DU SOMMEIL DES ENFANTS
leur du corps, se réveille dès qu'il est posé dans son berceau; le changement de température contribue encore à le réveiller et à le maintenir éveillé, et on le reprend de nouveau pour le rendormir; bienheureux si ce manège ne se prolonge pas fort avant dans la nuit !
Il vaut bien mieux placer, dès les premiers jours, l'enfant tout éveillé dans son berceau, et l'y surveiller tout en s'occupant d'autre chose ; et l'habituer à s'y endormir au bruit, ou à s'y tenir éveillé jusqu'à ce que le sommeil arrive.
Rien n'est plus facile, si l'enfant se porte bien; rien ne serait plus utile, si son état de santé était moins satisfaisant. Mais il faut bien convenir que, dans ce dernier cas, les raisonnements, les règles les plus sages ne peuvent être suivies ; on fait comme on peut pendant la maladie, et l'on revient aux bonnes habitudes, si cela est possible, quand la santé se rétablit.
Une autre circonstance s'oppose encore à la rigoureuse exécution de ces conseils.
Les enfants s'endorment souvent au sein, et dans ce cas il faut bien les déplacer pour les coucher; à moins cependant qu'on ne prenne le parti de ne donner le sein à l'enfant que lorsqu'il est posé dans son lit, ce qu'une de mes clientes fut obligée de faire pour rompre cette habitude.
Son enfant s'endormait toujours au sein, et se réveillait dès qu'on le posait dans son berceau ; si bien que la pauvre mère, quoique exténuée de fatigue, se résignait à le conserver sur ses genoux pour qu'il pût dormir. Cet état de chose ne pouvait durer.
J'engageai cette dame à s'astreindre pendant quelques jours à ne donner le sein à l'enfant qu'après l'avoir placé dans son berceau ; il cria, refusa le sein ; mais bientôt il prit le parti d'accepter les consolations qui lui étaient offertes et s'endormit en tétant.
L'habitude une fois rompue, comme cette attitude de la mère était fort gênante, elle donna le sein à l'enfant en le plaçant sur un des coussins posé sur ses genoux, et une fois endormi elle le transportait ainsi dans son berceau ; tous ces petits soins furent couronnés d'un plein succès.
Les enfants se plient, en général, avec une merveilleuse facilité à la volonté de ceux qui les élèvent ; aussi on leur épargnera d'autant plus de chagrin qu'on les assujettira de meilleure heure à toutes ces exigences. Mais si l'on faiblit dès le début, on se prépare, ainsi qu'aux enfants, une foule d'inconvénients.
Il est possible, à un âge peu avancé, de rentrer dans la bonne voie ; mais on n'y réussira qu'avec bien plus de peine, en causant
10 48 SOINS INDISPENSABLES A LA SANTÉ DE l'eNFANT.
aux enfants bien plus de chagrins que si l'on s'y était pris de prime abord.
En effet, il suffira, pour faire prendre à l'enfant l'habitude de dormir dans son berceau, dès sa naissance, de le laisser crier un jour ou deux au moment du coucher; tandis que, pour l'y habituer plus tard, plusieurs jours sont nécessaires; et peu de mères peuvent tenir contre les cris, le désespoir de leur enfant, renouvelé si souvent, et quelquefois longtemps prolongé.
Du sommeil pendant le jour. — Le sommeil du jour est fort utile aux jeunes enfants jusqu'à un certain âge, dix-huit à vingt mois, par exemple, et l'on doit d'autant plus le favoriser que le sommeil ne prive pas l'enfant de la promenade du milieu du jour qui lui est si nécessaire; car à cet âge il dort très-bien en plein air.
Mais, plus tard, il passe le moment de la promenade à dormir à la maison, et se trouve privé, dans les saisons où l'on ne peut profiter, pour la promenade, que de quelques heures du jour, des effets salutaires de cette promenade. En outre, un séjour trop prolongé au lit ne développe pas leurs forces, et les prive pour la nuit d'un bon sommeil. C'est, en général, vers deux ans et demi que cette habitude doit être rompue.
Coucher les enfants de bonne heure et ne pas les exciter avant le sommeil. — Je terminerai en insistant sur la nécessité de coucher les enfants de bonne heure, à sept ou huit heures du soir jusqu'à l'âge de trois ou quatre ans, et à huit ou neuf jusqu'à sept ou huit ans, et d'éviter avant le sommeil tout ce qui peut les exciter; les jeux doivent cesser quelque temps avant de procéder à la toilette de nuit, sans quoi le sommeil sera long à venir, et il sera moins calme,
§ 2. — Des bains, de la toilette et des soius de propreté.
Il est fort important de laver les enfants avec soin et surtout au moment de les coucher; ce soin contribue à l'entretien de leur santé, et évite les démangeaisons, qui sont si souvent l'origine des mauvaises habitudes.
Ces lavages, dans les premières semaines, doivent être faits à Veau tiède pour toutes les parties du corps. Peu à peu on fera usage d'eau froide pour celles qui sont, en général, exposées à l'air extérieur, en aj^ant soin toutefois d'attendre que la moiteur de la peau soit passée. Mais, pour les autres, elles devront être lavées à l'eau dégourdie en hiver. Dans les pays septentrionaux, on fait un usage exclusif de l'eau froide; cette méthode peut être sans inconvénients pour les