‹ Traité pratique de l'éclairage par le gaz inflammable contenant une description sommaire de l'appareil et du mécanisme employé pour l'illumination des rues, des maisons et des manufactures ... à l'aide du gaz hydrogène carburéChapitre 14 sur 28 · LUN UV AU AU NU A NU AAA UANUAUNNAUUUAUUUA TZ · texte numérisé non relu

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NOTICE

Sur la production du gaz de la houille , sa composition chimique , les effets qui en résultent, et remarques-pratiques sur la meilleure méthode de l'obtenir.

IL, houle, ou charbon de terrre, est composée d'hydrogène, de carbone et d’oxigène.

Lorsque l'intensité de la chaleur à laquelle le charbon est opposé est parvenue à un certain degré , une partie du charbon s’unit avec une partie de Foxigène, et produit de l'acide carbonique , lequel est réduit à l’état gazeux, et en forme du gaz acide carbonique, par le moyen du calorique. En même temps, une partie de l'hydrogène du charbon se combine avec une autre portion de carbone et de calorique , et forme Îe gaz hydrogène carburé :

celui-ci varie considérablement dans sa nature, suivant les circonstances qui accoinpagnent sa producuüon. On obtient aussi, par le même procédé, des portions de gaz oléfiant, de gaz oxide de carbone, de gaz hydrogène et d’hy-

(71) drogène sulfuré. Les quantités de ces produits différent selon la qualité de la houille.

Le charbon de terre n’est pas la seule substance qui fournisse l'hydrogène carburé. On obtient aussi ce fluide gazeux par toutes sortes de moyens, et avec des différences notables, soit pour la pesanteur spécifique , soit pour la proportion des ingrédiens.

Ce gaz se trouve tout formé à la surface des eaux stagnantes des marécages et de l’eau croupissante des fossés. En examinant de près la superficie de ces eaux, on voit se dégager de grosses bulles , et on en augmente aisément le nombre, en remuant le fond avec un bâton.

Si, à la nuit, on approche une chandelle allumée de cette même eau, l’on y voit une flamme d’un bleu pâle s’allumer tout à coup, et se propager à une distance considérable.

Les feux-folleits sont produits de cette manière. Cette espèce de gaz est distinguée sous le nom d'hydrogène carburé des marais. Dans le plus grand état de pureté où l’on puisse lobtenir , il est mêlé d'environ vingt parues sur cent , d'azote ou de nitrogène.

Si l’on veut recueillir une certaine quantité de ce gaz pour des expériences, il faut remplir une bouteille à large goulot avec de l’eau du

(EP marais, et la tenir renversée avec un entonnoir dans le goulot. Si vous remuez ensuite, avec un bâton , la vase au-dessous de l’entonnoir,ils’en dégagera des bulles d'air qui entreront dans la bouteille , et finiront par la remplir en entier.

Le gaz hydrogène carburé est encore produit en abondance par toutes sortes de substances végétales, lorsqu'elles sont exposées à une Chaleur assez forte pour les décomposer.

Ces matières, échauflées dans des vaisseaux clos , produisent plus de gaz que si on les brüle à l'air libre. Le charbon de bois humide étant placé dans une cornue de grès, et fortement chauffé , laisse échapper un gaz composé en partie d'acide (1) carbonique, eten partie d'hydrogène carburé. Ün gaz, tout semblable, est le résultat de vapeurs aqueuses que l’on fait passer dans un tube de fer rempli de charbon de bois allumé. L'esprit de vin ou le camphre en produisent encore, en passant dans des tubes rougis au feu. Enfin , la distillation des huiles, du bois , de la chair des animaux, de la cire, du suif ou des autres substances, soit animales, soit végétales, produit le même résultat.

(1) D’acide carbonique et d'acide acétique.

On ne finirait pas, si l’on voulait énumérer toutes les substances d’où l’on peut tirer ce fluide inflammable. MM. Van-Dieman , Troostwick et d’autres chimistes hollandais s'étant réunis pour faire en commun des expériences , ont découvert une variété extrêmement curieuse d'hydrogène carburé ; ils le tirent aussi de l’éther ou de l’alcoho!. Ce gaz a la propriété remarquable de produire une huile pesante, lorsqu'on le met en contact avec le chlorine ou gaz muriatique oxigène. De-là , ils Pont nommé hydrogène carburé huileux, ou gaz oléfiant.

Il consiste en hydrogène carburé , supersaturé de carbone. L'huile qu'on obtient par le mélange avec le chlorine, est plus pesante que Veau, blanchâtre et demi-transparente; en la conservant , elle devient jaunätre et limpide. Son odeur est forte et pénétrante; sa saveur est douce. Elle est en partie soluble dans l’eau , et [ui communique son odeur. Une portion de ce gaz accompagne toujours l'hydrogène carburé commun, tiré dela houille; et les qualités de charbons de terre qui en produisentla plus grande quantité, sont les plus appropriées à l'éclairage.

La nature du gaz tiré du charbon de terre ; varie considérablement encore suivant le pro--

cédé de la distillation. La première parte est toujours plus pesante que la dernière, quoiqu'elle ait plus de légèreté que l'air commun, et elle tient en dissolution une certaine quanuté d'huile. En eflet, le gaz, en séjournant quelque temps sur l’eau, devient plus léger, et 1l faut moins d'oxigène pour le saturer qu'il n'en aurait fallu d’abord. L'huile, suspendue dans le gaz, se précipite et cesse d’en faire partie. La pesanteur spécifique du premier et celle du dernier gaz mélés ensemble, sont, relativement à l'air commun, comme deux à trois.

Cent douze livres de charbon de terre, dit canel-coal commun, produisent au moins de trois cent cinquante à trois cent soixante pieds cubiques de gaz hydrogène carbure ; mais la même quantité du meilleur charbon de Newcastle, celui qui a la propriété d’entrer dans une sorte de demi-fusion lorsqu'on l'expose sur le feu, et de produire des jets brillans de flamme, fournit environ trois cents à trois cent soixante picds cubiques du même gaz, Outre une quantilé considérable d’hydrogène sulfuré , d’oxide de carbone et d’acide carbonique.

Un demi-pied cube de ce même gaz hydro-

gene carburé, nouvellement préparé, c’est-àdire tenant encore en dissolution, ou suspension , une certaine quantité d'huile essentielle, engendrée pendant le dégagement du gaz, a la même intensité d'illumination que cent soixante-dix à cent quatre-vingt grains de suif. C’est la même quantité consumée dans une heure par une chandelle de six à la livre.

Une livre (1) d'Angleterre (avoir du poids) contient sept mille six cent quatre-vingt grains, et par conséquent une livre de chandelles, de six à la livre , brûlant l’une après l’autre, dureraient quarante heures , à raison de cent soixante-quinze grains de suif par heure(2). Pour obtenir la même lumière, il faudrait brûler par heure un demi-pied cube de gaz ; en sorte que vingt pieds cubes de gaz, en quarante heures , produiront le même effet que six chandelles successivement allumées.

Cent douze livres de charbon donnent au

(1} On a laissé subsister, dans cette traduction ; les poids et mesures anglais ; mais Les proportions resteront presque les mêmes, vu que le pied et la livre anglais ont à-peu- près un douzième de moins que ceux de France. ( Note du trad.)

(1) Foyez l'enquête devant le parlement en, 1809. {Note du trad. )

moins trois cent cinquante pieds cubes de gaz; trois cent Cinquante étant divisés par vingt, nous trouvons que cette quantité représente dix-sept hivres et demie de suif.: De plus, cent douze livres de charbon , divisées par dix-sept livres et demie de suif, présentent pour résultat six livres £ de charbon égales à une livre de suif,

Quant au charbon de Newcastle (1), al est bon d'observer qu'un chaldron de la houille de Wallsend peut produire, en grand, plus de onze mille pieds cubes de gaz brut, lequel, étant convenablement épuré, se réduit à environ dix mille pieds cubes.

La production du gaz, eu égard à la quantuté ou à la qualité du même charbon, dépend beaucoup du degré de température sous lequel la distillation a lieu. Si le goudron et lhuile produits pendant le dégagement primitif du gaz se trouvent en contact avec les parois des cornues chauflées au rouge , ou si on les fait passer par un cylindre de fer, ou par un autre

(1) Le chaldron de charbon de Newcastle pèse de deux mille huit cent cinquante à deux mille neuf cent soixante-dix-huit livres { poids anglais), ou deux mille six cent trente-huit à deux mille sept cent cinquantesept livres (françaises ).

(77: ) vaisseau également rouge , une grande portion de ces substances se décompose, soit en gaz hydrogène carburé, soit en gaz oléfiant. Ainsi l’on obtient, par cette précaution, un volume beaucoup plus considérable de gaz que n’en fournirait autrement la même quantité de houille (1). | £

Il ne faut donc pas pousser trop vite la disullation du charbon de terre, si le dégagement du gaz en est le principal objet. La plupart des .cornues, employées en grand , peuvent contenir environ un quintal pesant de charbon de terre, et, en général, lorsqu'elles sont préalablement échauffées , elles produisent de deux et demi à trois pieds cubes de gaz en quatre heures (2) de temps, pour chaque livre de charbon qu’elles renferment. Mais lorsque le charbon ne s’y élève pas à plus de quatre pouces , l’'émanation du gaz , dans le même espace

(1) Une livre de goudron tiré de la howille, produit quinze pieds cubes d'hydrogène carburé , abondant en gaz oléfiant (*). ;

(2) Il faut bien-cinq à six heures, même quelquefois huit heures , selon les saisons. (Vote du trad.) |

(*) Dans les expériences publiques que fit M. Brande, profes-

seur de chimie à l’Institut royal , une livre de ce goudron a produit jusqu’à vingt pieds cubes de gaz, { Note du trad, )

de temps, peut être de trois et demi à quaire pieds cubes.

Les cornues les plus convenables ont de sept à huit pieds de long, sans compter l’embouchure, douze pouces de diamètre à la basé, et dix à l'ouverture. Si elles étaient plus vastes, le charbon de terre ne s’échaufferait pas assez. La nécessité d'observer les justes proportions, est plus importante qu’on ne saurait l’imaginer ; elles influent beaucoup sur la quantité et sur la qualité du gaz. Si les cornues sont à peine rougies par l'intensité du feu, le gaz qui en émane ne jette qu'une faible lumière ; avec un peu plus de chaleur , les becs des lampes répandent une clarté plus vive. Enfin, au rouge cerise, le gaz brûle avec une flamme blanche et brillante. Mais si l’on se jette dans un autre extrême, si la cornue est rougie à blanc, et toute prête à se fondre, le gaz ne brûle plus qu'avec une flamme bleuâire, et éclaire très-mal (1).

Lorsque le charbon est rempli de pyrites ou de sulfure de fer, ce qui est quelquefois le cas du charbon de Newcastle, il se dégage en

(1) Ce fluide est alors un mélange d’oxide de carbone et de gaz hydrogène.

même temps une certaine quantité d'hydrogène sulfuré. A la vérité, le gaz n’en éclaire que mieux, mais il a le désavantage capital de produire une odeur insupportable et suffoquante, sur-tout dans les appartemens qu'on veut 1lluminer de cette manière.

Ces observations s'appliquent également à la distillation du goudron, soit qu'on le distille dans son état de vaporisation et tel qu'il sort de la houille exposée au feu , soit qu’on le soumette à une seconde opération avec une nouvelle portion de houille. On a recours à cette méthode , lorsqu'on ne peut en disposer d’une manière plus avantageuse.

IL faut que le charbon soit dans les cornues, à la profondeur d'environ six pouces, pour donner le meilleur gaz, eten fournir le volume le plus considérable dans le temps le plus court possible.

La clarté de la flamme diminue lorsque le gaz a été tenu trop long-temps sur l'eau. Il faut donc s’en servir pour lillumination, à mesure qu'il se dégage; mais toutefois aprés l'avoir convenablement épuré.

La quantité de gaz absorbée par l’eau, diffère selon la température , qui en augmente ou diminue l’élasticité. Plus la température est

( 50 ) forte, plus l’absorpuon est moindre. L'eau du gazomètre absorbe régulièrement + de gaz pur.

Pour reconnaître la composition chimique de ce fluide gazeux, il faut le brûler avec du gaz oxigène, sous une cloche à moitié remplie d'eau de chaux, et placée sur le réservoir pneumatique, On introduit le gaz au moyen d’une vessie et d’un ajustage de cuivre recourbé. Les produits qu'on obtient ainsi, sont de l’eau et de l'acide carbonique. La formation de l’eau est évidente lorsqu'on brûle un petit filer de gaz dans un long tube ouvert à ses deux extrémités. La formation de l'acide carbonique se manifeste par la précipitation de la chaux.

Si l'hydrogène carburé est mêlé avec une quantité suflisante de gaz oxigène ou d'air comnmun, et embrâsé par l’éuincelle électrique, ou par toute autre méthode, 1l se fait une explosion plus ou moins violente, suivant la quanuté de carbone qui se trouve condensé en hydrocarbonate. Le reste du gaz est de l'acide carbonique avec la partie non consumée de Voxigène. L'eau qui s'est formée pendant expérience, se résout en globules sur les parois du vaisseau. Pour que l'explosion n'ait pas de suites fâcheuses , il faut n'employer que

quelques pouces cubes de ces fluides aëriformes : encore, sil y avait du gaz oléfiant , les vaisseaux de verre les plus épais pourraient être brisés par la moindre quantité. Au moment de l'explosion, il parait une flamme rouge et trés-vive; une dilatation considérable a lieu ; mais bientôt le volume du gaz se trouve diminué de beaucoup. Lorsque l'acide carbonique a été absorbé par l’eau de chaux, et que le gaz a été mélangé dans de justes proporuons , il ne reste plus aucun gaz.

| Quoique l'hydrogène carburé s’engendre naturellement dans les mines de charbon de terre, et que mêlé à l'air commun il produise quelquefois de terribles explosions ; cependant ; lorsque le gaz distillé est mêlé avec l'air commun , il n’y a point d'explosion à craindre, à moins que la proportion du az né soit à celle de l'air atmosphérique, environ de un à dix:

Tels sont les effets chimiques de ce produit gazeux (1). Toutes les variétés d'hydrogène car-

(1) I n’y à qu’un mélange subit de cinq à dix parties d’air avec une partie de gaz, qui, par l’inflammation , puisse faire explosion ; lorsqu'il y a dix parties d’air elle est tres-faible , et très-forte au contraire quand il y a cinq parties d’air. Six mille pieds cubes de gaz mêlés avec de l'air en proportion convenable, font une explo:

(82) buré sontinflammables, mais ellesnepossédent point cette propriété au même degré, ainsi qu’on le voit par le plus ou moins de clarté de la flamme.

Messieurs Sobolewsky et Horrer de St.-Pétersbourg , se sont servis de bois pour la production du gaz hydrogène carburé. L’acide : pyroligneux obtenu dans cette distillation, peut s'appliquer aux mêmes usages que le vinaigre , lorsqu'on l’a dégagé de l'huile empyreumatique à laquelle il se trouve mélangé. Une corde cube de bois, égale à deux mille un cent trente-trois livres de France (le mètre de France est un peu plus qu’une verge anglaise), produit deux cent Cinquante-cinq livres de charbon ( poids de Paris) et soixante-dix seaux d'acide. Ce même acide, après l’extraction de cinquante seaux de bon vinaigre, donne trente livres de goudron. La même quantité de bois fournit cinquante mille pieds cubes de gaz, ce qui suffit pour

sion égale à celle que produirait deux barils de poudre à canon; par conséquent vingt-six + pieds cubes de gaz font le même effet qu’une livre de poudre. Il n’y a aucune explosion à craindre toutes fois que l’air n’est pas dans une des proportions indiquées, et qu’on ne l’enflamme pas sitôt après le mélange. ( Vote du trad.)

entretenir quatre mille lampes(r) pendant cinq heures (2).

(1) L'auteur ne dit pas ce qu’il entend ici par lampe. Îl paraît que celles dont il parle consomment deux pieds “et demi cubes de gaz par heure; d’après le calcul ordinaire, les lampes d’Argand ou les quinquets usent quatre pieds cubes de gaz par heure, par conséquent les cinq mille pieds cubes de gaz n’entretiendraient que deux mille cent quinquets pendant cinq heures. (Voie du trad. ) |

(2) Voyez le recueil intitulé Repository of arts, t. 14, n° 36, pag. 341. |

( 84 ) RÉ RC LT RS pen ut

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