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Terminaisons possibles de l'éclampsie

L'éclampsie se termine par le retour à la santé ou par la mort. Le retour à la santé est prompt ou tardif, suivant l'intensité des accès. La mort arrive elle-même d'une manière subite ou lente ; on l'a vue produite au fort d'un accès, par suite d'un violent raptus sanguin vers la tête, par une hémorrhagie intra-crânienne, par une suspension complète et trop prolongée de la respiration; l'asphyxie est déterminée, d'autres fois, par l'accumulation de mucosités écumeuses qui obstruent les ramifications bronchiques. La rupture de l'utérus a quelquefois produit la terminaison funeste.

La mort peut enfin arriver d'une manière lente, pendant le coma ; elle est alors la conséquence du trouble profond qu'a éprouvé le système nerveux. Elle peut aussi être déterminée par l'embarras progressif des fonctions des poumons et du cœur, qui ont été trop gravement altérées.

Cette affection peut se terminer encore par une autre maladie, aiguë ou chronique, telle que la paralysie et la métro-péritonite.

La paralysie est ordinairement la conséquence d'un épanchement qui n'a pas suffi pour déterminer la mort ; mais il est possible d'admettre qu'elle peut aussi être déterminée par une altération purement nerveuse.

Une malade de la Clinique étant morte hémiplégique à la suite de dix-sept accès éclamptiques très-rapprochés, à l'autopsie que nous fîmes (avec le plus grand soin), M. Landouzy, alors interne, et moi, nous ne trouvâmes aucun épanchement, aucun ramollissement, rien enfin qui pût expliquer la mort. Il est rare, en temps d'épidémie, qu'une femme qui a échappé à l'éclampsie ne soit pas prise d'une métro-péritonite quand l'expulsion du produit a eu lieu.

En eifet, l'éclampsie semble une prédisposition constante à une affection plus terrible encore.

Enfin, dans le cas de retour à la santé, on observe souventun phénomène des plus curieux: l'abolition complète de la mémoire, qui ne revient que peu à peu. Ce ne sont pas les faits les plus rapprochés, dont le souvenir devrait être le plus présent, qui reviennent les premiers à l'esprit de la malade : elle commence, au contraire, par se souvenir des faits les plus éloignés d'elle, de ceux qui se sont passés dans son enfance. J'ai vu, à. la Clinique, deux femmes chez lesquelles ce phénomène s'est manifesté ; une d'elles avait même oublié son nom, et elle ne se le rappela que plusieurs jours après son retour à la connaissance.

Une dame du faubourg Poissonnière, à laquelle M. P. Dubois donna des soins, avait tout à fait oublié le nom des rues, et même la topographie de Paris. On fut, pendant assez longtemps, dans l'obligation de la conduire. Elle jouissait, du reste, de la plénitude de ses autres facultés.

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