Péri-métro-ovaro-salpingite
La péri-métro-ovaro-salpingite ou, pour abréger, la péri-métroaalpingite (Pozzi), est due au développement simultané de l'inflammalion dans le péritoine et le tissu cellulaire qui entourent les oriianes génitaux internes, eux-mêmes plus ou moins atteints. C'est l'analogue de l'inflammation de la vaginale et des bourses chez l'homme. Elle survient, dans la blennorrhagie, qui nous fournira le type de la description, du huitième au quarantième jour après la cessation de l'écoulement (Bernutz), à l'occasion d'une fatigue, d'un examen intempestif et, surtout, des règles.
La femme accuse des douleurs lancinantes dans les flancs et dans l'aine, ordinairement supportables au repos. On découvre, en l'examinant, une tuméfaction rétro-latérale, accolée à l'utérus, et n'atteignant pas la paroi pelvienne, généralement arrondie, empâtée, très sensible à la pression, mais ne s'accompagnant cependant pas d'hyperesthésie de la paroi abdominale. Pas de modifications sensibles du pouls. La température ne dépasse guère 38°.
Quand les annexes sont accolées à la paroi abdominale, on comprend, d'après l'intervention de l'œdème sous-séreux, qu'elles puissent donner une sensation analogue au plastron du phlegmon suppuré; mais le plastron de la salpingo-ovarite est plus limité et toujours distant de l'arcade de Fallope.
b. Pelvi-péritonite.
A. En général. — La pelvi-péritonite proprement dite, du moins ••elle qui est d'origine streptococcique (puerpuérale ou chirurgicale), a un début autrement dramatique.
Elle s'annonce par une douleur soudaine, violente, siégeant à 1 liypogastre, facilement exagérée par un mouvement ou un simple Irùlement de la paroi abdominale, s'accompagnant de prostration, de ténesme vésical et anal, de nausées ou de vomissements, rarement porracés. Le ventre est ballonné, tendu, la défécation difficile ou impossible. La petitesse et l'irrégularité du pouls, la discordance entre le nombre des pulsations et le degré thermique, qui atteint rarement 39°, constituent les phénomènes les plus caractéristiques.
B- Localisations. — a. Pelvi-péritonhe postérieure. — Quand
260 INFLAMMATION GIRGUM-UTÉRINE.
l'infection s'aLLa([ue à un péritoine sain, elle détermine rapidement, dans le cul-de-sac de Douglas, un épanchement(]ui devient percep-'^ tihle vers le deuxième ou troisième jour, dès qu'il est entouré defausses membranes. j La tuméfaction, ainsi constituée, ne saurait être confondu^ avec une collection volumineuse et adhérente de la trompe, dont le développement est beaucoup plus lent, ni avec une hématocèle, dont le début est cataclysmiciue et qui ne s'accompagne que secondairement de phénomènes inflammatoires. Nettement rétro-utérine, elle déprime le cul-de-sac vaginal, au point de descendre parfois plus bas que le col, et alïecte une forme ovoïde et régulière. Elle applique le rectum contre la concavité sacrée, ce dont il est facile de se rendre compte par le toucher rectal, et repousse m haut et en avant : l'utérus, qui devient absolument fixe, la vessie, qui s'aplatit contre le pubis, et le ligament large qui, dans le cas d'épanchement abondant, prend la forme d'un fer à cheval. La fluctuation, d'abord facilement perçue, devient de plus en plus obscure à mesure que la coque néo-membraneuse s'épaissit.
Par le palper abdominal, toujours difficile ou même impossible, du fait du ballonnement ou de la douleur, on ne peut que se rendre compte de Téloignement de la tumeur, à moins qu elle ne s'élève au-dessus de l'utérus et se mette au contact de la paroi du Ventre. Dans ce cas, on constate de la matité sur toute l'étendue accessible au palper et, à ses limites, des zones alternativement sonores et mates, dues à l'interposition des anses intestinales et des adhérences (Delbet).
Quand la pelvi-péritonite à forme extensive se greffe sur des lésions annexielles et péri-annexielles antécédentes, quand il s'agit, par exemple, d'une infection puerpérale secondaire à la gonorrhée (infection puerpéro-gonorrhéique) , on comprend que la tuméfaction, guidée dans son développement par des adhérences préformées, puisse être très variable de siège et de caractères :
b. Pelvi-périïo^'ite latérale. — Ainsi, elle peut se présenter sous forme d'une tumeur latérale, parfois énorme, remontant jusqu'à l'ombilic et même plus haut, confinant à la ligne médiane ou la dépassant, descendant vers le pli de l'aine, dont elle reste toujours distante d'au moins deux travers de doigt, pointant de même, sans l'atteindre, vers l'épine iliaque antéi-ieure et su])érieure. Toujours ^ éloignée, au début, des culs-de-sac vaginaux, elle pourra y faire saillie plus tard, du fait môme de son développement, à la laçon i des exsudais paramétritiques. , , -
c. Pelvi-péritonite antérieure. — Au lieu d'être latérale, la lume
SYMPTOMES ET MARCHE. 261 laclion peul encore être antérieure, développée entre l'utérus et
la vessie.
C Pelvi-péritonite putride. - h^ipelvi-péritonite putride (Bumm) , sur lanuelle nous n'avons pas à insister, se distingue par les phénomènes de dépression qui raccompagnent, en particulier par l'hypothermie et le défaut de sensibilité abdomuiale.