‹ Traité pratique de l'analyse des gazChapitre 8 sur 197 · PAR DÉPLACEMENT · texte numérisé non relu

PAR DÉPLACEMENT

à deux trous. Par l’un pénètre le gaz, par l’autre l’air sort d’abord, puis l’excès du gaz. On les recueille au dehors sur la cuve à mercure,

Fig. ii.

ou sur l’eau, ou même dans un second récipient pareil, et i’on eu vérifie la pureté à l’aide d’un absorbant convenable.

Le récipient une fois bien rempli de gaz pur, on soulève doucement le bouchon avec le tube effilé intérieur en continuant le courant et l’on scelle, aussitôt l’étranglement à la lampe.

Si l’on a rempli ainsi un flacon bouché à l’émeri, on le ferme, toujours sans interrompre le courant, avec un bouchon enduit de vaseline, comme il sera dit au Chapitre relatif à la conservation des gaz.

20 Le tube récipient a été dessiné ici, l’entonnoir en haut: en effet, c’est ainsi que l’on opère pour les gaz plus denses que l’air : chlore, hvdracides, acide carbonique. Mais, si l’on voulait récolter un gaz plus léger, tel que l’hydrogène ou le formène, il faudrait retourner le tube, la partie hémisphérique fermée en haut, l’entonnoir ouvert en bas, pour faciliter le déplacement de l’air.

3° Quand il s’agit de certains gaz incompatibles avec l’air, tels que le bioxyde d’azote, l’hydrogène phosphoré spontanément inflammable, l’hydrogène silicé, on prend soin de remplir à l’avance le récipient, tlacon ou tube, avec de l’acide carbonique.

4° Le bouchon même par lequel on peut fermer l’orifice du tube, s’il est en liège, est susceptible d’être attaqué par le chlore, faiblement d’ailleurs, mais beaucoup plus énergiquement par les acides bromhydrique et iodhydrique, etc. Dans ce cas, on l'enduit à l’avance de paraffine fondue.

HÉCOLTE DES GAZ.

§ 2. — Méthode de déplacement spéciale.

Voici une méthode de déplacement qui peut être employée pour déterminer la dose relative d’un gaz au sein d’un mélange contenu dans une capacité, où l’on ne veut introduire aucun liquide : telle qu’une grande cloche ou un récipient quelconque, communiquant par un petit orifice avec l’atmosphère.

On y détermine l’aspiration du gaz étudié, soit au moyen d’un petit vase vide, soit par l’écoulement d’un certain volume d’eau débité par un aspirateur. On fait ainsi passer dans les appareils absorbants un volume déterminé, puisé dans la capacité, volume constituant une très petite fraction du volume total qu’elle renferme; ce volume total n’étant modifié que dans une faible proportion par cette aspiration.

On connaît d’ailleurs le rapport exact entre le volume extrait et le volume total.

Dès lors l’analyse de la faible dose ainsi extraite indique la composition même du mélange renfermé dans la capacité, sans qu’il soit indispensable de faire porter l’absorption sur le volume total; comme il serait nécessaire pour un mélange renfermant des traces d’acide chlorhydrique, dans lequel on verserait l’eau contenue dans un flacon (gaz volcaniques par exemple). On a d’ailleurs ainsi l’avantage de ne faire subir aucune altération aux substances renfermées dans la capacité principale : altération qui serait nuisible par exemple à la végétation d’une plante cultivée sous une cloche, et en général pour toute réaction spéciale effectuée sous cette cloche.

Pour les mélanges explosifs, il convient d’enfermer d’abord l’un des deux composants séparément dans un tube jaugé jusqu’au point de l’étranglement, de façon à en connaître la capacité. On le remplit par le procédé actuel, ou par tout autre, et l’on ferme à la lampe. Cela fait, on prépare un tube un peu plus large, en le pourvoyant d’abord d’un étranglement à une extrémité ou bien en l’y fermant ( voir plus haut la figure io). Puis, par l’orifice large de l’autre extrémité, on introduit le premier tube lout scellé; on étrangle ensuite à la lampe le tube enveloppant, avec la précaution d’y réserver un espace intérieur libre (déduction faile de l’espace occupé par le tube intérieur), dont la capacité réponde à peu près au volume probable du second gaz, et même soit un peu plus grande. On étrangle alors le tube enveloppant, au-dessous de l’orifice libre, et l’on jauge son contenu jusque vers le centre de l’effilure étranglée, à l’aide d’une burette graduée pleine d’eau, ou autrement.

On vide le tube de l’eau qu’on y a introduite, on le sèche avec pré-

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