‹ Traité pratique de l'art des accouchementsChapitre 39 sur 287 · MODIFICATIONS DE L UTERUS ET DU PRODUIT · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DE L UTERUS ET DU PRODUIT

tache embryonnaire sont composées de deux feuillets adossés l'un à l'autre.

Peu à peu la tache embryonnaire s'accroît, et passe de la forme arrondie à la forme allongée ; puis elle s'élève de plus en plus audessus de la face externe de la vésicule blastodermique, et présente une convexité dirigée vers la membrane vitelline, et une concavité qui regarde la partie centrale de l'œuf. La cavité du blastoderme est alors divisée en deux parties distinctes : l'une embryonnaire, et Tautre constituant la vésicule ombilicale.

Au centre delà tache embryonnaire se montrent bientôt les premières traces de l'embryon, sous l'apparence d'une ligne plusfoncée. Une des extrémités de cette ligne se renfle bientôt, et sera la tête, tandis que l'autre reste plus ou moins étroite : c'est l'extrémité caudale.

A cette époque, il est facile de suivre le feuillet séreux de la vésicule blastodermique, et de le voir se continuer avec les couches les plus externes du corps embryonnaire, tandis que le feuillet muqueux en forme la couche interne.

Bientôt la partie de la couche externe du blastoderme qui avoisine l'embryon se soulève pour former autour de ce dernier, et surtout à ses deux extrémités, des plis que l'on distingue par les noms de capuchon céphalique et caudal. Ces plis de la portion externe du blastoderme s'allongent rapidement, contournent la région dorsale de l'embryon, et peu à peu finissent par se réunir sur la ligne médiane. Ainsi réunis, ils constituent la membrane amnios. D'abord ces plis sont presque en contact avec l'embryon, mais bientôt ils s'en trouvent séparés par un liquide (le liquide amniotique).

Le feuillet interne du blastoderme se continue toujours avec l'embryon dans tout le pourtour de sa large ouverture ventrale. Mais quanta la membrane amnios, elle se continue évidemment avec le feuillet séreux ou externe du blastoderme, et il ne peut en être autrement, puisque ces plis ont été constitués avec une portion de c-e. feuillet séreux du blastoderme.

D'abord cette membrane amnios est appliquée par sa surface externe au feuillet séreux ou externe du blastoderme ; mais bientôt elle s'en éloigne de plus en plus, et finit par se mettre en contact avec la vésicule vitelline, et par conséquent avec le feuillet interne ou muqueux du blastoderme. Un liquide particulier, muqueux, remplit l'espace qui existe alors entre la partie du feuillet externe du blastoderme qui s'est replié, c'esl-à-dire Tamnios et le reste du feuillet externe.

Suivant quelques auteurs, la vésicule vitelline et le feuillet séreux

du blastoderme se réuniraient pour former la membrane la plus externe de l'œuf, le cborion; ils fondent leur opinion sur ce que, bien avant la formation de l'amnios, ils ont rencontré sur l'exochorion ou la -vésicule vitelline les rudiments des villositésduchorion. Suivant d'autres^ la vésicule serait peu à peu résorbée pendant le développement du feuillet externe ou séreux du blastoderme, qui seul constituerait la membrane d'enveloppe.

Les deux capuchons céphalique et caudal, à leur point de contact, forment par leur adossement une espèce de pont membraneux qui réunit alors de chaque côté le cborion (i) avec l'amnios (A), mais peu à peu le pont membraneux disparaît, et l'amnios et le cborion sont complètement isolés.

L'amnios se continuant manifestement avec les parois abdominales de l'embryori tout au pourtour de l'espace ventral, qui en se resserrant constituera un jour l'ombilic, il n'est pas possible d'admettre que l'embryon soit, à aucune époque, indépendant de l'amnios.

Amesure quel'amnios se constitue, les bords de la tache embryonnaire se replient de plus en plus, et la concavité comprise dans ces bords devient de plus en plus profonde. Au fond de cette concavité, on rencontre le feuillet muqueux du blastoderme, qui devra constituer le canal intestinal, et qui, à cette époque, est représenté par une gouttière allongée communiquant largement avec la cavité de la vésicule ombilicale ou intérieure du feuillet muqueux du blastoderme. Cette gouttière, qui sert de communication entre la cavité intestinale de l'embryon et l'intérieur du feuillet muqueux du blastoderme, devient progressivement plus étroite, et c'est alors seulement que la vésicule formée par le feuillet muqueux du blastoderme, que j'ai déjà nommée la vésicule ombilicale, prend véritablement ce nom.

Vaisseaux omphalo-ynésenfériques. — On voitles vaisseaux omphalomésentériques se répandre dans le feuillet vasculaire de la vésicule ombilicale; ces vaisseaux sont : deux veines pénétrant dans l'embryon, et une artère qui en sort.

Allantoïde. — Pendant que s'accomplissent successivement les précédentes modifications que je viens d'indiquer, il s'élève de la partie inférieure du canalintestinal, où la vessie et le rectum sont confondus sous le nom de cloaque, une petite vésicule qui communique par un pédicule étroit avec la cavité de l'intestin : c'est la vésicule allantoïde, dont M. Coste a le premier constaté l'existence dans l'espèce humaine. Elle sort par l'ombilic à côté du pédicule de la vésicule ombilicale, s'accroît très-rapidement, et bientôt on la voit s'épanouir en forme de parapluie autour de l'embryon (fig. 37) et de la vésicule

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ombilicale, puis venir s'appliquer contre toute la surface interne du chorion.

Suivant les uns, les extrémités terminales des vaisseaux ombilicaux passent à cette membrane, et s'étendent même jusque dans les villosités développées à sa surface externe.

Bischoff n'a jamais rencontré dans l'espèce humaine cette transmission des vaisseaux de l'allantoïde au chorion, et pense que l'allantoïde ne se met en contact avec le chorion que par un point circonscrit de sa base.

L'œuf se compose alors :

1° D'un embryon ;

'-1° D'une quantité plus ou moins grande de liquide, au milieu duquel il nage;

3° De la membrane amnios, qui forme une gaîne aux organes qui sortent par l'ouverture ventrale ;

4° De la vésicule ombilicale placée entre l'amnios et le chorion, et dont le pédicule très-étroit communique cependant encore avec la cavité intestinale;

5° Des vaisseaux omphalo-mésentériques, qui appartiennent à la vésicule ombilicale ;

6° Du pédicule de la vésicule allantoïde;

7° D'un espace qui sépare l'amnios du chorion et qui est rempli par un liquide que M. Velpeau a nommé corps rétiforme ou réticulé, au milieu duquel est contenue la vésicule ombilicale.

Comme on le voit d'après la description ci-dessus, la cavité digestive ou interne de l'embryon est en contact immédiat et en communication directe avec la vésicule vitelline et son contenu le vitellus, qui, d'après toute probabilité, est sa première nourriture : c'est ce qu'on a appelé l'embryotrophe, et cette vésicule vitelline, comme on l'a vu aussi, n'est autre que la vésicule ombilicale, qui reçoit les vaisseaux omphalo-mésentériques.

Peu à peu l'embryon, en grossissant, s'isole de la vésicule vitelline ou ombilicale, de manière que les divers points de ses parois inférieures, se rapprochant de plus en plus, se resserrent sous forme d'un anneau (anneau ombilical), d'où part le canal vitellin ou omphalomésentérique, court d'abord et s'allongeant plus lard, par lequel le vitellus communique toujours avec l'intestin ; mais la vésicule ombilicale diminuant de volume à mesure que l'embryon se développe, le vitellus ne peut bientôt plusservird'alimentau petit individu, auquel un nouveau moyen de nutrition devient nécessaire : c'est alors que de la partie postérieure de l'embryon sort une expansion en forme de vésicule, sur les parois de laquelle se développent deux ramifica-

tiens des artères iliaques internes. C'est, comme je l'ai déjà dit, la vésicule allantoïde. Suivant les uns, dès que cette membrane est suffisamment développée, elle s'applique contre la paroi interne du chorion, le double, pour ainsi dire, et envoie de nombreuses ramifications de ses deux artères dans les villosités du chorion : ce serait là par conséquent l'origine des vaisseaux placentaires de l'embryon, et du placenta lui-même, complété, comme nous le verrons plus tard, par l'addition d'autres parties et vaisseaux qui viennent de la mère. Suivant Bischofif, au contraire, il n'y aurait, comme on l'a vu, entre la membrane allantoïde et le chorion qu'un point de contact limité.

Le placenta ainsi constitué sert seul, suivant toute probabilité, à la nutrition de l'embryon jusqu'à la fin de la vie intra-utérine, L'allantoïde ne semble donc être qu'un moyen de transport des artères de l'embryon au placenta, artères qui, avec la veine ombilicale, née du placenta, et le pédicule de la vésicule ombilicale dans la gaîne qui leur est fournie par une expansion du chorion et de l'amnios, constituent le cordon ombilical. Chez l'homme, une fois que les vaisseaux embryonnaires se sont assez développés, l'allantoïde devient inutile; aussi disparaît-elle de bonne heure, et n'en retrouvet-on ultérieurement aucune trace.

L'ouraque (pédicule de l'allantoïde) se transforme peu à peu, dans sa partie qui communique avec le rectum, en vessie urinaire, et, jusqu'à ce que cette transformation soit complète, la vessie à l'état d'ouraque aboutit au rectum, de sorte qu'il existe chez l'homme un cloaque transitoire (Coste), tant que cette communication n'est pas oblitérée. Comment admettre, d'après cela, que l'allantoïde soit le réservoir de l'urine, qui s'y rendrait par l'ouraque, surtout quand on sait que les reins ne commencent à sécréter l'urine qu'après que l'allantoïde n'existe plus comme vésicule? Il parait donc bien certain que l'urine est versée dans le cloaque; que, dès que les reins commencent à sécréter, ce liquide est d'ailleurs expulsé hors de la vessie par les voies génitales , dès que la vessie est constituée.

La caduque, ou l'épichorion, est le résultat d'une sécrétion de la surface interne de l'utérus; elle est épaisse dans les premiers temps, et formée de deux feuillets bien distincts, dont l'un, qui tapisse l'utérus, a reçu le nom de caduque utérine ; tandis que l'autre, qui est uni au chorion {fig. 263), est appelé caduque réfléchie; un espace, qui diminue à mesure que la grossesse avance, sépare ces deux feuillets. La manière dont la membrane caduque se comporte à l'égard de l'ovule a été l'objet de vives controverses. Voici le résumé des recherches les plus récentes faites à ce sujet.

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■ Arrivé à l'orifice utérin de ia trompe, l'ovule rencontre une substance produite par une exsudation particulière qui s'est opérée dès

{De 12 à 20 jours, grandeur naturelle, d'après M. Velpeau.)

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