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ÉTAT DE SOUFFRANCE DE L^ENFANT PENDANT LA GROSSESSE

étreint de lui-même, à ce point que la circulation de l'enfant au placenta, et vice versa, avait été interrompue. Tout se trouvait alors expliqué, et la lenteur des mouvements actifs, et la prolongation du terme. Si l'on eût fait l'accouchement prématuré en temps utile, l'enfant aurait vécu ; la pauvre mère, enceinte pour la première fois à trente ans, n'aurait pas vu s'évanouir ses espérances si chèrement achetées, et le chagrin n'aurait pas déterminé chez elle une affection probablement incurable.

L'accouchement ne fut pas long; mais la dernière expulsion fut des plus pénibles, et fut cependant spontanée, malgré le volume considérable et l'irréductibilité de la tête de l'enfant. Le périnée, très-résistant, et par cela même très-friable, se serait rompu si je n'avais eu la précaution de faire une petite incision sur un des côtés, incision qui s'étendit obliquement, et assez, toutefois, pour que la cicatrisation complète ne se fît qu'au bout de deux ou trois semaines. En général, cette petite incision s'étend peu, et vingt-quatre ou quarante-huit heures suffisent pour la cicatriser.

La prolongation du terme s'explique très-bien par l'état de torpeur de l'enfant; la matrice, manquant de cette espèce d'excitamentum qu'elle reçoit de la part des mouvements actifs, n'a pas été sollicitée à se contracter au temps voulu.

Le nœud du cordon ombilical est un accident dont on ne trouve que de rares exemples chez les auteurs. Notre honorable collègue M. Jacquemier* dit qu'il est facile d'apporter des exemples bien concluants de mort survenue par la constriction d'un nœud du cordon. Burns ^ pense, d'après Baudelocque 3, que ces nœuds ne peuvent être serrés au point d'arrêter la circulation.

La mort de Fenfant qui fait le sujet de ce mémoire ne prouve que trop la possibilité de ce fait. Mauriceau * dit avoir rencontré sept fois ce nœud du cordon; mais il ne parle que d'un enfant vivant, sans dire quel fut le sort des six autres.

Le journal V Obstétrique (octobre 1842) contient une observation où le nœud du cordon avait déterminé la mort de l'enfant. Le Journal de médecine de Bordeaux (février 1849) en contient une, observée par M. le docteur Philippe Passot, dans laquelle la vie de l'enfant fut compromise par deux nœuds du cordon ;

1 Manuel des accouchements et des maladies des femmes grosses et accouchées, Paris, 18^6, 1. 1, p. 427.

2 The principles of midwifery. London, 1843, p. J46.

3 Page 255.

4 Maladies des femmes grosses et de celles qui sont accouchées. Paris, 1740, in-4 . Observation 133.

Maintenant M. Jacquemier admet, avec les auteurs qui se sont occupés de celte question, que, dans les cas où ces nœuds sont fatals à l'enfant, cela dépend de ce que l'enfant, par ses mouvements, serrerait ces nœuds en tirant sur le cordon. Je suis loin de partager cette explication. Comment supposer, en effet, que l'enfant puisse, à une époque avancée de la vie intra-utérine, avoir assez de liberté d'action pour tirer par son poids sur ce cordon? Cette constrictiou du cordon s'opère, non par serrement, par traction, mais bien parce que le cordon, en se développant, en augmentant de grosseur, se trouve, à un moment donné, étranglé par son propre nœud.

ARTICLE IL

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