ANALYSE PAR DISSOLVANTS. I
sans qu’il subsiste, même temporairement, aucune bulle dans le coude supérieur.
La quesiion étant fort délicate, pour plus de certitude, — et lorsqu’il s’agit de Caire agir cette eau sur le gaz destiné aux analyses, — on peut recourir au procédé suivant. On transporte le matras avec son verre sur la cuve à mercure ordinaire. On enlève alors le verre, en fixant le matras, mais sans que la pointe sorte jamais du mercure. Puis on chauffe sur un bec de gaz, avec interposition d’une toile métallique et l’on porte le liquide lentement à l’ébullition, en évitant les soubre-
Fig. 66.
sauts. Pendant tout ce temps, la pointe capillaire coudée demeure immergée sur la cuve, au-dessous d’une éprouvette remplie de mercure.
Pour peu qu’il y reste encore une trace d’air, elle se dégage en bulles au début et passe dans l’éprouvette avec les premières gouttes de liquide. On isole aussitôt l’éprouvette, dans laquelle les bulles ne disparaissent pas, la dose du liquide y étant insuffisante pour les dissoudre.
On peut d’ailleurs, pour plus de certitude, ajouter alors dans l’éprouvette quelques centimètres cubes de gaz carbonique absolument pur : l’air dissous s’y diffuse. En reprenant le mélange gazeux par une goutte de potasse, le gaz carbonique disparaît, laissant la bulle d’air visible. L’expérience prouve qu’en observant la marche sus-indiquée, on finit par purger complètement d’air le liquide du matras (eau ou alcool), à la condition d’en évaporer un dixième au moins pour la purge.
Pour se servir de cette eau, ou de cet alcool bouilli, on renverse le matras sur la cuve à mercure, et à l’aide d’une pince on casse la pointe effilée sous le mercure, jusqu’au col. Tout ou partie de^l’eau du matras peut être recueillie dans une éprouvette, puis transvasée à volonté dans d’autres éprouvettes. Cette eau doit être* maniée toujours absolument à l’abri du contact de l’air.
En effet, l’eau bouillie avec ces précautions absorbe une petite bulle d’air, presque avec la même rapidité qu’une bulle de gaz ammoniac.
L 'emploi de L'eau bouillie au contact de l’air dans une fiole ouverte.
ANALYSE QUALITATIVE
tel qu’on le pratique souvent, est illusoire. En effet, l’eau reprend ainsi à mesure, sur divers points de sa surface, l’air qu’elle perd à côté, et elle s’en sature de nouveau pendant le refroidissement, avec une promptitude qu’on ne saurait soupçonner si l’on n’en faisait l’épreuve.
Dans les cas où l’on se borne à avoir besoin d’eau exempte d’oxygène, il suffi t d’y faire passer un courant d’hydrogène ou d’azote, tandis qu’on la chauffe, et de laisser refroidir dans ce courant. Mais alors les gaz recueillis sur cette eau sont souillés d’hydrogène ou d’azote.
Ce n’est pas tout : l’emploi de l’eau a pour effet de saturer de vapeur d’eau les gaz mis en contact avec elle. La tension de la vapeur d’eau dans ces gaz est donnée par des Tables connues pour toute température. Sa présence peut être constatée immédiatement, à l’aide d’une bulle de gaz chlorhydrique, ou mieux de fluorure de bore. On débarrasse les gaz de cette vapeur, en les agitant avec une seule goutte d’acide sulfurique concentré; ou bien en les faisant digérer pendant quelques heures avec un fragment de potasse récemment fondue.
2. Alcool. — L’alcool est employé comme dissolvant des hydracides gazeux, qu’il dissout en grande proportion, formant d’abord des alcoolates, facilement dissociables, lesquels se changent plus ou moins vite en éthers halogénés.
L’alcool dissout aussi l’ammoniaque à la façon de l’eau; et il la dégage par la chaleur, ou par le vide.
On l’emploie particulièrement pour dissoudre simplement le protoxyde d’azote et les carbures d’hydrogène, tels que le propane, Téthane, le formène.
On peut, par l’application méthodique des propriétés des dissolvants, séparer par l’alcool ces carbures d’avec l’hydrogène et même entre eux; cette méthode sera exposée plus loin en parlant des mélanges.
La tension de vapeur de l’alcool est assez considérable aux températures ordinaires pour qu’il soit nécessaire, même dans des essais grossiers, de tenir compte, en faisant les lectures, de cette tension; à moins d’éliminer la vapeur d’alcool, en agitant le résidu gazeux avec une goutte d’acide sulfurique concentré.
3. La benzine, le térébenthène, les huiles, l’acide acétique cristallisable, sont parfois employés comme dissolvants simples. La benzine possède une teneur de vapeur très notable et dont l’élimination est difficile.