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SIGNES DE MORT DE L ENFANT PENDANT LA GROSSESSE

minuent considérablement, et ce fait, joint à la continuation de la circulation dans la matrice et aux contractions dont nous venons de parler^ explique les pertes auxquelles sont exposées les femmes qui portent un enfant mort.

Quand le fœtus a cessé de vivre, les vomissements s'arrêtent : ce fait est assez fréquent. Les seins se tuméfient, et il y a sécrétion laiteuse comme si l'accouchement avait eu lieu. Il est des femmes chez lesquelles ce symptôme est peu prononcé, et d'autres chez lesquelles il manque. L'auréole du sein pâlit, les tubercules papillaires s'affaissent. On observe quelquefois du trouble dans la santé, la fièvre, la perte d'appétit, la faiblesse;, etc. Cependant cette altération de la santé n'est rien moins que commune, à moins pourtant qu'il n'y ait putréfaction du fœtus, cas qui ne se manifeste que lorsque les membranes sont rompues ou seulement décollées. Alors l'air entre dans la matrice, les membranes se putréfient, et cette décomposition peut donner lieu au trouble dont parlent les auteurs.

2° Du côté de l'enfant. — Les mouvements actifs ne sont plus perçus, le fœtus perd la faculté de se soutenir au milieu du liquide amniotique, et la femme perçoit les mouvements passifs de son enfant, mouvements dont, on le sait, elle n'a pas conscience tant que celui-ci est encore vivant. La circulation cesse dans le fœtus et dans la portion du placenta qui sert à la circulation fœtale. La circulation placentaire maternelle perd aussi probablement, par la suite, une partie de son activité. Le fœtus reste d'abord quelque temps sans éprouver de changement, mais ensuite il subit une sorte de décomposition ; ses différentes parties se ramollissent, et lorsque, après l'accouchement, on le place sur une table, il s'affaisse ; la peau est rougeâtre, violacée parfois^ et plus tard l'épiderme se détache en débutant par le ventre. Il est probable qu'avant de se détacher l'épiderme commence à être soulevé par de la sérosité. Évidemment la peau ne se dénude pas également vite partout; il y a plus de résistance à la paume des mains, à la plante des pieds, etc. La tête se déforme, et les os de cette partie deviennent très-mobiles, circonstances qui rendent le diagnostic de la présentation et des positions plus difficile; il y a épanchement de sérosité sous le cuir chevelu, qui se décolle; les cheveux se détachent avec l'épiderme; le cerveau est mou, diffluent, rouge lie de vin, et s'écoule par l'incision des membranes : parfois le centre reste blanc (fait important pour la médecine légale). La poitrine contient une certaine quantité de liquide séro-sanguinolent, et, malgré la décomposition qu'ils ont subie, les poumons ne surnagent jamais, ils

vont toujours au fond du vase. Les intestins et le foie sont parfois atrophiés; mais ce cas est rare, et ne se voit pas lorsque Tenfant n'est resté que deux ou trois semaines dans le sein de sa mère^ après avoir été frappé de mort. Les vaisseaux sont presque privés de sang\, et il semble que la sérosité sanguinolente, qu'on retrouve partout, vienne du sang des vaisseaux. Cet état n'indique pas le moins du monde que l'enfant est mort d'hémorrliagie. Les eaux de l'amnios sont teintes de sang ou de méconium, et sont résorbées en partie. Le cordon est œdématié vers le milieu, et présente un épanchement séro-sanguinolent. La place qu'occupe cette œdématié s'explique parla position en anse du cordon; le placenta, dans certains cas, est très-gros, ce qui tient à la continuation du développement de cet organe après la mort de l'enfant. Cette particularité ne s'observe que lorsque l'enfant meurt dans les premiers temps de sa vie intrautérine; car, en général, on le trouve moins perméable, blanchâtre, diminué de volume, et comme desséché.

L'enfant mort dans le sein de sa mère devient corps étranger, et doit nécessairement être expulsé. Mais rien n'est aussi variable que l'époque à laquelle l'accouchement s'effectue dans ces circonstances ; cependant il résulte d'un bon nombre de faits observés par M. P. Dubois, que la moyenne du séjour de l'enfant dans l'utérus après sa mort est de quinze jours à trois semaines.

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