc.) seraient des fibres lisses et, pour les autres (Kolliker, Waldcyerj.des cellules conjonctives; 3° une couche chargée d'ovules ou couclie ovigène, dont le stroina est en majeure partie formé de ces mêmes cellules en faisceaux intriqués; 4° une couche d'éléments fusifor-

Fig. 72. — Bulbe de l'ovairo (coupe faile du hile vers la couche médullaire) (Grossissement de 30 diaraèlres) (Paul Petit et S. Bonnet). — VV, vaisseau.v; S, slroma parcouru par des faisceaux musculaires m,)?i.

mes, sans disposition spéciale, mais très serrés, avec interposition de fibrilles très ténues et de nombreux vaisseaux de petit et de moyen calibre : c'est la couche médullaire, qui constitue la majeure partie de l'organe; 5° enfin, le bulbe (fig. 72), qui se distingue par le nombre et le calibre énorme de ses vaisseaux, plongés dans une gangue iibro-musculaire : c'est un véritable appareil ércctile. Les faisceaux de fibres lisses qui en fontpartie se prolongeraient, d'après Rouget,

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jusque dans les couches ovigène et albuginée, opinion d'ailleurs contestée, ainsi qu'il a été dit plus haut.

Les artères de l'ovaire, à direction hélicine, sont si épaisses, qu'on pourrait croire, au premier abord, à un état pathologique, d'autant plus que les faisceaux musculaires les plus internes, longitudinaux ou hélicins, faisant saillie dans la lumière des vaisseaux, peuvent

Fi", llbis. — Follicule de/le Graaf au moment de la ponte (Grossissements de 30 et de 90 diamètres) (Paul Petit et S. Bonnet). — A, couche de cellules granuleuses formant en a le cumulus proligère qui renferme l'ovule 0 ; b, endolhOlium sous-épitliélial ; B, couclic réticulée ; C, couclie fibro-vasculaira externe; D, couclie albuginée dont la vascularisaiion est accrue.

donner l'apparence de bourgeons. Les veines sont très flexueuses et se distinguent surtout à l'épaisseur moindre de leur paroi. Les canaux lymphatiques sont nombreux, particulièrement autour des follicules et dans l'interstice de leurs deux dernières tuniques. Les nerfs proviennent du grand sympathique.

D'après la théorie le plus généralement admise, les ovisacs sont le produit du bourgeonnement de Vépithélium germinatif, dans

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l'épaisseur de Véminence sexuelle, sous forme de cordons, qui renl'iirment des cellules déjà différenciées : les ovules. Ces cordons, venant à s'étrangler, puis à se sépai'er en tronçons, les follicules pimoi'diaux sont constitués.

Les follicules primordiaux présentent une enveloppe de cellules propres {cellules folliculaires), d'ahor à rondes, plus tard aplaties, entourant l'ovule. Très rapprochés les uns des autres au moment de la naissance, ils se raréfient plus lard par le fait d'un travail de l'ésorption qu'on trouve déjà commencé chez le fœtus à terme. Lorsqu'un follicule primordial se met en mouvement vers la ponte, il devient ovisac proprement dit, ou follicule de de Graaf. Les cellules folliculaires prolifèi^ent , une fente se produit dans l'un des hémisphères de leur masse et, du fait d'une accumulation de liquide dans cette fente, celle-ci se trouve remplacée par une cavité arrondie, en même temps que le disque proligére est constitué. Au-dessous de lacouche de Vépithêlium folliculaire, ou membrane granuleuse, se forme la tunique propre {couche réticulée, couche lymphoïde de Slavjansky, couche des cellules de Vovariule, des cellules interstitielles), sur l'origine de laquelle on n'est pas bien fixé, mais qui paraît nettement composée d'un tissu fîhrillaire et réticulé, contenant des cellules de formes diverses. Celte tunique propre est séparée du stroma ovarien par une tunique fibreuse à laquelle se mêle, d'après Rouget, un certain nombre de fibres lisses, et par une couche cellulo-vasculaire. Enfin, entre la tunique propre et la membrane granuleuse, on peut distinguer, dans les follicules dépouillés de leur épithélium, un endothélium sous-épithélial, analogue à celui décrit par Debove pour l'intestin.

Dans le follicule qui va se rompre, l'ovule occupe, en général, la périphérie. En ce point même le tissu de l'ovaire serait généralement exsangue. Il n'en élait cependant pas de même sur la préparation d'où est tirée la ligure 72 bis.

L'ovisac, une fois rompu, constitue le corps jaune. Peu après laponte (fig. 73), cet organe se présente sous forme d'une poche plissée comme une bourse, remplie de sang ou d'un reticulum fibrineux. Sa paroi est formée de travées conjonctives comprenant, dans leurs mailles, de grosses cellules à forme épithélioïde. Ces travées émanent de deux systèmes papillaires qui sont intriqués l'un dans l'autre : l'un, à direction centripète, se fusionne avec le stroma de l'ovaire ; l'autre, à direction centrifuge, nait d'une couche conjonctive assez mince qui tapisse les diverticules de la cavité. Telle est, dans sa simplicité, la constitution du corps jaune.

Peu nous importent ici les théories relatives à sa genèse ol qui le

Ibnl pi'ovonii', les unes, do la meinbi-ane graiiiilouso, li's aiilros,de la tunique propre, d'autres enlin, de ces deux couches à la l'ois. Nous ferons cependant remarquer que, pour expliquer la formation des deu\ systèmes de papilles signalés plus haut,, le mieux est d'ad-

Fig. 73.][ — Corps jaune peu après la ponte (Grossissement de 30 diamètres) (Paul Petit et S. Bonnet). — A, ouverture du corps jaune à la surl'ace de l'ovaire; B, cavité du corps jaune remplie de sang extravasé et tapissée d'une couclic conjonctive C, de laquelle se détache un système de papilles ccc, à direction centrifuge ; D, couciio fibro-vasculairo externe de laquelle se détache un système de papilles ddd, à direction centripète; E, cellules épithélioïdcs greffées sur les papilles.

mellre la prolifération de la couche libreuse de l'ovisac, d'une pari, de la couche sous-endothéliale, d'autre part, et, entre les deux, celle de la couche propre.

Après s'èlre développé durant un certain temps, le corps jaune s'atrophie : les cellules épitliélioïdes subissent la dégénérescence hyaline et disparaissent peu à peu sous la prolifération des cellules

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ovariennes. Pour le corps jaiine de la menstruation, celle régression est déjà en pleine voie lors de la phase calarnéniale qui suit celle à laquelle il doit son origine. Le corps jaune de la grossesse, au contraire, se développe jusque vers le quarante et unième jour. Les corps jaunes normaux sont d'assez grande dimension : celui de la grossesse atteint ou dépasse la moitié du volume de l'ovaire. 11 ne faut donc pas trop se hâter de prononcer le mot de kyste du corps jaune.

D'autre part, nous ne saurions trop insister sur l'évolution simultanée, à l'état normal, d'un certain nombre de follicules vers la ponte. L'un d'entre eux ayant accompli le cycle complet, les aulres, ceux qui ne faisaient que l'accompagner, comme pour assurer la ponte, s'arrêtent dans leur accroissement. Ils se présentent alors à l'état de kystes, avec dégénérescence de leur épithélium, ou sont envahis par une prolifération de tissu muqueux analogue à celui qui éclaircitles follicules primordiaux chez le fœtus à terme. 11 est probable qu'il ne s'agit là que des deux phases d'un même processus. 11 ne faut donc pas conclure de la présence, à la surface d'un ovaire, d'un certain nombre de saillies folliculaires, à l'existence de la, dégénérescence loohjhjstique, terme servant trop souvent à couvrir l'insuffisance et la trop grande hâte du diagnostic.

Enfin, nous croyons encore bon d'ajouter, qu'en dehors de ces îlots de' tissu muqueux, dus à l'oblitération des ovisacs avortés, de ces masses vitreuses, vestiges de corps jaune, on peut encore trouver, dans des ovaires parfaitement normaux d'ailleurs, des indurations fibreuses au voisinage des corps jaunes, des traces d'œdème, de petits îlots de tissu graisseux, vestiges probables de cordons ovulaires inutilisés.

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