DE LA VULVE
Ce nom a été donné aux parties tout à fait extérieures des organes de la génération chez les femmes. Dans leur ensemble, elles forment une fente longitudinale, comprise entre les cuisses et dirigée d'avant en arrière, cependant un peu oblique de haut en bas. La vulve est surmontée antérieurement par le mont de Vénus ou pénil, composé d'une couche de peau ombragée de poils nombreux, et qui repose sur un coussin graisseux, plus ou moins épais. Du pénil, partent deux replis tégumentaires, dans l'épaisseur duquel existe une couche assez épaisse de tissu cellulaire graisseux, qui est d'autant plus pénétré de vaisseaux qu'on se rapproche davantage de la surface interne : ce sont les grandes lèvres. Plus épaisses, plus larges, plus saillantes antérieurement et à la partie moyenne, les grandes lèvres s'effilent en arrière, et là se réunissent, par une commissure membraneuse^ en forme de croissant, que l'on appelle la fourchette : entre elle et l'hymen, il reste un petit intervalle concave, la fosse naviculaire.
DE LA VULVE. 4t
Entre les grandes lèvres paraissent les petites lèvres ou nymphes, double repli muqueux, limitant sur les côtés une surface triangulaire, le vestibule, sur laquelle nous allons revenir. Plus larges dans leur partie moyenne, elles diminuent de largeur inférieurement, et vont se perdre insensiblement vers le milieu de la face interne des grandes lèvres ; en avant, chacune des nymphes se bifurque. La branche supérieure de bifurcation va se rendre à celle du côté opposé pour coiffer le clitoris, et lui fournir une gaîne ou prépuce qui est incomplet inférieurement. Quant à la branche inférieure de bifurcation, elle se joint à celle du côté opposé, pour se fixer à la partie inférieure même du clitoris. Dans l'épaisseur des petites lèvres, existe un grand nombre de follicules sébacés, qui sécrètent abondamment une humeur épaisse, jaunâtre, odorante.
Le vestibule est cet espace triangulaire que limitent les petites lèvres et qui se trouve placé en avant et au-dessus de l'orifice du vagin. Son angle supérieur ou antérieur nous présente le clitoris. A sa base, un peu au-dessous du clitoris, on voit un petit tubercule plat, sur la ligne médiane, et sur lequel s'ouvre le canal de l'urètre ; ce canal est en quelque sorte creusé dans la paroi antérieure du vagin. Il a de 2 centimètres et demi à 3 centimètres et demi; il est large, conique, à peine recourbé ; et quelquefois très-dilaté : Flamand en a rencontré un permettant l'introduction du doigt.
La membrane muqueuse de la vulve se continue d'une part avec la peau des grandes lèvres, et d'une autre part avec la muqueuse du vagin; elle présente : 1° sur les petites et les grandes lèvres, des follicules sébacés très-nombreux, visibles à l'œil nu, et qui fournissent une matière caséiforme odorante; 2° des follicules muqueux, qui abondent surtout au voisinage du méat urinaire et qui s'ouvrent dans des espèces d'infundibulum dont les orifices, visibles à l'œil nu, sont quelquefos assez considérables pour admettre l'extrémité mousse d'un gros stylet; 3° de deux corps glandulaires particuliers nommés glandes de Bartholin, glandes de Cowper, et auxquels M. Huguier a donné le nom de glandes vulvo-vaginales ; il en existe une à gauche et l'autre à droite sur les parties latérales de la vulve et du vagin, et profondément. Elles sont arrondies, ovoïdes, mais M. Huguier les a rencontrées très-souvent aplaties chez les femmes qui ont eu beaucoup d'enfants *.
Développement. — Chez les fœtus, les grandes lèvres, peu dévelcp-
' Mémoire sur les maladies des appareils sécréteurs des organes génitaux externes de la femme [Mémoires de l'Académie de médecine. Paris, f. XV, p. COo et suiv.).
pées, sont écartées l'une de l'autre : 1° par les petites lèvres, qui sont proportionnellement beaucoup plus considérables; 2" parle clitoris qui dépasse d'autant plus les grandes lèvres que l'embryon est plus jeune. Cette prédominance du clitoris est encore telle, à l'époque de la naissance, qu'elle a pu induire en erreur sur le véritable sexe de l'enfant.
ARTICLE VI
DU PÉRINÉE.
On appelle périnée tout l'espace compris entre l'anus et la commissure inférieure de la vulve. Sa longueur est de 2 centimètres et demi à .4, mais il se laisse en général assez facilement distendre, et peut, au moment du passage de la tête, acquérir jusqu'à 8 à 9 centimètres. (Pour le reste de la description^ voyez page 18.)
ARTICLE VII
ANNEXES DE l'APPAREIL GÉNITAL DE LA FEMME. § 1. — Crlaudes niauiinaires.
Les glandes mammaires sont sous-cutanées, et jointes à une grande quantité de tissu cellulaire graisseux. Une peau rosée et fine les recouvre vers leur centre, et constitue l'aréole qui est surmontée par une éminence plus ou moins marquée appelée mamelon ; rosée dans le jeune âge, cette aréole devient brunâtre avec l'âge ou pendant la grossesse. ^Voy. Diagnostic de la grossesse, p. 63.)
La structure des glandes mammaires se compose d'un tissu glandulaire formant une masse blanchâtre, dure, anfractueuse, perdue dans une couche cèllulo-graisseuse. Ces glandes peuvent se diviser en lobes, lobules et granulations, séparés par un tissu cellulaire presque fibreux. Ces caractères anatomiques sont surtout prononcés sur les femmes mortes pendant l'allaitement. Les lobes sont formés de lobules et les lobules sont constitués par les granulations-; ces dernières ont à peu près le volume d'un grain de millet, offrent une teinte rougeâtre ; ce sont des vésicules et non des corps solides (fig. 21, d'après M. J. Cloquet).
De chacun de ces groupes de vésicules naît un rameau canaliculé très-ténu et très-court qui s'ouvre dans le lobule. Le nombre de ces petits canaux est en raison de celui des vésicules qui constituent chaque lobule ; les vésicules v, v, v et les petits conduits qui leur ser-