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Pronostic

Le pronostic de l'éclampsie est grave pour la mère, mais surtout pour l'enfant.

A. Pour la mère. — Une moitié des femmes succombe à cette affection, au dire de madame Lachapelle ^. Le relevé des cas que j'ai observés, tant en ville qu'à la Clinique d'accouchements, m'adonne un résultat plus favorable : il n'a succombé seulement qu'un quart des femmes affectées de cette maladie. En ville, je n'en ai perdu qu'une. Le pronostic varie suivant la cause qui a déterminé les convulsions, suivant l'époque de la grossesse, et suivant la marche des accidents.

Les convulsions sont beaucoup plus graves chez les femmes infiltrées. Cette gravité tient sans doute à ce que la saignée, les purgatifs et les antispasmodiques ne peuvent triompher de la cause la plus habituelle de cette infiltration ; de l'état pathologique encore mal connu, désigné sous le nom à' albuminurie. Ils n'en combattent que l'épiphénomène, le raptus sanguin vers le cerveau.

De plus, quoique le tempérament sanguin ne puisse être regardé comme une des prédispositions principales de l'éclampsie, il est bien certain cependant que, chez les femmes pléthoriques, les convulsions doivent être souvent suivies de congestions cérébrales et de paralysie.

1 Pratique des accouchements. Paris, 1825, t. III, p. 18 et suiv.

DES CONVULSIONS ET DE l'ÉCLAMPSIE. 19 1

Cette affection est plus grave chez celles qui n'ont jamais été atteintes d& cette maladie, chez les primipares aussi, parce que chez elles l'expulsion du produit s'effectue moins facilement : c'est pour cette raison, aussi, qu'elle est d'autant plus grave, qu'elle survient à une époque moins avancée de la grossesse, alors que le col de l'utérus n'a pas subi toutes les modifications convenables pour permettre un accouchement rapide. Elle est aussi plus grave après la délivrance, parce qu'on est privé du moyen de traitement sur lequel on doit le plus compter, l'extraction du produit.

Enfin, elle est d'autant plus grave que les accès sont plus prolongés, qu'ils sont plus rapprochés, que le raptus du sang vers le cerveau est plus considérable, et que l'état comateux qui leur succède est plus profond et dure plus longtemps. Chez les femmes nerveuses, quand l'accès a été déterminé par une émotion morale vive, chez les hystériques, les épilçpliques, les cataleptiques, l'éclampsie est moins grave ;^lle l'est aussi beaucoup moins quand l'époque avancée de la grossesse et du travail permet de vider promptement l'utérus.

B. Pour l'enfant, le pronostic est dçs plus fâcheux : il succombe le plus souvent quand les accès sont répétés ; il peut même succomber à la suite d'un accès court et léger. Dans le premier cas, la mort peut s'expliquer facilement : en effet, la circulation maternelle étant suspendue, l'hématose ne se fait pas, ou s'accomplit incomplètement;, et la mère envoie au fœtus un sang plus ou moins altéré. Mais, dans le second cas, quand l'enfant succombe à la suite d'un accès léger, sans que la mère soit asphyxiée, il faut bien attribuer sa mort à une autre cause.

La raideur particulière du cadavre d'un enfant expulsé mort au milieu de l'éclampsie, la méningite, les convulsions, quifont presque toujours périr quelques jours après l'accouchement l'enfant né vivant d'unemère éclamptique, affections dont il semble avoir puisé le germe dans le sein de sa mère, ne permettraient-elles pas d'admettre que le fœtus succombe dans l'utérus à une affection convulsive qui lui est communiquée par lamère?Et, comme il n'existe aucune communication nerveuse entre le fœtus et sa mère, il faudrait admettre que c'est le sang qui sert de véhicule au principe de la maladie.

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