G SOINS INDISPENSABLES A LA SANTE DE L ENFANT
L'inoculation du cow-pox ou du vaccin se pratique au moyen d'une aiguille, d'une lancette, avec laquelle on pique très-légèrement la peau : c'est au bras que cette opération se pratique. Je me sers, pour pratiquer la vaccine^ d'une petite lancette très-fine, sur la lame de laquelle existe une petite goutf'\/V^ tière qui sert à mieux conduire le vaccin sous
l'épiderme. Cette lancette, imaginée par mon oncle, Jean Chailly, et que M. Velpeau a fait représenter 1, a le grand avantage : 1° d'éviter P'g- 282. |gg accidents qu'une lancette ordinaire, qui
aurait servi à vacciner et qui aurait été mal lavée, pourrait produire en saignant ; 2° de mieux conduire le vaccin ; 3° de ne déterminer aucune douleur, avantage que les mères apprécient singulièrement. La vaccine doit être pratiquée de bras à bras autant que possible, et le sujet qui fournit le vaccin doit être, quoi qu'on en ait dit, dans un état de santé parfait. On devra aussi s'abstenir de vacciner l'enfant qui serait même indisposé, dans la crainte que le malaise déterminé par le développement des pustules n'augmentât l'indisposition.
Un bras de l'enfant qui fournit le vaccin étant découvert, on pique une des pustules (ces pustules doivent être arrivées au huitième jour). On attend quelques instants que le virus ait formé une gouttelette à la surface de la pustule ; alors on charge la lancette, et saisissant le bras de l'enfant qu'on veut vacciner, on fait immédiatement en haut du bras une seule piqûre. La pointe de la lancette doit seulement être engagée sous l'épiderme ; ces piqûres sont alors si légères que l'enfant ne les sent pas, et qu'une fois faites, on a bien de la peine à en retrouver la trace. Ce procédé de vaccination est moins douloureux que celui qui est généralement suivi et surtout plus sûr. En effet, dans le procédé ordinaire, le sang qui s'écoule de chaque ouverture peut entraînée le virus.
Quel que soit le procédé qu'on ait suivi, il faut, contrairement à l'usage ordinaire, faire couvrir immédiatement le bras sans avoir la crainte d'enlever le virus, car l'essuierait-on exprès, qu'on ne réussirait pas à l'enlever.
On procède de la même manière pour l'autre bras. L'opérateur doit avoir la précaution de vacciner tous les enfants au point du bras qui, chez les femmes, est toujours recouvert par les vêtements, quel que soit le genre de toilette^ afin de ne pas lais-
1 Nouveaux Éléments de médecine opératoire accompagnés d'un allas de 22 pi. in -4^ 2e édition, t. I, p. 377.