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CHAPITRE IV

DE QUELQUES SOINS INDISPENSABLES A LA SANTÉ DE l'eNFANT.

§ !• — Du sommeil des eufisnts et de toutes les précautions qui s"y rattachent.

J'ai déjà indiqué (page 1020), à l'occasion du sommeil de la nourrice, les moyens de favoriser chez l'enfant l'habitude d'un sommeil paisible et régulier, si nécessaire à l'entretien de sa santé.

L'importance de ce sujet m'oblige d'y revenir encore dans ce chapitre.

Composition du berceau. — Le berceau de l'enfant nouveau-né sera choisi de préférence en fer, si cela est possible, et dans tous les cas il devra être garni intérieurement d'une étoffe piquée épaisse, destinée à amortir les résistances que la carcasse du berceau pourrait offrir à Tenfant, dans ses mouvements.

Cette garniture a aussi le grand avantage de le protéger du froid; mais elle doit être mobile et en étoffe pouvant se laver, afin d'être changée de temps en temps.

Le fond du berceau sera garni d'un grand coussin en fougère ou varech, sur lequel on placera sur le même plan, à côté les uns des autres, trois petits paillassons remplis de balle d'avoine. Par ce moyen, celui qui est placé au milieu, se mouille presque seul; de plus, sa dimension permet de le faire sécher bien plus promptement que si les trois paillassons supérieurs étaient réunis en un seul, et l'enfant ne repose pas sur une couche de balle d'avoine imprégnée dans sa totalité par ses urines séchées. Cependant on comprend que les paillassons des extrémités, quoique moins sujets à être mouillés, doivent être aussi exposés chaque jour à l'air et au soleil. Il sera donc nécessaire d'avoir au moins un change complet

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de petits paillassons. Enfin, la tête reposera aussi sur un petit oreiller rempli de balle d'avoine ou de crin doux, et la plume sera proscrite rigoureusement: elle échauffe la tête de l'enfant et l'expose aux congestions cérébrales. Dès que l'enfant a contracté des habitudes de propreté, on remplace les paillassons par un coussin de fougère; le lit ainsi constitué présente un plan résistant favorable au développement régulier de la taille de l'enfant, ne i'échauffe pas et ne favorise pas par conséquent des habitudes nuisibles à la santé. Dans le même but, quel que soit l'âge de l'enfant, il devra toujours être couché les bras hors du lit, non pas que cette précaution soit nécessaire pour l'enfant au maillot, mais parce que, devant être indispensable plus tard, il faut de prime abord en faire contracter l'habitude, si l'on veut réussir. Les bras et la poitrine seront donc recouverts, suivant la saison, de vêtements plus ou moins chauds. Enfin, l'enfant ne devra jamais être laissé seul dans son berceau quand il est endormi, à plus forte raison s'il veille.

C'est à l'aide de ces précautions minutieuses, assujettissantes, qu'on parvient à s'opposer au développement d'habitudes qu'aucun moyen ne peut déraciner, une fois qu'elles sont contractées, qui vouent souvent l'enfant à une vie misérable et languissante, et qui font le désespoir des parents ; c'est à les prévenir que doivent tendre tous les efforts. A quoi bon plus tard l'usage du microscope pour constater, par l'examen des urines, si l'enfant a des habitudes qui ne se décèlent que trop bien sans microscope, et que le microscope ne peut conduire à guérir?

Ces détails pourront paraître trop minutieux à certains esprits ; mais les jeunes médecins consultés journellement par les mères apprécieront toute l'importance de ces conseils, dans ces circonstances qui sont de nature à les embarrasser, parce qu'elles sont en dehors de leurs études habituelles.

Le berceau devra aussi être garni de rideaux et placé en face du jour, pour satisfaire à cette crainte si généralement exprimée, que le jour reçu indirectement fait loucher l'enfant.

L'enfant ne doit dormir que dam son berceau. — Beaucoup de nourrices, de mères surtout, ne placent l'enfant dans son berceau que lorsqu'il s'est endormi au préalable sur les genoux; cette habitude est nuisible à la santé de l'enfant, et en outre le rend exigeant. Si j'insiste pour qu'aucune fatigue ne soit ménagée quand elle importe à la santé de l'enfant, je m'élève aussi contre les complaisances tout au moins inutiles, si non nuisibles, qui assujettissent les mères, les nourrices, les bonnes, à un esclavage continuel.

Ainsi, l'enfant bien endormi sur les genoux, échauffé par la cha-

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