DÉPLACEMENT
La méthode la plus généralement usitée dans les laboratoires pour recueillir et analyser les gaz est celle du déplacement du contenu initial d’un vase destiné à les renfermer définitivement; ce vase étant rempli préalablement par de l’air ou un autre gaz; ou bien par de l’eau, du mercure, ou tout autre liquide. Examinons les divers cas qui peuvent se présenter.
§ 1. — Déplacement d’un gaz par un autre gaz.
Soit, par exemple, le déplacement de l’air par un gaz que l’on se propose de récolter. Parlons spécialement d’un gaz très soluble dans l’eau et dans la plupart des liquides usuels, tel qu’un bydracide gazeux ; ou bien un gaz qui attaque les liquides, tel que le chlore, le gaz hypoazotique, gaz également actifs sur le mercure; les gaz iodhydrique el bromhydrique sont dans ce dernier cas.
Pour récolter de semblables gaz et les conserver à l’état de pureté, on a recours à la méthode du déplacement.
x° A cet effet, on prend un flacon à col étroit, ou mieux un tube fermé par un bout, ou bien encore un ballon. L’extrémité du tube ou le col de ballon doivent être étranglés, de telle sorte qu’ils se trouvent surmontés d’un entonnoir formant corps avec l’étranglement. On sèche ce vase avec soin à l’étuve, par aspiration d’air sec au besoin.
Cela fait, on fait arriver le gaz étudié, débité par un appareil convenable, de telle façon qu’il pénètre dans le col du flacon, dans celui du ballon, ou du tube récipient, au moyen d’un tube à gaz terminé lui-même par une mince effilure.
On y fait passer un courant du gaz étudié, jusqu’à déplacement complet de l’air intérieur : ce que l’on apprécie par l’usage; ou plus rigoureusement, en ajustant sur l’orifice de l’entonnoir un bouchon