ACIDE CYANHYDRIQUE
§ 36. — Acide cyanhydrique. CAzIi = 27. i° Données numériques. — Poids du litre : i&, 2j4 (réduit).
Analyse spectrale du gaz mêlé d’hydrogène sous la pression om,76o.
Raie rouge . 6562 (H)
Double raie rouge, milieu . 5934 (Az)
Raies vertes . 5708
5678 ! ! ( Az) 5666 (Az) 5634 (C) 5584 (C) 5538 (C)
5321 (Pt)
Raies bleues . . 5i63 1 ! (G)
5t4o 5124 (C) 5o4i (Az)
Double raie, milieu . 5ooo (Az)
Rande bleue de H . »
Raies violettes peu visibles . 474 1
4724 (Az) 464o
Point d’ébullition : -h 26°, 2.
Mêlé d’hydrogène, l’acide cyanhydrique volatilisé se comporte comme un gaz proprement dit.
Incolore. Odeur d’amandes amères. Extrêmement vénéneux.
Très soluble dans l’eau et dans l’alcool.
Rrûle avec une flamme violacée, en donnant de l’acide carbonique, de l’eau et de l’azote :
2 CAzH -h 2|0 = 2 CO2 +H20 + Az2.
I volume de gaz et i,25 volume d’oxygène forment 1 volume d’acide carbonique, 1 volume d’azote et o,5 volume de vapeur d’eau.
II est très soluble dans l’eau.
Les alcalis étendus et froids l’absorbent en produisant des cyanures, transformables en bleu de Prusse caractéristique. Mais sa solution
aqueuse est altérée rapidement pour peu qu’elle renferme une trace d’ammoniaque, et surtout sous l’influence de la lumière.
La potasse concentrée et bouillante le change en formiate et ammoniaque :
CAzH h- 2WO = CH202, AzH3.
De même l’acide chlorhydrique concentré le change en acide formique et chlorhydrate d’ammoniaque.
La lumière l’altère, pur ou dissous.
La chaleur le décompose à une haute température.
L’ étincelle électrique le change en acétylène et azote : réaction limitée, avec réversibilité
2C AzH = C2H2 -h Az2.
L’acide cyanhydrique, mêlé avec du sulfure d’ammonium persulfuré, forme du sulfocyanate d’ammonium, qu’une trace de sel ferrique colore en rouge de sang :
CAzH H- ( AzH3)S2 = CAz(AzH4)S -4- H2S.
L’acide cyanhydrique précipite l’azotate d’argent, en formant un cyanure blanc, soluble dans l’ammoniaque et dans l’acide azotique bouillant. Ce précipité, traité par le zinc et l’acide sulfurique étendu, régénère l’acide cyanhydrique ; lequel se dissipe rapidement par ébullition de la solution aqueuse. Ce caractère est propre à Je distinguer du gaz chlorhydrique, qui forme un hydrate stable et moins volatil que l’eau pure.
L’oxyde de mercure jaune humide absorbe le gaz cyanhydrique, sans exercer d’action bien sensible sur l’acide carbonique.
20 Dosage. — En volume, on absorbe l’acide cyanhydrique par la potasse, ou par l’oxyde de mercure.
O11 peut en déterminer la proportion dans sa dissolution par titrage au moyen de l’iode, après avoir acidulé cette dissolution avec un excès d’acide carbonique.
CHLORURE DE CYANOGÈNE.
§ 37. — Chlorure de cyanogène. CAzC1 = 6i,5. Poids du litre à o° et om,76o : 2^,714.
Analyse spectrale soiis la pression om,76o.
Baies jaunes très nombreuses . »
Principales . 5668.o (Az)
2 raies . . 546o(tJg)
5448 (Cl)
Large . 5426 (01)
5393 (Cl) 532i (Pt)
Raies bleu verdâtre . 5218 (Cl)
5 1 63 ! ! ! (Cl)
Infinité de raies vertes . 6124 (C)
5 io4 (Cl ) 6076 (Cl)
Bande bleue, milieu . 5ooo (Az)
Bandes et raies bleu indigo . 4825 (Cl)
48i 3 (Cl)
Baies violettes . 474* (CI)
Gaz incolore; odeur irritante. Extrêmement vénéneux.
L'eau en dissout 25 volumes; l’éther 5o volumes; l’alcool 100 volumes.
Les alcalis l’absorbent, en formant un chlorure et un cyanate (iso). L’action d’un excès d’acide chlorhydrique étendu transforme ce mélange en acide carbonique et sel ammoniacal :
CAzCl 4- 2H-O — CO2 -h AzH3. HOI.
L’étincelle décompose le chlorure de cyanogène en carbone, azote et chlore.
§ 37 bis. — Bromure de cyanogène. CAzBr = 106.
Point d’ébullition : 4-i5°.
Propriétés analogues au gaz précédent et réaction semblable des alcalis.
MONOGRAPHIES
§ 38. — Garbures d’hydrogène.
Eh général tous les carbures d’hydrogène gazeux présentent les caractères communs suivants : ils brûlent dans l’oxygène, ou dans l’air, avec une flamme plus ou moins éclairante, selon la proportion de carbone qu’ils renferment. Celte combustion donne naissance à de l’eau et à de l’acide carbonique; presque toujours aussi à de l’oxyde de carbone.
Lorsque la combustion est incomplète, il se forme de l’acétylène:
c’est ce qui arrive, par exemple, lorsqu’on enflamme, à l’orifice d’une éprouvette étroite, un carbure d’hydrogène non mêlé d’air. Il se produit aussi quelquefois un léger dépôt de charbon.
Lorsque l’étincelle électrique jaillit dans un carbure d’hydrogène, et en général dans une vapeur carbonée quelconque, elle donne toujours naissance à de l’acétylène.
Ces deux réactions permettent de déceler avec la plus grande précision l’existence simultanée du carbone et de l’hydrogène dans un gaz.
Voici comment on peut procéder. Soit d’abord la réaction par combustion.
Le gaz inflammable est mélangé avec un peu d’air (pas assez pour que l’explosion soit violente), et allumé à l’extrémité d’une petite éprouvette tenue verticalement, l’ouverture en haut. Immédiatement après la combustion, on verse dans l’éprouvette un peu d’eau de chaux, et l’on agite en fermant l’orifice avec la paume de la main : si le gaz contenait du carbone, l'eau de chaux donne un trouble ou un précipité soluble dans les acides. Dans le cas où le précipité formé tout d’abord se redissout ensuite de lui-même, on ajoute un excès d’eau de chaux.
Pour savoir si le gaz contient aussi de l’hydrogène, il suffit d’observer si les parois de l’éprouvette se sont recouvertes d’une buée de vapeur d’eau : cette constatation se fait mieux en opérant sur le gaz non mélangé d’air.
Parmi les gaz combustibles autres que les carbures, l’hydrogène donnerait également de l’eau, mais pas d’acide carbonique; tandis que l’oxyde de carbone donnerait de l’acide carbonique, mais pas d’eau.
Un mélange d’oxyde de carbone et d’hydrogène donnerait les deux réactions simultanées; il pourrait donc être confondu avec un hydrocarbure; de même pour un mélange de cyanogène et d’hydrogène. Dans ces deux cas, l’expérience ci-dessus serait en défaut. En réalité,