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IV. — Deuxième famille : Premier groupe des gaz absorbables

par les alcalis. Gaz fumants.

Envisageons d’abord les gaz acides fumants à l’air. Tels sont les hydracides des éléments halogènes, HF, HCl, HBr, Hl; le chlorure de bore; les fluorures de phosphore (perfluorure), de bore, de silicium. — Voici la marche convenable pour les étudier :

A. — Gaz fluorés et borés.

Première subdivision.

On recherche d’abord l’existence du fluor et du bore dans les gaz acides fumants à l’air.

A cette fin, pour les analyser, on essaie si l’action de l’eau, ou des

RECONNAISSANCE d’üN GAZ ISOLÉ. 3g3

alcalis, forme de l’acide Chlorhydrique, de l’acide borique, de l’acide silicique, de l’acide phosphorique, ou de l’acide chlorhydrique.

(a) L'acide fluor hydrique se reconnaît par l’attaque du verre et, accessoirement, par l’insolubilité du fluorure de calcium dans une liqueur neutre.

(b) L'acide borique se reconnaît, après élimination des acides capables de précipiter l’azotate d’argent en liqueur acide, tels que les chlorures. On essaie cette réaction préliminaire sur une fraction du gaz (sans contact du mercure) : si elle se manifeste, on poursuit l’examen de la liqueur où elle s’est produite. A cet effet on élimine l’excès d’argent par l’hydrogène sulfuré, l’excès d’hydrogène sulfuré par l’acétate de zinc; puis on neutralise exactement par la potasse, on évapore à sec à une douce chaleur. Enfin on traite le résidu par l’alcool ordinaire (ou par l’alcool méthylique), additionné d’un peu d’acide sulfurique : s’il y a de l’acide borique, l’alcool allumé produira une flamme verte.

(c) L'acide phosphorique est reconnu sous forme de sel ammoniaco-magnésien, ou de phosphomolybdate, par les procédés connus.

( cl ) L'acide silicique se reconnaît par la précipitation de la silice gélatineuse, au moment de l’absorption du gaz initial par l’eau.

( e ) L'acide chlorhydrique se reconnaît par l’action de l’azotate d’argent, formant un précipité insoluble dans l’acide azotique étendu, même bouillant.

Après ces vérifications, examinons d’abord et plus spécialement les gaz fluorés.

10. Le gaz Jluorhydrique libre, HF, sera reconnu aisément d’après son action sur le verre et l’absence des acides borique, phosphorique, silicique. Rappelons qu’il ne précipite pas l’azotate d’argent.

11. Le gaz jluosilicique, Si F4, sera reconnu par l’action sur l’eau : formation simultanée de silice et d’acide hydrofluosilicique dissous (précipitant la potasse).

Ce dernier acide est transformable d’ailleurs en fluorure alcalin, par évaporation à sec en présence de la potasse.

Le fluorure de silicium mêlé d’hydrogène sec est décomposé lentement par une série d’étincelles électriques, avec dépôt brun de silicium et formation de gaz fluorhydrique, lequel est absorbé en attaquant le verre.

RECONNAISSANCE d’üN GAZ ISOLÉ.

12. Le gaz fluoborique, BF3, après absorption par l’eau, sera transformé en sel alcalin par la potasse. Le produit, évaporé à sec, est changé en un mélange de fluorure et de borate, composés caractérisables par leurs propriétés, comme il vient d’être dit.

Le fluorure de bore mêlé d’hydrogène est décomposé lentement par une série d’étincelles électriques, avec dépôt de bore et formation de gaz fluorhydrique, que le verre absorbe.

13. Le gaz fluophosphorique, PF5, après absorption par un alcali, sera reconnu par la présence simultanée de X acide fluorhydrique et del 'acide phosphorique dans les produits : Le dernier doit être exempt des propriétés réductrices de l’acide phosphoreux.

Les fluorures de phosphore mêlés d’hydrogène sont décomposés lentement par l’étincelle électrique, avec dépôt de phosphore et formation d’acide fluorhydrique, qui se condense en attaquant le verre.

\k. Le chlorure de bore, B Cl3, sera reconnu par la formation simultanée de l’acicle borique et de l’acide chlorhydrique, après absorption par l’eau. Le dernier doit être d’abord éliminé par l’azotate d’argent, comme il a été dit plus haut.

Bappelons que la vapeur du chlorure de bore, bouillant à -t-180, est facilement condensable dans un mélange réfrigérant.

On a dû signaler d’abord les propriétés spéciales des cinq gaz précédents, afin de prévenir toute erreur. Mais il convient d’ajouter qu’ils ne se présentent à l’analyste que dans des circonstances exceptionnelles.

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