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DES DÉMANGEAISONS

Enfin, pour n'omettre aucune des incommodités auxquelles la femme enceinte peut être exposée, je vais parler de ces démangeaisons excessivement vives des parties génitales, et qui surviennent dans les premiers mois de la grossesse. Je les ai vues être souvent si insupportables, que les femmes qui en étaient affectées ne pouvaient ni dormir, ni marcher, ni prendre de nourriture ; elles étaient dans un état d'excitation continuelle, et ne pouvaient résister au besoin de se gratter.

Les bains généraux, les lotions émollientes, mais surtout les bains de Baréges, les lotions fréquentes avec le même liquide froid, l'eau végéto-minérale, une solution de borax, 1 gramme pour 30 grammes d'eau, ou de nitrate d'argent, \ gramme pour 500 grammes d'eau, suffisent pour modérer cet état. Cependant ces démangeaisons sont

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quelquefois très-rebelles : chez une pauvre dame à laquelle j'ai donné plusieurs fois des soins, après que la saignée générale et tous les autres moyens furent employés, elles ne c-édèrent qu'à une application de sangsues à la vulve.

C'est un moyen que j'avais entendu conseiller par Désormeaux. J'avoue que, dans ce cas, je ne me suis pas fait scrupule d'en faire usage, tant il importait de soulager à tout prix la malade. En effet, les douleurs étaient si insupportables que je craignais à chaque instant qu'elle ne fût prise de convulsions.

La grossesse n'en arriva pas moins à terme : la femme accoucha d'un enfant mort, mais qu'une circonstance tout étrangère aux sangsues avait privé de la vie, l'interruption delà circulation dans le cordon par un caillot formé autour de la veine ombilicale. Enfin les souffrances avaient été telles pendant la grossesse qu'elle fut prise d'une métro-péritonite après l'accouchement, à laquelle elle eut cependant le bonheur de ne pas succomber.

M. le docteur Maslieurat-Lagémard a présenté à l'Académie de médecine un cas dans lequel ces démangeaisons s'étaient reproduites dans huit grossesses successives, et avec une telle intensité, que des accouchements prématurés en avaient été la conséquence. Ces démangeaisons avaient résisté aux bains simples et alcalins, aux frictions ammoniacales camphrées sur la colonne vertébrale, aux préparations d'opium, de bismuth, de valériane, dejusquiame, de belladone ; l'eau sulfui^euse et la solution de nitrate d'argent^ les sangsues à la vulve ne furent pas employées; l'eau froide sembla calmer un peu les souffrances de la patiente. Cependant elle n'en accoucha pas moins prématurément : sur huit couches un seul enfant a pu survivre. M. le docteur Maslieurat a eu la pensée, si une neuvième grossesse survient, d'appliquer des vésicatoires ; c'est un moyen à expérimenter et à joindre à ceux qui n'ont pas été mis en œuvre. M, Demarquay recommande la glycérine et le tanin^ comme infaillibles. 100 de glycérine, 20 de tanin en applications.

ARTICLE XIII

DE l'aVORTEMENT ET DE l'hÉMORRHAGIE PENDANT LA GROSSESSE.

L'hémorrhagiependantia grossesse estun phénomène qui précède, accompagne ou suit presque toujours l'avortement. Ces deux accidents ont^ dans leurs causes, leur marche, leur diagnostic, el surtout leur traitement, des rapports si intimes, qu'il est presque impossible de les séparer sans s'exposer à des redites nombreuses : aussi

j'ai regardé comme indispensable de les confondre dans un seul et môme article, et de ne considérer l'hémorrhagie pendant la grossesse, que comme un- des symptômes de l'avortement.

L'avortement peut être défini : L'expulsion du produit de la conception, avantle terme delà viabilité légale, qui a été fixé à six mois.

On le divise généralement en avortement ovulaire, quand il a lieu avant la fin du premier mois; en avortement embryonnaire, quand il survient avant la fin du troisième; enfin en avortement fœtal, quand il a lieu du troisième au sixième mois.

Cet accident^ que les gens du monde et quelques médecins considèrent comme peu grave, exige cependant, en général, tout autant de soins, si ce n'est plus, qu'une couche à terme, k cause des conséquences fâcheuses qu'il peut avoir sur l'économie, bien que la petitesse du produit semble favoriser son expulsion, bien que le peu de développement de l'appareil circulatoire semble n'exposer la femme qu'à des pertes légères. L'avortement est beaucoup plus fréquent dans les deux premiers mois qu'à une époque plus avancée de la grossesse ; si l'on a pu émettre une opinion contraire, c'est qu'il faut une grande attention pour constater cet accident dans les deux premiers mois, le produit se trouvant, dans la plupart des cas, perdu au milieu des linges, dont la femme a eu soin de se garnir, au milieu des caillots ou dans les garde-robes. Alors l'avortement s'effectue sans que la femme en ait la conscience, et la perte qui l'accompagne est prise pour un retour de règles abondant; d'autres fois, si le malaise qu'elle éprouve est léger, alors même que l'avortement est évident, elle ne prend que peu de soins d'elle-même, sans que pour cela on ait de bien grands accidents à déplorer, et la fausse couche passe encore inaperçue ; ce n'est, trop souvent, que dans le cas où les accidents qui accompagnent l'avortement sont assez graves pour réclamer des soins urgents que l'accoucheur est appelé, et qu'il peut prendre connaissance du fait; encore reste-t-il souvent dans Tincertitude de savoir si l'accident a eu lieu ou s'il aura lieu. On conçoit, dès lors, la difficulté que Ton rencontre à dresser une statistique exacte en ville, sur les fausses couches peu avancées, et comment celle des hôpitaux doit induire en erreur.

On pense généralement que les fœtus abortifs mâles sont plus nombreux que ceux du sexe féminin ; mais cela tient, je crois, à ce que, dans les premiers mois, le clitoris, par son développement, peut être pris pour le pénis. Cependant les relevés de l'état civil, qui donnent seize naissances de garçons pour quinze de filles, viendraient confirmer celte première opinion.

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Causes de l'avortement.

La mort de l'enfant précède ou suit l'expulsion du produit; ces deux faits sont intimement liés. Ainsi, lorsqu'une cause quelconque aura déterminé la destruction du produit, suivant les lois établies parla nature, il doit être expulsé ; de môme, l'influence des mêmes agents, ou toute autre cause, met-elle les contractions utérines en jeu? Le fœtus est expulsé, et il cesse de vivre parce qu'il n'a pas atteint son entier développement.

On est donc tout naturellement conduit à admettre comme causes de l'avortement toutes celles qui peuvent faire contracter l'organe avant le terme de la viabilité, et toutes celles qui peuvent faire périr le produit.

A. Causes jirédisfosanles.

Les causes prédisposantes de l'avortement sont nombreuses, et diffèrent parleur origine aussi bien que par leur mode d'action.

Pour en faciliter l'étude, je les rangerai en deux classes :

La première contiendra les causes d'avortement qui résident dans la santé du père ;

La seconde, celles qui dépendent de la mère.

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