PRONOSTIC POUR L'ENFANT
La prolongation du travail , quand la face occupe le détroit supérieur, peut déterminer la pléthore cérébrale et toutes les conséquences fâcheuses qui en résultent pour le produit. Il en est de même dans la rotation mento-antérieure, circonstance cependant la plus favorable, par suite du séjour trop prolongé de la partie antérieure du cou del'enfant sous les pubis.La compression des jugulaires qui en résulte compromet la vie dé l'enfant une fois sur dix à douze accouchements. Malheureusement il est difficile d'assigner un terme précis au delà duquel il n'est plus permis d'attendre. On voit en effet des fœtus rester longtemps dans cette attitude sans que leur vie soit compromise; d'autres, au contraire, naître morts après un travail facile et peu prolongé. Suivant madame Lachapelle, si l'enfant exécute des mouvements de la langue et des lèvres, il faut rester dans l'inaction; mais si les mouvements viennent à cesser, il faut agir. A ces indications, il est bon de joindre les signes fournis par l'auscultation, afin de s'assurer de l'état de la circulation fœtale.
Le cas est bien plus grave, si le menton, restant en arrière, à droite ou à gauche, ou étant allé se rendre dans la concavité du sacrum, on se voit dans l'obligation d'agir; l'allongement considérable du cou, la compression des branches, souvent irrégulièrement appliquées, compromettront sa vie.
La procidence du cordon est une complication fâcheuse qui ac-
1 Pratique des accouchements. Paris, 1821, 1. 1, p. 393.
« Or, il y a bien plus d'espace libre entre le menton et le rachis qu'entre l'occiput « et la même partie; donc la face peut s'enfoncer plus avant sous les pubis que l'oc- « ciput, donc elle offre plus d'avantage, etc., etc. »
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compagne aussi souvent cette présentation, parce que le détroit supérieur ne se trouve pas exactement bouché par la partie qui s'engage.
La tuméfaction, dont la face est toujours le siége, ne doit être comptée pour rien dans le pronostic : c'est un phénomène qui se rencontre aussi, quoique moins prononcé, dans les autres présentations, et qui n'est dû qu'à un afflux séro-sanguin, que quelques jours suffisent pour dissiper. Il en est de même de la tendance que la tête a de se renverser sur le dos, par suite de la situation forcée dans laquelle elle s'est trouvée en parcourant le bassin.