INSTRUCTION
Pour les ouvriers, concernant l’appareil d’éclairage par le gaz (x).
O x ne saurait prendre trop de soin pour êter, à l'embouchure des cornues, toute communication avec l’air extérieur. On y parvient de la manière suivante : | Prenez de la terre glaise commune, sèche, pulvérisée et tamisée; ajoutez-y de l'eau jusqu'à ce que le tout ait acquis la consistance de la mélasse. Nettoyez l'embouchure et le couvercle de la cornue; mettez une couche légère de votre lut sur la partie retournée du couvercle; pressez-le doucement, et assurez-le ensuite en introduisant avec peu de force un coin de fer. Si l’ouvrier observe cette règle, l'instrument sera hermétiquement bouché; mais, au contraire, s'il s'y prend mal, s'il néglige d’enlever l’aneien lut, on perdra considérablement
(1) Ceci est tiré d’un avis imprimé de M. Clegg, pour l'instruction des ouvriers,
( 62 ) de gaz, on aura de la fumée et une odeur trèsdésagréable.
Les briques qui entourent les cornues ne doivent jamais être chauflées au-delà du rouge cerise ; on modère le feu en fermant la porte du cendrier, lorsqu'il devient trop ardent. Si les briques du foyer arrivaient à l'état d’incandescence, les cornues seraient bientôt détruites, etlon n’obtiendraitque detrès-mauvais gaz.
Le gazomètre doit être visité avec soin , au moins une fois par semaine ; et l’on s'assure , par le procédé suivant , s'il perd.
Pour cela , on fermele robinet principal, onfait une marque sur le gazomètre à la hauteur du niveau de l’eau, quand sa capacitéest pleine ou presque pleine de gaz, et quil n’en sort point de la cornue. Si le gazomètre s'enfonce au-dessus de la marque, c'est une preuve qu'il y a ouverture. Pour la découvrir, il faut faire le tour du gazomètre , afin des’apercevoir, par l'odeur , de l'endroit par où le gaze s'échappe. On applique une chandelle allumée à l’endroit où l’on suppose que se trouve la crevasse ; si le gaz s'allume et produit une flamme bleue , remarquez la place, puis continuez vos recherches jusqu’à ce que toutes les. crevasses. vous soient connues.
Si l'odeur décèle une ouverture, et que Île gaz quis'en échappe ne soit cependant pas assez abondant pour prendre feu, il vous reste un moyen pour vous en assurer : C’est de frotter , avec une brosse enduite de céruse, les environs de l'endroit que vous soupçonnerez d’être altéré. S'il y a une fente, le gaz qui s’exhale donne sur le champ une teinte brune à la céruse.
Lorsque les côtés du gazomètre ont été soigneusement examinés, et les crevasses reconnues , il faut trempér un morceau de toile dans de la poix fondue mêlée d’un peu de cire et de goudron; pendant que le morceau d’étoffe est encore chaud, vous l’appliquez à l’orifice de la crevasse avec l’extrémité du doigt, en frottant jusqu’à ce qu'il se soit refroidi.
Vous visiterez ensuite , de la même manière, la partie supérieure du gazomètre; s’il s'élève seulement de deux pieds au-dessus du réservoir inférieur , l'opération sera plus commode: L'eau du réservoir inférieur doit toujours être tenue à trois ou quatre pouces du sommet de Ja partie mobile du gazomètre. Si l’eau était plus basse , le gaz ne traverserait pas une quantité d’eau suffisante , et les parties huileuses détérioreraient les tuyaux, en y séjournant.
La seule précaution requise aux orifices des tuyaux conducteurs, c’est qu'il ne faut laisser toucher, sous quelque prétexte que ce soit, ni les lampes ni les tubes par d’autres personnes que par celles à qui le soin en est confié. Lorsqu’on n’a pas besoin d’une lampe, 1l faut l'isoler complètement du tube qui lui fournit du gaz, au moyen d’un robinet que l’on n’ouvre qu’au moment où l’on veut obtenir de la lumière. Il vaut mieux se servir, pour allumer les lampes, d'un morceau de papier enflammé que d’une chandelle, parce que le suif peut toucher l'orifice des tuyaux. |
Planche VI, fig. 1. Cette figure présente la structure de la charpente qui soutient le gazomètre ; elle consiste en morceaux de bois AAA entremêlés des verges de fer BBB , etc. La charpente est tellement disposée, que le gazomètre peut flotter horisontalement dans le réservoir inférieur, et par conséquent se tenir constamment au niveau de l’eau.
Les autres détails de cette planche sont diverses sortes de tuyaux employés comme conducteurs du gaz. On y voit aussi les moyens % les lier entr'eux.
La figure 2 représente une section longitudinale des tuyaux à emboïtement : ce sont les
(65) principaux conducieurs du gaz. A..s'emboîte dans B. Les tuyaux sont unis ensemble; ils sont privés de communication avec l'air extérieur , au moyen d’un ciment de himaille defer, dont voici la composition : Fe )
Prenez deux onces de sel ammoniac, une once de fleur de soufre et seize onces de limaille-fonte. Mêlez le tout ensemble, pilez ce mélange dans un mortier, et conservez, bien sèche, la poudre qui en résulte.
Lorsqu'on veut faire usage du ciment, il faut prendre une partie de cette poudre et vingt parties de limaille-fer, que l’on unit intimement en les pilant dans un morüer. Humectez le mélange avec de l’eau, et lorsqu'il aura la consistance convenable, vous l’appliquerez sur les jointures avec une spatule de bois ou de fer, émoussée. |
Les personnes initiées dans la science de la chimie, n'auront pas de peine à comprendre le genre d'action et de réaction qui a eu lieu parmi ces ingrédiens et avec la surface des instrumens de fer, de façon à unir tout en une seule masse. Il résulte de cet amalgame , une sorte de pyrite contenant une proportion considérable de fer, et dont toutes les parties ont
une forte adhérence. |
L'intérieur du tuyau à emboïtage ne doit pas avoir plus de diamètre qu'il n’en faut pour recevoir l’autre. Celui-ci soutient le tuyau indépendamment du ciment, et prévient les dommages qui résulteraient d’un frottement trop violent au-dehors. Le foyer intérieur a ordinairement deux pouces et demi de profondeur; le tube intérieur s’y insère à la profondeur d’un pouce et demi. Quelques ouvriers donnent au tube extérieur, c’est-à-dire à celui qui contient le ciment, six pouces de profondeur, et à tous les tuyaux plus de six pouces de diamètre. Ils font aussi descendre les emboîtages des tuyaux moindre de six pouces, autant qu'ils ont de diamètre. On a coutume de laisser tout autour du tuyau à emboïter, un intervalle d’un pouce à un pouce et demi, pour le ciment. Par ce moyen, le ciment pénètre mieux dans la jointure , ce qui n’arriverait pas, si l’espace était trop étroit. D'un autre côté, lorsque l’espace est trop large, on fait un emploi inutile de ciment, et il y a plus à craindre ces inconvéniens d’une expansion inégale.
La figure 5 présente, de profil, ces deux tuyaux unis ensemble. Les tuyaux à emboîtage pourraient éclater par une trop grande dilatation. Le risque de cet accident est augmenté,
(67) st on laisse trop d’espace pour le ciment entre l’un et l’autre tuyau.
La figure 4 représente une section longitu+ dinale des deux tuyaux à brides, et la manière de les unir. A et B sont une parte des tuyaux, C et D les brides. Ces tuyaux sont unis et fermés hermétiquement par l’interposition, entre les brides, de filasse, d’étoupes, ou d’auires matières molles, et enfin de ciment de fer. On attache solidement les brides, au moyen de boulons et d’écrous.
La figure 5 est une yue de profil des mêmes tuyaux unis ensemble. A et B sont les tuyaux , Cet D sont les rebords, E et F les bordelons.
La figure 6 représente la méthode de joindre les tuyaux à emboïtage, lorsqu'ils doivent former un coude ou un circuit, Cette méthode est excellente, lorsque l’on connaît d'avance l’endroit où le coude doit avoir lieu, et que les tuyaux ont été fondus en conséquence,
La figure 7 offre une méthode d’unir les tuyaux à emboîtage, lorsqu'ils sont obligés de. décrire une portion de cercle. À et B sont les jointures des tuyaux.
La figure 8 est une section longitudinale du mode de réunir les tuyaux, au moyen de ce qu'on appeile une joënture à dé. Les join-
( 68 ) tures de ces tuyaux sont fermées herméuquement avec du ciment de limaille de fer. À est le dé , ou petit cylindre, avec un rebord saillant qui réunit les tuyaux B et C.
La figure 9 est une jointure à dé, en deux parties , dont on fait quelquefois usage. Les extrémités des tuyaux sont réunies par des boulôns et des écrous, à la manière ordinaire.
La figure 10 est une section de la même jointure.
La figure 11 est une vue de profil de ce qu'on nomme joënture à selle : on s'en sert pour les tuyaux d’embranchement. Le/tuyau d’embranchement porte à son extrémité un appendice AB, lequel fait le demi-tour du tuyau où il s'adapte. C est la partie qu'on nomme la selle, et qui fait l'autre demi-tour du tuyau. Les extrémiLés sont réunies par des boulons et du ciment de fer : ainsi, lorsqu'on veut appliquer un tuyau d'embranchement à un endroit quelconque du tuyau conducteur, on y fait un trou, et l’on y place le nouveau tube. Si l’on craint une trop grande inégahité d'expansion , il faut appliquer, à certains endroits des jointures, un simple enduit de filasse et de suif; mais presque toujours on peut em-
ployer le ciment de fer. On remplit souvent
( 69) les joints avec du plomb, quoique le ciment Soit moins cher et d’une réparation plus facile. L'action galvanique qui s'exerce entre le fer et le plomb, produit bientôt des crevasses dans les jointures , et le danger est augmenté par l'inégalité d'expansion des deux métaux.
La figure 12 est la section de la joiture à selle. | |
Avant de faire entrer le gaz dans les tuyaux, il faut s'assurer qu'ils font bien leur service, en y versant de l'eau. Les tuyaux principaux doivent être assujettis d’une manière extrêmement solide. Il faut que leur course soit rectiligne , et que leur pente soit d'environ un pouce par neuf ou dix pieds afin que l’eau de condensation déposée par le gaz, à cause du changement de température, se rassemble dans les endroits les plus bas.
La figure 13 montre un réservoir pour l’eau de condensation qui s'accumulerait dans Île tuyau. C’est un réceptacle À dans lequei l’eau est forcée de s’écouler. B est un tuyau d'embranchement fermé à l'extrémité. On en tire l'eau à l’aide d’une petite pompe aspirante. Ce réceptacle est placé dans les endroits où les iuyaux sont inclinés l’un vers l’autre.