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ANALYSE PAR DISSOLVANTS

lûmes agissant séparément. On sait qu’il en est de même de l’azote et de l’oxygène de l’air, lorsqu’on mélange d’eau l’alcool absolu qui en est saturé.

(/>). En ajoutant à l’eau et à l’alcool des sels très solubles, de façon à obtenir des solutions concentrées, la solubilité de la plupart des gaz diminue notablement.

Tels sont les procédés à l’aide desquels on régénère un gaz simplement dissous dans un liquide, ou formant avec lui une combinaison aisément et immédiatement dissociable.

(c). Il importe de remarquer que la méthode de régénération s’étend beaucoup plus loin et s’applique à la plupart des gaz accumulés par les méthodes de concentration. Ainsi, par exemple, on peut évaporer une dissolution de potasse contenant de l’acide carbonique, puis traiter la liqueur concentrée par l’acide chlorhydrique et récolter sur le mercure l’acide carbonique en nature.

Ce procédé a même été employé comme dosage; à la condition, bien entendu, d’employer de la potasse exempte de carbonate et évaporée à l’abri de l’atmosphère qui pourrait lui en fournir.

(cl). On peut même exécuter ce traitement sans évaporation préalable, en introduisant la liqueur dans une fiole traversée par un courant lent d’azote, que l’on dirige ensuite dans un liquide et appareil dessiccateur, suivis d’un tube de Liebig pesé, contenant de la potasse. L’accroissement de poids représente alors l’acide carbonique (mis en liberté par l’acide chlorhydrique), s’il n’y avait point d’autre gaz absorbable par la potasse. — Pour suivre ces différentes marches, il est essentiel, je le répète, d’opérer avec de la potasse initiale complètement exempte d’acide carbonique.

De même, l'hydrogène sulfuré, récolté dans la potasse, peut en être dégagé par l’acide chlorhydrique sous forme gazeuse, après concentration par évaporation. Il convient alors d’éviter avec le plus grand soin l’action oxydante de l’air sur les sulfures alcalins; ce qui se réalise en opérant dans un courant d’azote.

Mais il est d’ordinaire préférable de doser directement le sulfure alcalin, sans évaporation, par les méthodes volumétriques de la voie humide.

( e ). Au contraire, l’hydrogène sulfuré étant changé d’abord en sulfure de plomb ou de cuivre, ce sulfure insoluble peut être recueilli rapidement sur un filtre et lavé; puis on régénère le gaz primitif en nature, par l’action de l’acide chlorhydrique concentré.

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Celle méthode ne serait pas applicable à la régénération de l’hydrogène arsénié.

De même l’acélylène, récolté sous forme d’acétylène cuivreux, est régénérable par l’action de l’acide chlorhydrique employé sans excès trop considérable; sinon il se formerait un chlorhydrate d’acétylène.

De même, r ammoniaque étant récoltée dans une solution sulfurique ou chlorhydrique étendue, on évapore à sec au bain-marie; puis on régénère l’ammoniaque sous forme gazeuse, en mélangeant le résidu avec une quantité proportionnelle de potasse très concentrée.

De même encore, le gaz chlorhydrique étant recueilli dans la potasse, on évapore celle-ci, et l’on traite le résidu par l’acide sulfurique concentré, lequel régénère le gaz primitif.

(/). Voici des réactions régénératrices plus compliquées, mais également efficaces, qui mettent en évidence toute l’étendue des procédés de concentration. L’observation a montré que l’oxyde de carbone, — contenu même à l’état de traces dans de grandes masses d’air, débarrassées de poussières organiques et mises en contact avec de l’eau contenant de la potasse, ou de la chaux, ou de la baryte, libres ou bicarbonatées, — est absorbé au bout d’un certain temps (quelques semaines). En évaporant ensuite cette eau, le résidu renferme du lormiate, et ce sel, traité par l’acide sulfurique concentré, régénère à une très douce chaleur de l’oxyde de carbone en nature.

( «•). L’éthylène peut être récolté sous forme de bromure et régénéré, lorsqu’on chauffe ce dernier composé en tube scellé, vers 25o°, avec de l’iodure de potassium, de l’eau et du cuivre f1). Cette réaction a été appliquée, dans quelques-unes de mes expériences, à des gouttelettes de bromure d’éthylène, pesant quelques centigrammes, et elle a permis l’analyse eudiométrique rigoureuse du gaz régénéré.

( h ). C’est encore ici le lieu de rappeler, pour montrer la fécondité analytique de la méthode de régénération après concentration :

L’absorption de l’oxygène par la baryte anhydre, à haute température, en formant du bioxyde de baryum, et sa régénération au moyen de ce dernier corps, par voie humide ou pyrogénée;

La fixation de l’azote par l’eau, sous forme d’azotite d’ammoniaque, par l’action de l’effluve; et la régénération de l’azote par la décomposition spontanée de ce sel;

(') Ann. de Chim. et de Phys., 3e série, t. LI, p. 54; — Les carbures d’hydrogène, t. III, p. 28 eL t. I, p. 244, 253.

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La fixation et la régénération, par l’hémoglobine du sang, de l’oxygène et de l’oxyde de carbone, etc.

Il existe ainsi tout un groupe de réactifs susceptibles d’absorber un gaz, puis de le régénérer par des réactions simples et directes.

Cependant il est clair que cette méthode ne saurait s’appliquer à tous les cas. Citons seulement les exemples négatifs suivants : l’oxygène absorbé soit par le chlorure cuivreux ammoniacal, soit par les sels de protoxyde de chrome, soit par le pyrogai la te de potasse, n’est pas régénérable par des réactions directement inverses. On ne régénère pas davantage l’oxychlorure de carbone absorbé par la potasse, avec formation de chlorure et de carbonate, etc.

La méthode de régénération, surtout après concentration, n’en présente pas moins une grande importance comme procédé de contrôle, et même, dans certains cas, de préparation de corps rai es.

Il est clair qu’elle s’applique non seulement aux absorbants liquides ou dissous, mais même à des absorbants solides.

§ 4. — DlîS DISSOLVANTS SIMPLES.

Tous les liquides peuvent être employés comme dissolvants simples, lorsqu’ils n’exercent pas d’action chimique sur les gaz qu’ils dissolvent. Toutefois cette désignation s’applique particulièrement à des dissolvants neutres, tels que l’eau, l’alcool, la benzine, le perchlorure de carbone et, dans certains cas, le sulfure de carbone, etc. On y comprend cependant quelques dissolvants acides, tels que l’acide acétique cristallisable.

Commençons par l’eau : les manipulations et modes d’action de ce liquide étant applicables aux autres d’une façon générale.

J. /{au. — L’eau est fréquemment employée pour absorber divers gaz très solubles, tels que l'ammoniaque, les hydracides, les fluorures de bore et de silicium, etc. Une quantité d’eau extrêmement faible suffit pour dissoudre des volumes considérables de ces gaz, en formant îles hydrates, souvent cristal lisables. D’autres gaz, également solubles, ne sont absorbés qu’en faibles proportions. Tels sont : l’acide carbonique, l’hydrogène sulfuré, l’acétylène, etc.

L'addition de l’eau à un gaz se fait de deux manières différentes, selon sa proportion relative. S’agit-il d’un gaz très soluble : on emploie un très petit tube fermé par un bout, contenant icm* d’eau, par exemple. On peut même restreindre à volonté ce faible volume d’eau en ajoutant du mercure dans le petit tube. On emplit celui-ci à l’aide

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d’un tube effilé, pour parer aux effets de la capillarité, qui s’opposent à i’introductioit directe de l’eau par déversement; [mis on pose le doigt sur l’orifice du tube; puis on l’introduit renversé sous le mercure, audessous de l’éprouvette et on le retourne. Quelques secousses l'ont passer l’eau dans l’éprouvette, où son action s’exerce.

Si r on a besoin d’une dose d’eau plus forte, on l’introduit avec une pipette courbe.

On sait que l’eau offre cet inconvénient de laisser dégager, par voie d’échange, l’air qu’elle lient en dissolution au sein des gaz avec lesquels on l’agite.

il faut, donc avoir de l’eau privée d’air. A cette fin, on la fait bouillir et on la conserve à l’abri de l’air. On procède comme il suit, et ce procédé s’applique également à l’alcool et à fa plupart des autres liquides.

On étire à la lampe un matras d’essayeur, vers l’origine du col, et on recourbe la partie étirée de manière à lui donner la forme représentée dans la figure 65. On remplit d’eau le ballon ainsi préparé, en procé-

Fig. 65.

dant comme pour remplir de mercure un thermomètre; c’est-à-dire en chauffant légèrement et en plongeant la pointe dans l’eau, de manière à laisser, par refroidissement, pénétrer un peu du liquide jusque dans la panse du matras. On le vaporise de nouveau, pour achever le remplissage. On soutient le matras, à l’aide d’un support à pince, pendant ces opérations.

Le matras tout à fait plein est alors chauffé, son bec demeurant plongé sous une couche de mercure, et l’eau est maintenue en ébullition, jusqu’à ce que le cinquième ou le quart de son volume ait été volatilisé. On éteint le feu, en laissant plonger sous du mercure la pointe effilée du matras. Pendant le refroidissement, le mercure remplace l’eau expulsée. Le matras doit demeurer complètement rempli, ainsi (jiie son col recourbé, aussitôt que la condensation a eu lieu, et cela

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