II. Formes anatomiques et cliniques de l'ovarite
Nous proposons, pour l'ovarite, une classification analogue à celle de la salpingite.
t\\ Aisuë,
1» Ovarile
non kystique.
i B) Clironiquc.
a) Ovarile d'origine corticale.
I interslitiello dill'usc.
' (j) — parencliymaleuse.
a) Ovarite / a')OvariLeliyperd "orisino corticale, j trophique.
b) Ovarite j 6') Ovarite atrodisséminéc. l phiquc.
Classification (1).
\ 2° Ovarite kystique. -,
a) Par hydropisie du follicule.
I A) Hydro-kystiquc. I stroraa.
I) Kystes multiples et de petit volume (origine I a) I infectieuse).
Par hémorrliagies (II) Kystes peu dans les follicules, j nombreux et as:
sez volumineux (dus à la périovarite).
B) Hémato-kystique. / ^. Lé^^orrhagies dans les corps jaunes.
c) Par hémorrliagies dans le stroma.
* d) Forme mixte (kyste sanguin par \ ponte inlra-ovarienne).
C) Pje-kystiquo.
1" Ovarite non kystique.
Âj Ovarite aiguë. — a. D'origine corticale. — L'ovarite d'origine corticale est secondaire à la péri-ovarite et reconnaît ordinairement pour cause la blennorrhagie.
D'après Gornil et Terrillon, la péri-ovarite, qui est l'analogue de la vaginalite chez l'homme (Bernutz),peut exister seule, le parenchyme ovarique restant intact et les lésions se bornant à des fausses membranes plus ou moins résistantes. Mais, pour Tait, quand
(1) M. Pozzi a bien voulu produire cette classification et la description qui suit, quelqu». peu modifiées depuis, dans sou Traité de Gijnécolof/ic. Il est certain que, par suite de l'exislence des follicules de de Graaf, l'ovaire enflammé renferme presque toujours des cavités kystiques; mais ces kystes peuvent être négligeables ou constituer, au contraire, la majeure partie de la tuméfaction, d'où nos deux premières divisions.
D'autre part, l'ovarite se développe, en somme, soit de la périphérie vers le hile, soit du liile vers la périphérie, et cela qu'elle soit kysLique ou non ; si ces deux modes de développement ne peuvent plus être différenciés dans les formes do la seconde catégorie, ordinairement plus anciennes, il en est le plus souvent autrement pour celles qui se rattachent à la première, d'où les principales subdivisions de celle-ci.
Enfin, si ces kystes séreux, sanguins, purulents, se mélangent souvent les uns aux autres, il n'en est pas moins vrai que telle de ces modalités kystiques est toujours prédominante, et peut servir d'étiquette à la lésion.
246 Inflammation cirgum-utérine.
le revôLemenL séreux de l'ovaire esl atleinl, on Irouve toujours des lésions à une certaine distance de la capsule et la glande, dans son ensemble, est notablement augnusntée de volume.
Ces lésions varient depuis la simple hyperliémie jusqu'à la destruction plus ou inoins étendue de la couche ovigène par Tiidiltration purulente et l'hémorrhagic (Slavjansky).
b. Oyauite iNTERSTiriELLK diff usi:. — L'ovarite interstitielle difTuse est propre à l'infection puerpérale.
Tout d'abord l'ovaire, très augmenté (te volume, gorgé de liquides, est parsemé de kystes folliculaires àcontenu séreux ou sanguinolent; le stroma est le siège d'une mfi.ltration embryonnaire diffuse. A une période plus avancée, le pus apparaît dans les espaces lymphatiques et les follicules, en commençant par les plus gros.
c. OvARiTE PARENciiYMATEusE. — L'ovarite parcuchymateuse est engendrée par les maladies infectieuses et les intoxications.
Les lésions sont concentrées sur le follicule qui renferme un liquide puriforme. Dans les cas légers, le follicule primordial est atteint exclusivement et disparaît sans laisser ti'ace. L'œuf résisie plus longtemps que les cellules qui l'entourent (Slavjansky).
B. Ovarite chronique. — Elle succède aux états aigus ou s'étaldit d'emblée. Le stroma de l'ovaire, normalement formé de cellules conjonctives tassées les unes contre les autres, se transforme peu à peu en un tissu fibreux à faisceaux denses et ondulés, pauvre en cellules et en vaisseaux perméables. Les faisceaux conjonctifs sont plus épais autour des vaisseaux, des follicules et des corps jaunes qui se présentent, pour la plupart, sous forme de débris, parfois très nombreux, reconnaissables à leur plissement et à leur apparence hyaline. Cette multiplication des corps jaunes (fig. 74) provient évidemment d'une sorte d'évolution morbide au cours des phases aisruës de la maladie.
On voit également, dans le tissu néoformé, quand la sclérose, est avancée, des fentes allongées, ovalaires, éloilées, vestiges de A aisseaux sanguins ou lymphatiques ou d'ovisacs. Ceux-ci sont d'ailleurs moins nombreux, parfois totalement absents, suivant les ])rogrès du mal; un certain nombre ont subi les modifications (|ui aboutissent à la formation des micro-kystes séreux, séro-sanguins et sanguins.
a. OvARrrE chronique d'origixe corticale. — L'ovaire esl entouré de fausses membranes au milieu desquelles se rcnconlrenl |iarlbis des foyers sanguins analogues à ceux de la pachyméningito. Ou bien la sclérose envahit l'organe sur une grande épaisseur ; ou bien elle se limite, etpai-fois d'une façon très nette et uniforme, àquelques
ANATÛMIE PATHOLOGIQUE. 247
milliinèli-es de sa surface. Mais les (issus sous-jaeenls n'en sont pas moins voués à la désorganisalion : rolDsLacle apporté à la ponte et à la circulation veineuse du hile détermine l'hydropisie folliculaire et des raplus hémorrhagiques autour desquels se grefleront des foyers secondaires de sclérose (fig. 74).
Fig. 74. — Ovanic clironiquc d'origine coHicale (Grossissement de 30 diamètres) (Paul l^ctit et S. Bonnet). — AA, sclérose de la couche albuginée; BB, kystes folliculaires : ce, corps jaunes en dégénérescence hyaline ; DD, corps jaunes à la môme phase évolutive, dissociés par des raptus hémorrhagique ; D', corps jaune transformé en un petit kyste hémorrhagique ; EE, hémorrhagies inlerslilicUes ; F, tissu interstitiel en voie de sclérose.
b. OvARiTE CHRONIQUE DissÉMiNÉK. — Elle cst caractérisée par des foyers de sclérose qui ont pris naissance autour des vaisseaux, des kystes folliculaires et des corps jaunes, ce qui est tout un, d'ailleurs, l'ovisac représentant la région la plus vasculaire de l'ovaire. Il s'agit là probablement it'un processus assez lent et chronique
INFLAMMATION CIRCCM-UTÉRINE.
d'emblée : on l'observe commuiiémenl, avec ou sans eclasies vasculaires, dans les cas de fibromes ulérins.
c. OvARiTi; ciiRONiQUK iiYPKRTROPiiiQUE. — L'hyperlropliic scléreuse de l'ovaire est caractérisée par l'hypergenèse du tissu fibreux avec destruction des follicules. Comme le dit très bien Tait, ce n'est, en somme, que la sclérose à la deuxième période, précédant celle de rétraction. L'hypertrophie est totale ou bornée à la périphérie (Darier et Bourges). Dans les deux cas, la surface de l'ovaire, du fait de l'accentuation de sc^s sillons, rap|)elle l'aspect dos circonvolutions cérébrales.
Indépendamment de l'hypertrophie; scléreuse. Tait et Slavjansky admettent l'existence d'une hypertrophie vraie, provenant de l'hypergenèse des éléments normaux de la glande et pouvant porter son poids jusqu'à GO et 70 grammes (Tait).
d. OvAuiTE CHROisiQUE ATROPUiQUE (ou cuirhose). — La sclérosc atrophique, ou cirrhose de l'ovaire, est probablement l'aboutissant de toutes les variétés de l'ovarite, y compris l'ovarite suppurée à petits foyers non évacués. Le processus de sclérose est ici poussé à l'extrême. Les ovisacs et même les kystes folliculaires sont très rares ou absents. Un très petit nombre de vaisseaux demeurent perméables.
2° Ovarite kystique.
Les micro-kystes de Vovaire, bien distincts des kystes néoplasique^ du même organe, ont leur place marquée dans l'étude de l'ovarite dont ils dérivent et à laquelle ils impriment une allure spéciale, les lésions interposées passant au second plan.
A. Ovarite hydro-kystique. — a. Ovarite iiydro.-kystique par HYtoROPisiE FOLLICULAIRE. — Commc nous l'avons déjà dit, il est ordinaire de rencontrer à la surface d'ovaires, normaux par ailleurs, un certain nombre de follicules gonflés de liquide.
D'autre part, nous ne connaissons pas de caractères histologiques qui permettent de différencier un kyste folliculaire d'un follicule normal en voie de régression.
C'est donc sur la multiplicité de ces follicules, sur leur volume qui, à l'état normal, ne dépasse pas 2 centimètres à 2 centimètres et demi de diamètre, enfin, sur la sclérose concomitante du stroma, que l'oii doit se baser pour juger de l'état morbide.
Les hjsles folliculaires se présentent sous forme de poclies sphériques, uniloculaires, variant ordinairement du volume d"unc petite cerise à celui d'une noix, mais pouvant atteindre des dimensions beaucoup plus considérables. Disséminés ou agglomérés, de
nréférence cà la surlace de l'ovaire, ils se renconlrenl également lan^ son épaisseur et le transforment en une masse cloisonnée nui peut dépasser le volume du poing (flg. 7b). Ils présentent, à la coupe une paroi à double contour et à surface lisse, un contenu limpide et incolore. D'après Ritchi et Webb, on ne retrouve plus l'ovule dans les follicules plus gros qu'une cerise, c'est-a-dire précisément ceux qui peuvent passer pour kystiques. Il semble disparaître sous la prolifération des cellules folliculaires qui l'entourent L'épitbélium pariétal, après s'être multiplié, dégénère sous forme colloïde ou granuleuse. Quand à la tunique propre, elle se confond peu à peu avec les couches fibreuse et cellulo-vasculau-e
dans un commun processus de sclérose (lig. 76). De telle sorte qu'à un moment donné, tous les éléments distinctifs du follicule ayant disparu, la nature du kyste qui en provient ne peut plus se reconnaître qu'à la minceur de ses parois, à son défaut de vascularisation et au voisinage immédiat d'autres kystes plus petits et manifestement folliculaires.
b. OVARITE IIYDRO-KYSTIQUK PAR HYDROPISU^ DU STROMA. — NoUS
parlerons plus loin (chap. Vlï) des pseudo-kystes séreux dus à la vacuolisation du siroma ovarien par l'œdème, et qui se rattachent à une lésion purement trophi([ue, le varicocèle pelvien.
Nous devons cependant faire remarquer ici que l'œdème coïncide fréquemment avec les lésions scléro-kystiques de l'ovaire (Gonzette).