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CHAPITRE II

L'appareil génital de la femme se compose d'organes placés dans l'intérieur du bassin, — ce sont : les ovaires, les trompes , l'utérus et le vagin; — et d'organes placés à l'extérieur : le mont de Vénus, la vulve et le périnée.

ARTICLE P-

Les ovaires (fig. 7. I, I), dans l'ordre organique et dans l'ordre fonctionnel, représentent les testicules masculins. Ils sontau nombre de deux, situés de chaque côté de la matrice, dans l'aileron postérieur des ligaments larges, au voisinage de la trompe utérine en avant du rectum ; ils ont la forme d'un ovoïde de la grosseur du doigt, plus volumineux à l'époque de la puberté et à l'approche des règles. Ils acquièrent un volume considérable pendant la grossesse ; ils le conservent longtemps après l'accouchement ; enfin, ils s'atrophient dans la vieillesse. Ils sont recouverts presque partout par le péritoine, excepté à leur partie inférieure où ils reçoivent leurs vaisseaux ; mais ils possèdent en outre une enveloppe propre {tunica albuginea), membrane fibreuse, d'une couleur gris blanchâtre, avec laquelle le feuillet péritonéal est intimement uni. La surface de ces organes est le plus ordinairement fendillée. Leur extrémité interne est liée avec la partie postérieure et inférieure de l'angle supérieur de l'utérus, aumoyen d'un cordon fibreux plein que l'on appelle ligament de l'ovaire. Leur extrémité externe est dirigée vers le pavillon de la trompe auquel elle est unie par une des franges de ce pavillon.

Leur situation présente des variétés suivant les âges et suivant l'état del'utérus. Dans le fœtus, ils sont placés dans la région lom-

baire comme le fond de la matrice, ce qui tient au défaut de développement du bassin; pendant la grossesse, ils s'élèvent avec le corps de l'utérus sur les côtés duquel ils sont appliqués.

Immédiatement après l'accouchement, ils occupent les fosses iliaques, où ils restent quelquefois maintenus, pendant toute la vie, par ces adhérences accidentelles. Rien n'est plus fréquent que de les trouver renversés en arrière et adhérents à la surface postérieure de l'utérus.

La situation des ovaires en arrière des trompes s'oppose à ce qu'ils se renversent en devant.

Structure. — Ils sont constitués par une coque fibreuse, qui est un épanouissement du ligament utéro-ovarique, et dans laquelle on distingue des filaments intérieurs, un tissu propre, dense, comme fibreux, d'un blanc rougeâtre, tissu auquel Baer a imposé le nom de stroma {tissu bigarré, composé de différentes matières)', nom fort convenable ; car on trouve renfermé dans ce tissu, depuis la plus tendre enfance jusqu'à un âge avancé, mais surtout pendant tout le temps que la femme est apte à concevoir, un grand nombre de petites vésicules ou de petits sacs membraneux de grosseur diverse, qu'on nomme vésicules de Graaf.

M. Cruveilhier a souvent rencontré des ovaires sansvésicules dans le cas où l'ovaire était induré. On comprend que l'absence de ces vésicules doit entraîner la stérilité.

C'est surtout chez la femme nouvellement accouchée quelastruclure de l'ovaire paraît dans toute son évidence. A cette époque, son tissu, comme spongieux, traversé par une grande quantité de vaisseaux, présente l'apparence du tissu érectile des corps caverneux. M. Cruveilhier a vu chez des femmes nouvellement accouchées les ovaires d'un volume douze à quinze fois plus considérable que d'ordinaire, et convertis en une poche à parois très-minces, qui se déchirait avec la plus grande facilité; l'ovaire lui-même offrait un tissu diffluent au milieu duquel se voyaient ceux des ovules qui avaient échappé à l'altération.

Des vésicules de Graaf.

C'est Graaf qui démontra le premier que ces petits corps fournissent les matériaux nécessaires au développement et de l'œuf et de l'embryon. Baer, après lui, fit prévaloir la môme opinion, et découvrit en plus que Tovule contenu dans la vésicule est entièrement semblable à l'œuf des ovipares.

Enfin, M. Coste, qui s'est occupé avec tant de succès d'embryogé-

nie, a trouvé dans l'ovule la vésicule [vesicula proligera) que Purkinje avait découverte dans l'œuf des oiseaux, et qu'on considère à juste titre comme la partie fondamentale de l'œuf.

Dans l'état de vacuité, les vésicules de Graaf sont au nombre de quinze à vingt, visibles à l'œil nu ; le microscope permet d'en apercevoir un bien plus grand nombre. Quelques-unes sont plongées dans l'intérieur de l'ovaire ; d'autres, plus grosses, font saillie à la surface de l'organe (lîg. 8), et donnent un aspect irrégulier à cette surface. Dans ce cas, elles ne sont recouvertes à leur partie proéminente seulement que par la tunique propre de l'ovaire, composée du péritoine et d'une couche fort amincie delà substance propre de l'ovaire.

Ces vésicules, vues au microscope, se composent de la capsule qui elle-même est constituée par deux couches: l'une externe, mince, mais résistante, formée d'un tissu cellulaire dense et transparent (fig. 8, A). Cette membrane reçoit des vaisseaux qui rampent dans son épaisseur, et vont ensuite se rendre dans la couche interne. L'autre, interne (B), moins résistante, plus épaisse et moins transparente, est intimement unieà la couche externe; intérieurement, elle est lubrifiée, et présente des villosités excessivement iines.

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