FAIBLESSE DU CORDON
La faiblesse du cordon, soit qu'elle dépende du peu de résistance de cette tige, soit qu'elle tienne à l'insertion anormale des vaisseaux sur les membranes, et alors du décollement de celle-ci, est un accident qui s'oppose à ce que la délivrance puisse être effectuée au moyen de la production de la tige ombilicale. On est averti de cet accident, parce que la main sent que tout à coup le cordon cède. Cette sensation de déchirement est très manifeste.
Doit-on, dans ce cas, attendre et confier la délivrance à la nature
CONTRACTION SPASMODIQUE DE l'uTÉRUS. 89 1
on délivrer arlificiellement? On doit, d'abord, confier la délivrance à la nature, mais pour un temps qui ne dépasse pas une heure ; après ce temps, l'expectation peut avoir beaucoup d'inconvénients; car si les contractions ne peuvent suffire à Texpulsiou du placenta^ pendant le temps qu'on aura attendu la délivrance, le col utérin se resserrera sur lui-même, on éprouvera les plus grandes difficultés à opérer la délivrance, et l'on fera éprouver à la malade les plus vives douleurs. Aussi il me paraîtrait même bien plus sage, dans ce cas, quand les petites douleurs ressenties par la mère, quand la rétraction utérine, quand rengagement d'une partie du placenta ont pu faire espérer son décollement complet, de ne pas attendre plus d'une heure, et dès qu'on sent le cordon lâcher, d'introduire la main en suivant le cordon, de pincer le placenta qu'on trouve en partie engagé dans le col utérin, et de l'extraire. En agissant ainsi, on évite souvent de grandes difficultés, on prévient une perte de sang trop considérable entretenue par la présence du placenta ; enfin on achève tout à fait l'accouchement, et la malade peut après cela être changée de lit et se reposer. Si la résistance était trop grande, dans la crainte que cette résistance ne dépendît d'un reste d'adhérence du placenta, on attendrait une heure ; et, après ce temps, la main introduite irait à la recherche de l'obstacle.
Dans tous les cas, quand on sent que le cordon faiblit, il est bon de cesser toutes tractions, non que la rupture du cordon puisse avoir aucun inconvénient; en effet, que le cordon adhère au placenta, il n'en est pas moins dans ce cas inutile à la délivrance, à cause de sa faiblesse ; mais parce que cette séparation du cordon effraie toujours la femme et les assistants, puis aussi parce qu'elle est toujours, dans le monde, interprétée défavorablement contre l'accoucheur; enfin parce que le cordon servant de guide à la main qui doit pénétrer dans l'utérus, conduit cette main jusqu'au placenta lui-môme. On évite, en le conservant, les tâtonnements, les hésitations et les douleurs inséparables de ces manœuvres.
ARTICLE m.