ANALYSE PAH DISSOLVANTS
Du chlorure cuivreux acide dissolvant l’hydrogène phosphore, l’oxyde de carbone, les carbures d’hydrogène éthyléniques ou acétyléniques, etc.
On observe à cet égard et l’on utilise tous les cas concevables, depuis les gaz très solubles, tels que ceux que je viens de citer, jusqu’aux gaz médiocrement solubles dans l’eau ou dans l’alcool, tels que le protoxyde d’azote, le chlore, l’acide carbonique, l'acétylène, et jusqu’aux gaz très peu solubles, tels que l’azote, l’oxygène, l’hydrogène.
On décrira, en parlant de l’eau envisagée comme dissolvant, les précautions à prendre pour récolter par dissolution les gaz de ces différents groupes et pour les concentrer.
Afin d’achever de définir les méthodes générales employées dans l’analyse des gaz, il convient de parler de leur régénération, aux dépens des agents mis en œuvre pour les concentrer.
§ 3. — Régénération des gaz absorbés.
La régénération à l’état de pureté des gaz absorbés, ou dissociés, par fies réactifs liquides, ou solides, constitue une partie essentielle et trop souvent oubliée- de leur analyse : cela dans les analyses par pesées, aussi bien que dans les analyses par combustion. L’existence réelle de certains gaz dans des mélanges a été trop souvent conclue du calcul de ces analyses, d’après des hypothèses particulières, alors qu’ils n’en contenaient que des doses nulles. Cette erreur a été particulièrement commise dans nombre d’analyses de gaz pyrogénés, gaz d’éclairage, de hauts fourneaux, etc.
Or il est indispensable , pour pouvoir affirmer l' existence d’ un gaz, surtout en petite quantité, de Y isoler en nature et pur; fût-ce en proportion moindre (pie sa dose totale dans le mélange initial.
Cette régénération est facile lorsque le gaz a été simplement dissous dans un liquide; ou bien s’il y existe à l’état de composé dissociable. Tel est le cas de l’acide carbonique, de l’oxvgène, de l’azote dissous dans l’eau; ou bien encore de l’oxyde de carbone dissous dans le chlorure cuivreux, avec lequel il forme un composé cristallisable, mais dissociable. Dans les cas de ce genre, on peut extraire tout ou partie des gaz dissous par trois procédés : le vide, la chaleur, le déplacement.
i° Vide. — On reprend le liquide qui a dissous les gaz : soit dans les flacons ou tubes qui le renferment; soit dans une éprouvette sur le mercure, à l’aide d’un tube-siphon à robinet, communiquant avec une capacité où l’on a fait à l’avance le vide, au moyen d’une pompe à
ANALYSE QUALITATIVE
mercure, ou de la trompe Sprenge! (disposition analogue àcellede la figure 61, p. 1 34).
Les gaz dissous s’y dégagent, suivant une proportion qui dépend du rapport entre le volume du liquide et celui de la capacité : ce rapport étant déterminé par le coefficient de solubilité du gaz, conformément aux lois de Dalton et Henry, ou par des règles du même genre.
Dans tous les cas, on peut réaspirer le gaz dégagé, ou dégageable dans cette capacité, à l'aide de la trompe à mercure, et le faire repasser de nouveau dans une aulre éprouvette sur la cuve à mercure, où il sera recueilli pur.
L’action du vide peut-être aidée, d’ailleurs, en élevant un peu la température de la dissolution.
20 Ébullition . — On introduit le liquide renfermant le gaz dissous, dans une fiole, ou dans un tube fermé par un bout.
Si le volume du liquidé est peu considérable, on le fait passer directement d’une éprouvette, sur le mercure, dans un tube fermé par un bout, en évitant tout contact avec l’air. Le tube étant rempli et tenu renversé sous le mercure, on y ajuste un tube à dégagement, capillaire et monté sur bouchon; on a soin d’immerger ce tube sous le niveau de la cuve, de façon à l’emplir d’avance et entièrement de mercure. Le liquide refoulé par le bouchon chasse le mercure du tube à dégagement, sans qu’il y rentre de l’air.
On retourne l’appareil, et on le chauffe doucement sur un bec de gaz, la flamme entourant la partie supérieure du vase, jusqu’à ce que le liquide soit entré en ébullition. On recueille dans une éprouvette les premiers centimètres cubes, qui s’échappent avec une portion du gaz dissous. Puis on change d’éprouvette, et l’on continue à recueillir le gaz par une ébullition très douce, de façon à ne faire passer que très peu de liquide au dehors, avec le gaz dégagé.
Ce 1 ui-ci peut être ensuite analysé par les voies ordinaires.
3° Déplacement. — Ce procédé a été décrit plus haut (p. 37-38).
4° Artifices spéciaux. — (a). On peut, dans certains cas, dégagera froid le gaz dissous dans un liquide par le mélange avec un autre liquide. Je citerai comme exemple un carbure d’hydrogène, tel que le propane ou l’éthane dissous dans l’alcool absolu. En ajoutant à ce liquide son volume d’eau, la plus grande partie du propane se dégage; ce gaz étant beaucoup moins soluble dans un mélange d’alcool absolu et d’eau à volumes égaux que dans la somme de ces deux vo-