Sonde traversant le
diaphragme.
Fig. 98. — Supposée en coupe.
Fig. 99. — Avant l'accouchement vue au spéculum.
cas. J'ai été témoin à la Clinique d'un fait de cette nature assez remarquable. Une jeune fille de seize ans se présenta un peu avant terme; la sage-femme en chef, madame Callé,en la louchant, sentit son doigt arrêté au milieu du vagin par une membrane résistante et sur laquelle le doigt ne sentait aucune ouverture.
DÉPLACEMENTS DE l'uTÉRUS. 267
M. P. Dubois l'examina au spéculum, et me pria de dessiner cette anomalie pour ses leçons : c'est ce dessin que je reproduis ici. On remarquait au centre du diaphragme un petit pertuis dans lequel une sonde ordinaire pouvait seulement être admise. Cette sonde pénétrait dans une chambre postérieure, libre.
Malgré les difficultés qu'une semblable anomalie pouvait faire craindre au moment de l'accouchement, M. P. Dubois, se confiant aux ressources de la nature, et jugeant d'ailleurs qu'il serait toujours temps d'agir au moment du travail, ne fît aucune opération.
L'événement justifia ses prévisions; unmatin, on vint lui annoncer que la femme était accouchée seule, presque sans douleurs.
Quinze jours après l'accouchement, le doigt pénétrait facilement dans le pertuis, et arrivait jusque dans la chambre postérieure, mais il était serré encore de toute part parle diaphragme.
Au moment de l'accouchement, le diaphragme ne s'était pas déchiré, seulement son pertuis s'était distendu pour permettre l'issue du produit, mais il était revenu sur lui-même comme le Fig. lOO. — Après l'accouchement, col utérin après l'accouchement. '"^^ "" spéculum.
Examiné au spéculum, ce diaphragme présentait cette disposition.
Cependant, dans un cas de rétrécissement extrême de la totalité du vagin, ne serait-il pas prudent de favoriser la dilatation de ce canal, par l'introduction d'épongés préparées, ou d'autres corps dilatants, comme le fit, dans un cas semblable, mon ami, M. Maher, chirurgien de marine à Rochefort?
M. Moreau cite, aussi, un cas dans lequel le vagin aurait admis tout au plus une plume à écrire. Cette disposition, qui donnait beaucoup d'inquiétude, céda aux progrès de la grossesse et aux modifications que le travail fait subir aux parties molles.
ARTICLE IX
DES DÉPLACEMENTS DE l'uTÉRUS PENDANT LA GROSSESSE.
Les déplacements de l'utérus, pendant la grossesse, peuvent s'effectuer à plusieurs époques et dans plusieurs sens différents.
Dans les premiers mois, alors que l'utérus est encore contenu dans l'excavation, il peut s'abaisser, s'inclineren avant ou en arrière ; on désigne ces accidents par les noms d'abaissement, à'antéversion et de rétroversion .
Plus lard, quand l'utérus s'est élevé au-dessus du détroit supérieur, il peut encore s'abaisser, s'incliner en avant, à droite et à gauche, mais pas en arrière. Ces déplacements ont reçu pJus particulièrement le nom d'obliquités antérieures et latcj^ales.
§ 1. — Ue l'abaissciiacnt.
Commeon apu le voir àl'article Diagnostic de l v grossesse, l'utérus s'abaisse à certaines époques de la gestation, et cet abaissement doit être considéré comme physiologique; mais si le bassin est trèslarge, si les ligaments sont très-extensibles, si le tissu de l'organe offre moins de résistance que dans l'état ordinaire, l'utérus peut s'abaisser en totalité, et le col vient alors reposer sur le plancher du bassin, quelquefois même il fait saillie à la vulve. Dans ce cas, l'art doit intervenir, afin de soutenir l'utérus, sans quoi des accidents, quelquefois très-graves, pourraient résulter de cette disposition, des douleurs vivesdanslesaines, la constipation, la rétention d'urine, etc.
Le meilleur moyen à employer, dans ce cas, est une éponge fine ou le ballon en caoutchouc à demi gonflé introduit dans le vagin pour soutenir l'organe ; le pessaire doit être proscrit. Je n'ai omis aucune des indications que présentent ces déplacements, à l'article Bassin vicié par excès d'amplitude (page 215).
§ 2. — Oe la l'étrovcrstioiii et de l'antévcrsîoM .
Ces accidents, moins fréquents que le premier, sont aussi beaucoup plus graves, si l'on n'y remédie assez à temps. (Voyez Bassin vicié par excès d'amplitude, page 215).
§ 3. — ncs ohliquités utérines.
J'ai dit, en m'occupant du diagnostic de la grossesse, que l'utérus était plus ou moins incliné en avant et à droite, rarement à gauche au-dessus du détroit supérieur : tel est l'état normal de la grossesse. Mais quand cette disposition est exagérée, elle devient, dans les derniers mois, la cause d'incommodités, de douleurs auxquelles il est bon de remédier.
Il faut de bonne heure soutenir l'abdomen à l'aide d'un bandage approprié, d'une ceinture. Si cette précaution a été négligée, quand il existe quelque disposition à l'écartement de la ligne blanche, l'utérus peut s'échapper au dehors de la cavité abdominale et faire hernie sous la peau de l'abdomen. C'est à cet accident qu'on a donné le nom d'éventration.
On voit que j'ai confondu les obliquités antérieures et latérales dans un même chapitre. Dans la grossesse, en effet, elles n'exigent *