‹ Traité pratique de l'art des accouchementsChapitre 219 sur 287 · CONTRACTION SPASMODIQUE OU IRRÉGULIÈRE DE L'UTÉRUS · texte numérisé non relu

CONTRACTION SPASMODIQUE OU IRRÉGULIÈRE DE L'UTÉRUS

Après l'expulsion du produit, la contractilité organique de l'utérus s'exerce avec moins d'intensité, c'est surtout la contractilité de tissu, ou la rétractation de l'organe, qui opère le décollement du placenta et son expulsion. Néanmoins, pendant cette dernière partie de la délivrance, presque toujours quelques contractions utérines, peu vives, il est vrai, se manifestent pour concourir aussi à l'expulsion du délivre.

Celte contraction organique et cette contractilité du tissu s'exercent dans tout l'organe dans l'état ordinaire; mais les choses ne se passent pas toujours ainsi: certaines portions de l'utérus peuvent rester inertes, tandis que d'autres peuvent être à la fois animées par les deux espèces de contractilité réunies ; et alors, suivant la partie de l'organe qui est le siège de cette anomalie, le placenta peut être chassé hors de la cavité de l'organe, ou peut y être retenu.

Jamais l'orifice externe de l'utérus ne présente cet état spasmodique, on le trouve toujours mou, souple après l'accouchement.

11 n'en est pas de môme de l'orifice interne qui, presque toujours, se rétracte après la sortie du produit, et souvent même est affecté de spasme. Le corps de l'utérus peut aussi participer à cet état de contraction spasmodique. On comprend que, dans ce dernier cas, la contraction spasmodique de la totalité du corps de l'organe, quand l'orifice interne n'est pas contracté, loin de s'opposer à la délivrance, la détermine au contraire. Pour que cet état spasmodique du corps puisse mettre obstacle à la délivrance, il faut que toutes les parties de l'organe n'en g^ient pas affectées à la fois, qu'une portion soit dans le relâchement, pendant que l'autre se contracte spasmodiquement.

Ainsi donc, contractions spasmodiques de l'orifice interne, contractions partielles et spasmodiques du corps de l'utérus : tels sont les deux accidents qui peuvent, le premier retenir le placenta dans la cavité de l'utérus, le deuxième produire son enchatonnement.

§ 1. — Contractiout^ spasuiotlifiticH de l-oriCce iuterne.

Quand tous les signes qui annoncent la séparation du placenta se sont manifestés, quand le temps écoulé a dû faire espérer aussi que cette séparation s'est effectuée, et que, cependant, des tractions aussi fortes que la résistance du cordon le comporte n'ont aucun résultat, il faut aller à la recherche de l'obstacle afin d'y remédier. S'il réside dans l'état spasmodique de l'orifice interne, le doigt de l'accoucheur, après avoir traversé l'orifice externe, mou, diffluent pour ainsi dire, rencontre la partie supérieure du col utérin fortement contractée et fermée. Quelquefois cependant, quand cet état ne s'est manifesté qu'après l'engagement d'une partie du placenta, on arrive moins facilement à l'orifice interne, mais on sent très-bien que cette partie du placenta est étranglée circulairement.

Cet état du col utérin n'est, en général, que passager; aussi le temps suffit-il le plus ordinairement pour le faire cesser. Mais cependant, après quatre ou cinq heures d'attente, si cet état persistait, et

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