‹ Traité pratique de l'art des accouchementsChapitre 32 sur 287 · DT] VAGIN · texte numérisé non relu

DT] VAGIN

Sa longueur est de 10 à 13 cenlimètres ; il est quelquefois beaucoup plus court, et peut aussi s'allonger davantage sous l'effort du spéculum.

Le vagin n'a pas les mêmes diamètres dans les divers points de sa longueur : son orifice inférieur ou vulvaire est la partie la plus étroite ; son extrémité supérieure a des diamètres bien plus considérables; du reste ce conduit est éminemment dilatable, et, de plus, douéd'une espèce de contraction vermiculaire.

La muqueuse qui tapisse le vagin est rougeâtre ou seulement rosée, et revêtue d'un épilhélium bien distinct, qui s'arrête sur les lèvres du col de l'utérus, la muqueuse qui tapisse l'intérieur de la matrice étant dépourvue d'épitbélium.

Cette surface offre sur ses deux parois, et particulièrement sur la paroi antérieure, surtout au voisinage de l'orifice vulvaire, des saillies transversales qui s'étendent toutes de chaque côté d'une ligne saillante, qui se prolonge, sous la forme d'un raphé médian, tout le long de la paroi antérieure du vagin ; celui de la paroi postérieure est beaucoup moins prononcé. On donne à ces deux raphés le nom de colonnes du vagin.

Les rides transversales du vagin, très-prononcées chez les vierges et chez les femmes qui n'ont pas eu d'enfants, s'eflacent en partie par le fait de l'accouchement à la partie supérieure du vagin, mais elles persistent toujours à la partie inférieure. Ces derniers plis sont constitués par des papilles extrêmement saillantes, recouvertes par la muqueuse; ils ne peuvent fournir, comme le fait remarquer M. Cruveilhier, à l'ampliation du vagin.

Structure. — Deux membranes, une extérieure et une intérieure, dont nous venons de parler; un tissu propre, des vaisseaux et des nerfs entrent dans la composition du vagin. La membrane extérieure est de nature fibro-celluleuse ; elle est en rapport, en avant, avec le bas-fond de la vessie et avec l'urètre, dont la sépare un espace triangulaire, à base postérieure et supérieure ; en arrière, elle appuie immédiatement sur le rectum au milieu, tandis qu'elle en est séparée, supérieurement et inférieurement, par deux intervalles triangulaires opposés par le sommet. Au niveau du premier, elle est revêtue par le péritoine; au niveau du second, elle est en rapport avec le tissu cellulaire pelvien. Sur les côtés, cette membrane donne insertion aux ligaments larges en haut, tandis qu'en bas elle est embrassée par les muscles releveurs de l'anus, les aponévroses et le tissu cellulaire du périnée. La membrane interne, comme je l'ai dit, de nature muqueuse, adhère avec le tissu propre du vagin.

Le tissu propre du vagin est interposé aux deux membranes précé-

dentés; il forme une couche plus épaisse inférieurement que supérieurement, et présente une couleur grise, rougeâtre; il est uni au col de l'utérus par un tissu cellulaire serré, mais il ne se continue réellement pas avec lui. M. Cruveilhier a très-bien caractérisé la nature de ce tissu, en le comparant au dartos.

Les bulbes du vagin, au nombre de deux, situés l'un à droite, l'autre à gauche de l'oriflce du vagin, commencent en arrière par une extrémité renflée, puis ils vont diminuant d'arrière en avant, et se réunissent sur la ligne médiane, entre le méat urinaire et le clitoris. Ce double bulbe du vagin, qui est constitué par un tissu érectile, analogue à celui du bulbe de l'urètre chez l'homme, communique largement, par plusieurs veines considérables, avec le tissu caverneux du clitoris; le muscle constricteur du vagin le recouvre et semble se mouler sur lui.

Les artères viennent de l'hypcgastrique, sous le nom de vaginales; les artères utérines y envoient aussi de nombreuses ramifications.

Les veines, très-multipliées et plexiformes, vont se rendre aux veines hypogastriques.

Les lymphatiques se rendent dans les ganglions pelviens.

Les nerfs viennent du plexus hypogastrique.

ARTICLE V

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