‹ Traité pratique de l'analyse des gazChapitre 9 sur 197 · PAR DÉPLACEMENT · texte numérisé non relu

PAR DÉPLACEMENT

caution. Puis par tâtonnement, au moyen de la lampe, on ramène, s’il y a lieu, la capacité libre du tube enveloppant à un rapport donné avec celle du tube intérieur.

On remplit alors par déplacement avec le second gaz le tube enveloppant; puis on en scelle à la lampe l’effilure.

Enfin, à l’aide de secousses ménagées, on brise le tube intérieur et l’on opère ainsi le mélange des gaz dans un espace scellé d’avance à la lampe.

Ces tours de main sont fort délicats ; ils ont paru valoir la peine d’être décrits. Ils m’ont servi dans diverses opérations et notamment pour mesurer au sein d’un calorimètre la chaleur dégagée par la réaction du bioxyde d’azote sur l’oxygène, ces deux gaz étant employés en rapports successifs de volume ( Annales de Chimie et de Physique, 5e série, t. VI, p. 162-169, 1 870).

§ 3. — Déplacement d'un liquide par un gaz. — Mercure.

Dans la plupart des cas, les gaz destinés à l’analyse sont recueillis par le déplacement d’un liquide. Pour les analyses rigoureuses, c’est presque toujours le mercure qui est employé, à cause de son inaltérabilité par la plupart des gaz. L’emploi de la cuve à mercure devant être décrit en détail dans un autre Chapitre, on se bornera à dire ici que l’on recueille sur le mercure les gaz, au moyen d’éprouvettes retournées, l’extrémité close en haut. On sait que le mercure est susceptible d’y être soutenu jusqu’à la hauteur deom,76o par la pression atmosphérique.

On engage l’extrémilé recourbée du tube à dégagement au-dessous de l’éprouvette, à une profondeur aussi faible que possible. Les gaz s’v élèvent bulle à bulle, en raison de leur faible densité relative.

La paroi de ces éprouvettes doit avoir une certaine épaisseur, afin qu’elles puissent résister aux chocs et oscillations modérés du mercure, lesquels brisent aisément les minces parois de verre, en raison de la grande masse du métal résultant de sa densité.

On emploie aussi des flacons de verre au même usage que les éprouvettes. Cependant, au delà d’une capacité de 3oocm3 à i[Oocm\ les flacons deviennent difficiles à manier, en raison du grand poids de mercure soulevé. Sur une cuve bien construite, on peut encore manier sans trop de peine des flacons d’un litre.

Rappelons ici que le mercure est attaqué par un certain nombre de gaz, tels que chlore et oxydes de chlore, ozone, gaz hypoazotique, acide iodhydrique; et, plus lentement, acides bromhydrique, sélén-

RÉCOLTE DES GAZ

hydrique, etc. : ce qui exclut son usage pour la préparation et la conservation de semblables gaz.

Quoi qu’il en soit, l’emploi de la cuve à mercure est fort utile pour l’étude des gaz contenus dans les tubes scellés à la lampe, si fréquemment employés afin de produire des réactions à haute température, et surtout si elles exigent une pression considérable et un temps notable. En fermant ces tubes, on a soin de les étirer à une extrémité en pointe fine, aussi fine qu’on puisse le faire, sans que le maniement en devienne trop délicat.

Pour ouvrir de tels tubes, on peut chauffer avec précaution, dans une flamme, la pointe effilée. Dès que le verre se ramollit, l’action de la pr.ession intérieure produit une très fine soufflure, par laquelle le gaz se dégage.

On transporte aussitôt ce tube dans la cuve à mercure et l’on en introduit la pointe sous une éprouvette, dans laquelle on recueille le gaz. On peut encore conduire le gaz dans l’éprouvette par un tube étroit de caoutchouc, ajusté sur la pointe.

En raison des fuites entraînées par les manipulations précédentes, dans les expériences précises où il importe de ne rien perdre, il est préférable, après réaction accomplie, d’introduire le tube scellé sous le mercure, la pointe close en l’air, au sein d’une éprouvette remplie de ce métal, de l’y glisser doucement et de casser la pointe effilée dans l’éprouvette même, par un choc ménagé avec prudence. On peut ainsi mesurer exactement le volume dégagé.

Cependant, les tubes étant susceptibles de faire explosion à ce moment, dans le cas où ils contiennent un gaz comprimé fortement, il faut alors prendre soin d’entourer l’éprouvette d’un linge épais, afin de prévenir les projections de verre et de mercure et les blessures de l’opéra te u r.

Dans tous les cas, il est essentiel de rappeler que le maniement des tubes scellés de ce genre exige beaucoup de prudence. On trouvera les détails concernant ce genre d’expériences dans mes Mémoires relatifs à faction hydrogénante de l’acide iodhydrique (*).

§ 4. — Déplacement d'un liquide par un gaz. — Eau.

i° Ce procédé s’emploie très simplement et sans artifice spécial lorsque l’on veut recueillir un gaz dans une atmosphère illimitée : soit à l’air libre, soit dans une cavité souterraine, soit dans une chambre

(O Voir mon Ouvrage : Les carbures d'hydrogène, t. III, p. 4° à 57.

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