‹ Traité pratique de l'éclairage par le gaz inflammable contenant une description sommaire de l'appareil et du mécanisme employé pour l'illumination des rues, des maisons et des manufactures ... à l'aide du gaz hydrogène carburéChapitre 5 sur 28 · CE · texte numérisé non relu

CE

Le même témoin dépose que deux chaldrons de charbon de terre sufliraient pour éclairer huit cents lanternes de M. Winsor pendant onze heures, en supposant que chaque lanterne contient trois flammes de trois pouces de long, et que chaque flamme donnât dix-huit fois plus de lumière que les lampes ordinaires. IL

dit que, pour estimer les lumières l’une par rapport à l’autre , il s’est servi du principe connu ; que l'intensité de la lumière décroit comme les carrés des distances ; par conséquent , ayant deux lumières d'inégales forces, qui éclairent une même surface plane sous la même inclinaison, si l’on place un corps opaque entre ces deux lumières et la surface, les ombres seront inégales, puisque l'ombre produite par la plus forte lumière, qui doit être elle-même la plus intense, sera éclairée par la lumière la plus faible ; mais s1 l’on recule les corps lumineux jusqu'à ce que les ombres soient égales, en mesurant les distances et prenant le rapport inverse de leur carré, on aura le rapport des intensités des lumières.

M. Bridges dépose qu’il a surveillé sept expériences sur la distillation du charbon de terre, faites dans l'appareil de M. Winsor; que les scellés étaient sur les fours, et qu'il avait eu pendant tout le temps les clés de tous les compartümens ; que la quantité de charbon employée dans les sept expériences était de vingtquatre boisseaux et demi; qu'ils donnèrent cent quatorze pintes de liqueur ammoniacale, et cent quatorze trois quarts de goudron.

M. Pedder dépose qu'il y a déjà quelques

(4) temps qu'il est employé comme procureur, paf la Société, qui demande un bill du parlement; que la dépense depuis le 9 novembre 1807, jusqu'au 15 mai 1808, se monte à 5,175 liv.

sterling; qu'il n’est pas bien sûr de ce qu’on a employé depuis ce temps, mais qu'il pense que, pour les tuyaux, le charbon et les expériences , on a pu débourser à peu près 1,201 livres sterling. ne

Vendredi 12 mai 1809.

M. Warner Philipps dépose qu'il est secrétaire de la compagnie d’assurance contre l'indie (dite Ælbion), qu'il a examiné l'éclairage à gaz dans la manufacture de M. Lee à Manchester, qu'il lui a paru diminuer beaucoup les dangers qui accompagnent tous les autres sys= tèmes d'éclairage.

Plusieurs témoins, MM. Ch. H. Turner, Beng Colle de Lee et autres sont interpellés. Leurs dépositions sont à l'avantage de l’éclairage par le gaz.

MM. Birch et Lawson font l'éloge du goudron et du coke qui proviennent de la composition du charbon de terre.

Lorsque nous nous présentâmes devant le

ER | parlement en 1816, pouf avoit üuh troisième bill, on fit une nouvelle enquête dont voici un extrait :

EXTRAIT

Du comité denquéte ; au sujet d'un troisième bill, pour incorporer la compagnie royale d'éclairage à perpétuité etaugmenter ses privilèges.

À la chambre des communes, lé 21 mai 1816. °°!

M. Down, tenantun grand magasin de soieries dans Leicéstérsquare , dépose qu'il a six becs de lumière dé gaz ! remplaçant oûzé becs d'huile: les prémiers Iui coûtent vingt-quatre livres ster- Eng, tandis qu'il dépensäit quarante-une livres sterling par an quand il se servait d'huile ; : dé plus , il épargne une personne qui lui coùtérait dé quinzé à seizé Shillings ( dix-huit à dix-néuf francs ) par semaine, pour nettoyer et soignér les onze quinquets ; il économise encoré bien plus sûr les dégâts que l’huïile ne manque jamais d’ occasionner. Il peut servir ses pratiques la nuit comme le jour, Dern comparer etdistinguer les couleurs, cé qu iln'avait jatnats . pu fatrejusqualors.

M. Taylor, fabricant de peignes ù dépose qu'il ne payé pour le gaz que dix-neuf liv. stérl.,

( 50 ) tandis que l’huile et la chandelle lui coûtaient vingt-huit liv. sterl.

M. Smith , fabricant de SE , dépose qu'il se sert de quatre becs de gaz à seize liv. sterl. par an, tandis que l'huile lui cottait trentedeux liv. sterl. ; qu'il épargne, en outre, deux à trois heures d'ouvrage de lampes, qui occasionnaient, quatre à cinq fois par hiver, beaucoup de dégâts sur les marchandises ; quil ne reprendra jamais l’usage del’huile, quand même il aurait pour rien : qu'il brülait autrefois la meilleure huile , et soignait ses becsavec la plus grande attention, tandis quil n'a plus besoin de prendre aucune peine depuis qu'il se sert de gaz, et qu'il l’'emploierait encore si le prix en était doublé ou triplé. ch

M. John Harris, tenant un grand magasin de tapisseries , dépose qu es avait toujours grand nombre de quinquets entretenus avec de la bonne huile; que, pour porter dela lumière d’un côté et de l’autre, il usait beaucoup de chandelles, mais qu'avec le gaz il peut servir ses pratiques aussi bien la nuit que le jour ; que la dépense est bien moins forte; quele gaz, par la lumière qu'il répand.en brülant, donne bien plus de vigueur aux couleurs de ses tapisseries, qui paraissent beaucoup plus brillantes ;

(br)

qu'il trouve plus de sûreté contre l'incendie ; à se servir de gaz que de tout autre éclairage ; ayant souvent trouvé après minuit des lampes ou des chandelles mal éteintes, qui brûlaient encore, tandis qu'on peut éteindre le gaz.en fermant le conduit principal; qu'il évite les dégâts causés par les chandelles et l'huile; qu'il économise l’ouvrage d’une personne, à une guinée par semaine , pour soigner les lampes ; que la seule chose qu'il a à faire, c’est de mo-: dérer la lumière quand les autres magasins et boutiques sont fermés; mais qu'il n’a jamais besoin de l’augmenter : qu'il trouve une économie d'une hivre sterling par jour, et qu'il jouit de dix fois plus de clarté. |

Mercredi 22 mai.

M. John Armstrong, exempt de police du bureau de Worspstreet, « dépose qu'il considère que les individus suspects peuvent être : reconnus plus facilement dans les rues éclairées par le gaz : que les gens habitués à ‘couper les carreaux des boutiques pour voler, n'osent pas. le tenter par-tout où 1ls trouvent des lumières à gaz : les vols dans les rues deviennent plus rares , et les voleurs sont poursuivis avec plus : de facilité; il pense que la lumière à gaz est.

d’un grand secours aux exempts de police ; qu'il serait à désirer que les petites rues fussent aussi éclairées par le gaz ; que sa clarté empécherait les fripons de voler : il dit qu'il n'a pas d'intérêt dans la compagnie ; qu'il demeure sans crainte à Norton-Falgate , à côté d'un foyer d'éclairage qu'il regarde comme une des constructions Les plus admirables. »

M. Gillmare, exempt de police à Queensquare, dépose « que la lumière à gaz est beaucoup supérieure à l’autre ; qu'il peut parler d’après sa propre expérience; qu'il en a eu des preuves en deux occasions. Un soir un homme fut renversé par un coup , dans Palace-Yard ; on lui prit treize shillings et tout ce qu'il avait sur Jui; aussitôt qu'il lui fut possible de se relever, il donna l’alarme et l’on prit les deux voleurs : la clarté du gaz le mit à même de désigner et d'identifierleurs personnes, pour les faire metire en accusation.

« La seconde preuve que j'eus de la supériorité de cette lumière, fut le 28 avril dernier. Après dix heures du soir, dans la cour du passage des gardes à cheval, une foule de personnes sortant de St.-James Park, y furent momentanément enfermées , et attendaient leur sortie , quand à l'autre extrémité de la cour je

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découvris , par la clarté du gaz, trois jeunes gens qui me paraissaient être des voleurs de poches; aussitôt que les grilles furent ouvertes je les fis arrêter, et je trouvai sur eux dés choses volées ; ce fut à la clarté seule de la lumière que je pus reconnaitre des1 loin les traits des voleurs. Les trois cinquièmes des lampes à huile sont éteintes avant minuit dans les rues; et quand, dans l'hiver , les éclaïreurs vont faire leur ronde pour rafraîchir les mèches, les friponsempruntentleurs échelles pour consommer leurs déprédanioss,

« Les lumières à gaz brülentdepuis ler moment où on les allume jusqu'a l'aurore, sans interruption; etaprès dix et onze heures du soir, quand les boutiques sont fermées , 1l y a autant de clarté que dans le jour. Le palais du marquis de Dowshire fut volé récemment par le moyen d’une échelle d’éclaireur de lampes à l'huile. »

Chambre des communes, le 23 mai 1816., .

M. Pedder, secrétaire avoué de la compagnie , dépose que, dans le moment actuel, il y a une étendue de trente milles de tuyaux principaux fournis par le gaz; que les applicaüons qu’en font les propriétaires des maisons, sont beaucoup augmentées depuis l'année der-

nière ; qu'on reçoit tous les jours de nouvelles sollicitations des endroits où les tuyaux passent; qu'il est de toute nécessité d'augmenter le capital pour continuer à fournir le gaz pendant l'hiver prochain ; qu'on avait solhcité originairement un capital de 500,000 livres sterling (1), mais qu'alors 1l existait encore, dans l'esprit des législateurs, bien des doutes sur la possibilité de l'exécution d’un tel plan ; que le capital demandé avait été réduit à 200,000 liv. sterl. pour faire la grande expérience qui devait désormais gaidér les procédés de la compagnie , et à laquelle on n'avait accordé qu'une durée de vingt-un ans, parce qu'on pensait que la Société ne pouvait plus avoir lieu, si l'expérience manquait ;

Que la compagnie n'aurait jamais entrepris l'éclairage des rues, sans celui des maisons particulières, qui devait rembourser les dépen-

que, dans l'origine , l'intention des législateurs avait été de donner une charte à per-

(1) Le plan de M. Winsor indiquait un million de liv. sterl. ; mais son comité a réduit sa demande à la moitié, et le parlement n’accorda, en 1810, que 200,000 hiv. st., pour faire, comme ils le disaient, une grande expérience sur un plan d’une nouveauté si extraordi- Taire.

pétuité, parce que le capital employé aux tuyaux mis sous terre ne pouvait être prélevé au profit des actionnaires, en cas que l’association se rompit ; |

Que la Société avait entrepris l’éclairage par-tout où on l'avait demandé, et n'avait fait que des contrats de deux à trois ans, quoique la charte ne l’obligeât point à contracter aucun engagement au-dessous de quatorze ans;

Que la Société a eu des entretiens avec Îles compagnies d'assurance contre les incendies; que ces dernières ont entrepris d'assurer les maisons éclairées par le gaz à un taux bien moindre que pour les autres maisons. |

Quant aux explosions qu’on craignait tant au commencement, On a fait des expériences en 1809 , dans la maison de M. Winsor, dans Pall- Mall, devant sir James Hall, M. Davy, etc. ; qu'on est entré avec une lumière, sans faire une explosion ; dans une chambre bien fermée qu’on avait remplie de gaz pendant trois jours et trois nuits ; qu'on avait répété la même expérience, après l'avoir remplie pendant sept jours et sept nuits; que | les résultats avaient été les mêmes (x).

(1) Ici les meinbres de là Commission parurent tous.

M. Clegg, ingénieur de la compagnie, dépose que si l’on n’éclairait que les rues seulement, l’on ferait des pertes; que l’on fournis sait de gaz sept mille lanternes publiques et cinquante mille becs pour des particuliers ; que si la compagnie continue à poser des tuyaux, toutes les lanternes publiques pourront être fournies ; que les gazomètres eontiennent quinze mille pieds cubes, et ont trente pieds de diamètre; qu'il y en a cinq dans le foyer de Peterstreet ; |

Que la force de l'explosion causée par la poudre à canon est six mille fois plus forte que celle causée par le gaz; qu'une machine contenant trois cents pieds cubes de gaz creva il ÿ à quatre ans ; qu'on ne savait pas alors que cela pouvait arriver , si l’on ne prenait pas quelques précautions (1);

surpris. Quelques-uns sachant qu'il Ctait arrive des explosions en province, et doutant plus encore de la vérité de l’expérience , demandèrent quel était l’homme qui avait été assez hardi pour entrer avec une lumière dans la chambre. Le directeur, sir William Paxton, répondit que c'était M. Winsor lui-même.

(1) Î y avait eu beaucoup de maladresse dans cet accident. On s’occupa à décharger un épurateur sans avoir pris les précautions convenables, pendant

Qu'il est impossible que, dans les appartemens, il arrive jamais des explosions, la pression du gaz n'étant que de sept huitièmes de pouce;

Que l'établissement du spectacle de Covent- Garden sera éclairé vers le commencement de l'hiver prochain ; que l’on usait maintenant vingt - cinq mille cheldrons de charbon par an , et qu'après l'hiver prochain , on en userait trente mille ;

Que l’on avait un grand débit de coke et des autres produits.

M. R. Clarke, courtier en charbon de terre, dépose que trente mille chaldrons de charbon par an, emploient cinquante hommes dans les mines ; que, pour les charger dans les vais-

seaux , 1l faut quarante à cinquante hommes et trente à quarante chevaux; qu'il faut dixsept vaisseaux de deux cents tonneaux pour les transporter à Londres; que chaque équipage

se compose de dix personnes ;

que le gaz en sortait ; ce qu’il y a d’absurde et de presqu'inexplicable dans cet évènement, on s’approcha avec une chandelle ; la machine de fer crève , et de-là une explosion semblable à celle d’un canon de 56. Jamais l'explosion n'arrivera que par ignorance.

Que, sur trente mille chaldrons de charbon , le gouvernement retire 16,7 50 liv. sterl., sans autre frais; que cette importation augmentait de beaucoup le commerce intérieur , en employant beaucoup de bras ; que la compagnie de la pêche des baleines (qui s’opposait à la compagnie d'éclairage à gaz) ne consommait que trente chaldrons de charbon par an.

Chambre des communes , le 27 mai 1816.

Sir Watts, capitaine de la marine royale, dépose qu'il a navigué treize ans dans les mers du Nord; que, dans l’espace de sept ans, de 1807 à 1814,1la commandé trois vaisseaux de guerre; qu'il connaît parfaitement le commerce des pêcheries de baleines (1) dans le Groënland ; qu'il a souvent eu des matelots venant de cet établissement; mais qu'il n’a pas pu les retenir à son service, parce qu'ils se sont mis sous la protection de la Société des pêcheries ; que l’amirauté a été condamnée une fois à 120 liv. sterling d'amende, et une autre fois

(x) On doit observer ici que la Compagnie de pêcheries s’opposait à notre bill; qu’elle voulait prouver que les pêcheries étaient des pépirpères de bons imarins, qui, en temps dé guerre , servaient la mariné royale.

à 140 iv. sterl., pour avoir soustrait des matelots; que l’amirauté recommande aux capitaines de ne pas prendre les marins attachés à ces établissemens ; que, depuis dix-neuf ans qu'il sert, 1l a toujours rencontré les mêmes difficultés; qu'un jour il avait abordé dans le Humber un vaisseau venant du Groënland; que tous les matelots avaient des sauf-conduits; que les pêcheries prennent à leur service les meilleurs marins; que, sur quarante marins , 11 y en avait trente-six de protégés, et que les autres n'étaient que des apprentis; que les pêcheries , au lien de fournir de bons matelots à la marine royale, les attirait tous à son service, en leur donnant un intérêt dans le profit, outre une paye plus forte que celle qu'ils ont sur les vaisseaux de guerre.

Le capitaine Croft dépose qu'il a servi dixneuf ans dans la marine royale; qu'il a commandé sept vaisseaux de guerre, dont deux vaisseaux de ligne; qu'il considère que les pêcheries du Groënland enlèvent les matelots à la marine royale , plutôt qu’elles ne lui en fournissent ; que les vrais pépinières pour le service du Roi, sont les cabotages des vaisseaux de charbon de terre, parce que les matelots et les apprentis n'ont point de sauf-conduits.

Je crois que ces témoignages, rendus après plusieurs années d'emploi de la lumière à gaz, dans Londres, devant le parlement d’Angleterre, donneront encore plus d'intérêt à ‘ces sortes de lumières, que tout ce qu'ont dit en leur faveur les traités et brochures qui ont été publiés.

EXTRAIT

Du troisième bill du 2 juillet 18:16, contezant les derniers privilèges accordés à la grande compagnie royale d'éclairage à

Londres, fondée par M. Winsor.

(Préambule. )

Vu le bill de la 5ome année de GeorgesIIT, Ja charte du 50" avril 1812, et le bill de la 54e de Georges ILL en 1814, et considérant que ladite compagnie a déjà mis à exécution les pouvoirs et autorités conférés par la charte et le bill cités; que ses exploitations ont déjà fourni un éclairage considérable dans les cités de Londres et de Westminster ; considérant que les habitans de plusieurs autres quartiers desdites villes désirent jouir de cet éclairage supérieur dans leurs usages particuliers , et ont fait des demandes à ladite compagnie ;

Cetie compagnie se trouvant obligée de

fournir un éclairage encore plus considérable, ilest levenu nécessaire et indispensable d’augmenter, par un bill plus étendu, son capital et ses privilèges, pour la mettre dans le cas de pouvoir satisfaire le public ;

Plaise à Votre Majesté, etc.

ire clause. La compagnie incorporée d’éclairage à gaz, sera prolongée de trente ans, à partir de l’expiration de sa charte actuelle, en 1853. Pendant cette période, elle aura droit de succession, sceaux privés et communs , et procédure à son titre ;

2° Elle sera autorisée à augmenter son capital de 200,000 liv. sterling, soit entre ses membres, propriétaires actuels, soit en admettant de nouveaux souscripteurs ;

3° Les nouveaux souscripteurs jowront de tous les avantages, et seront soumis aux mêmes lois et rèslemens que les actionnaires actuels , el ils n'auront de voix qu'après avoir été trois mois en possession de leurs actions ; |

4° Les actions, ou la propriété d’une action, appartenant à YO personnes, ne seront enregistrées qu'au nom d’une seule , qui en sera comptable envers les autres ;

5° Les actionnaires seront autorisés à émettre leur vote par un fondé de pouvoirs aux

(62) assemblées générales et particulières, mais uï seul fondé de pouvoirs ne pourra avoir plus de dix procurations à la fois s

6° La compagnie est autorisée à fournir les maisons de tuyaux qui seront posés par des gens instruits, qui, indépendamment des ouvriers employés à la confection des robinets et porte-flammes , travailleront sous sa direction Elle ne pourra employer, pour cet effet, aucun ouvrier ordinaire à la solde de ladite compagnie ; | |

7° Elle est autorisée à poser des conduits q à faire construire tout appareil et machine pour fourniture du gaz; à Creuser, rémuer et réparer le terrain; mais à chaque fois, de concert avec: les commissaires de Sa Majesté , préposés à’ l'entretien des rues , pavés, etc. ;

8° Les individus qui commettront quelques dégâts ou destructions des machines , tuyaux, etc. appartenant à la Société incorporée , Seront poursuivis comme malfaiteurs publics, et punis comme tels; À st:

9° Le secrétaire d'état ou ses agens auront toujours la libre inspection des foyers de la compagnie, afin d'assurer l’'approwisionnement nécessaire de gaz pour le public, et les ayan-

(63) tages que la police peut tirer de cet éclairage supérieur pendant la nuit ; | 10€ Enfin, les bills rite et celui-ci seront considérés comme n’en formant qu'un seul, et ce bill sera une loi publique.

( Ce bill a reçu la sanction royale, le 2.juillet 1816.)

EXTRAIT

De plusieurs écrits de M. Winsor , relativemerit à l'éclairage par le gaz.

J'ai traduit en allemand et en anglais, le rap:

port de M. Lebon à: l’Institut de France, et j'ai publié à ce sujet, à Brunswick, en 1802, un essai en trois langues, dédié à S. A. $. le duc régnant, Charles-Guillaume Ferdinand, qui avait été témoin avec toute sa cour, de mes expériences sur l'éclairage et sur le produit de Ja distillation des, bois de chêne et de sapin. . Après. avoir. démontré dans, cet. écrit les avantages du système sous les rapports d'économie publique et privée, jai établi que la distillation des. bois, verts produit les cinq sixièmes de: Jeur. poids en vapeurs, tandis que la houille ne produit pas la moitié de son poids en fumée , mais augmente de moitié en volume, |

(64) Dans la combustion ordinaire, plus de la | moitié de cette vapeur où fumée $e condense en suie sur les parois de la cheminée , etcomme la suie ést très-combustible de sa nature, c'est une cause fréquente d’incendies. |

À mon retour à Londres, en 1802, je fis des expériences dans une maison particulière, et au grand théâtre du Lycéum.

Un nouvel ouvrage de ma: composition donna l'idée.d'un plan pour former deux grands établissemens à proximité des mines de charbon de terre. |

L'objet de cette distillation en grand, était de recuerlhir tout ce qui se consomme ordinairement em pure perte.

Chaque chaldron de houille (pesant de deux iille huit cents à deux mille neuf cents livrés) produit de cent cinquante à deux cent cinquanté livres de goudron huileux; de séize à dix-huit gallons en liqueur ammoniacale, et à peu près dix nulle pieds cubes de gaz RER gène carburé, où air inflammable. im

Le coke, résidu de cette disüllation, est bien supérieur pour le chauffage des maïsons et des fonderies, à tout autre combustible.

Le charbon de bois préparé dans mon appareil, est meilleur, pour la fabrication de là

(65) poudre, que celui dont on fait habituellement usage.

L’'acide acétique tiré du bois, est utile dans beaucoup de fabriques.

Plusieurs personnages éminens, le duc de Richmond, lord Stanhope, et des savans tels que sir Joseph Banks etle docteur Lettsom,etc., ont été témoins de ces exploitations, qu'il ne faut pas regarder comme des idées purement spéculatives.

Ma quatrième brochure, publiée en 1804, était un Mémoire sur la découverte de l'appareil pour lPéclairage et le chauffage par le gaz.

La probabilité qu'un jour les forêts et les mines de charbon seront épuisées, n’a point, dans cet ouvrage, échappé à ma discussion. Il est bien vrai qu'avec des soins atienufs, on peut reproduire de nouvelles forêts; mais il n’en est pas de même des mines de houille et des tourbières. La distillation de ces combustibles préviendra donc ce désastre qui menace nos arrières-neveux, puisque le coke est beaucoup plus profitable que le charbon de terre, soit dans les usines, soit dans l’inté« rieur des maisons.

D'un autre côté, 1l n’y a pas de doute que la combustion du gaz peut échaufler en même

( 66 ) temps qu'elle éclaire ; c’est, sous ce rapport, une nouvelle économie de bois ou de charbon de terre. Des tuyaux de chaleur habilement ménagés, conduiront, dans toutes les parties de l'édifice, la chaleur du fourneau où l’on distille les combustibles.

Les illuminations publiques ureront un grand avanie ge de cette découverte. On sait combien les lampions détériorent nos édifices en noircissant les parties de la muraille voisine de leur flamme. Rien de pareil n’est à craindre avec la lumière tirée du gaz, qui peut prendre mille formes, et produire les jets les plus variés. :

En éclairant une salle de spectacle ou l’iniérieur d’un palais par le gaz, la magnificence en sera augmentée ,etil y aura beaucoup moins de danger pour les incendies. La fermeture d’un seul robinet sufhit Fons éteindre des milliers de lampes, et l'on n’a pas à à redouter les effets désastreux qui résultent quelquefois de l'oubli d’une seule lumière.

La poussière de nos cendres, la fumée de nos foyers, la vapeur huileuse que répandent nos lampes et nos chandelles, nuisent beau coup à la santé. Ces ravages lents et insensibles ne se manifestent qu'après plusieurs an-

nées, mais n'en sont pas moins réels. La vapeur du gaz n’est nullement capable de nuire à la salubrité. |

En supposant qu’une légère quantité de gaz s'échappe des tuyaux avant la combustion, et se mêle à l'air qu’on respire, cette émanation serait salutaire, bien loin d’être nuisible. Le gaz hydrogène est un calmant très-doux, un remède efficace contre les irritations de la poitrine. Aussi des médecins habiles ont recommandé d'en mettre dans des vessies, sous le chevet des personnes affectées de maladies pulmonaires ; le gaz transpirant peu à peu hors de son enveloppe, se mêle à l'air que respire le malade , et en corrige la trop grande vivacité.

Dans le foyer même de l'exploitation, l'air, au lieu d’être infecté d’une fumée nuisible, ne contient que des atomes de goudron et d'huile en vapeurs , d'acide acétique et d'ammoniaque. Or, on sait que chacune de ces substances est un anti-septique. L'eau goudronnée s’emploie comme un médicament intérieur ; les huiles essentielles sont aussi utiles qu'agréables à respirer; l'acide acétique ou le vinaigre est un anti- putride, et l'ammoniaque est, comme l'hydrogène , un puissant sédatif.

Il serait à souhaiter que les vaisseaux qui

( 68 ) entreprennent des voyages de long cours dans des climats chauds, pussent emporter quelque tonneaux de ces produits, soit acide, soit ammoniacal, provenant de la distillation du charbon de terre et du bois. Il suffirait d’arroser chaque jour les entreponts avec 1 ou 2 litres de ces liqueurs, et l’on éviterait ainsi les affections scorbutiques si funestes aux gens de mer.

Enfin, le coke provenant du même procédé, est un combustible d’une valeur inestimable. Pendant que j'écris ces observations, le propriétaire d’une pompe à feu de la force de quatre-vingt chevaux, m'assure que cette machine consomme neuf chaldrons (trois cent vingt-quatre boisseaux) de charbon de terre par semaine ; ce qui fait une dépense annuelle de 468 chaldrons à 50 shillings, et parconséquent 1 160 livres sterling de déboursé.

Il ne faudrait pas le quart de charbon épuré ou coke, pour produire la même chaleur.

Je finis eet exposé par une espèce de supputation des frais ordinaires de combustible et de luminaire dans un ménage.

La dépense annuelle d’une famille médiocrement nombreuse qui se chauffe avec du charbon

de terre, tdenr .%, 7. ne Le 4 .*! 50'hv. $tà En huile et chandelle . . . .. RPC D

Total. . . 30 lv. st.

La valeur de la lumière ordinaire est de 30 livres sterling.

Le quart du combustible donnant la même “Fi et de plus une lumière que nous serions obligés d'acheter séparément, il en ré sulte déjà une économie de trois-quaris.

Mais, de plus, la valeur des produits égale la moitié du prix d'achat des charbons; c’est donc encore 3 livres sterling à ajouter aux épargnes.

En supposant que l'appareil coûtät de 50 à 60 livres sterling, et l’entreuen 10 livres ; la dépense annuelle, y ana les intérêts du capital avancé, serait de 13 livres sterling.

On Fa d'ailleurs, 1° faire servir en même temps à d’autres usages le feu nécessaire à la. distillation ;

2° Se servir de la fumée qui se dégage du charbon , en la dirigeant dans des tuyaux de chaleur ;

5° Tirer parti, pour échauffer les appartemens , de la flamme même du gaz;

4° Se servir du coke cornme combustible, lequel, à volume égal, a deux fois plus de force que le charbon brut.

Quoique les deux tableaux suivans se trouvent dans le Traité de M. Accum, je les ai mis à la fin de l’extrait de mes brochures, parce que je les composai en 1808, et les fis imprimer en 1800 : j'en avais envoyé quelques exemplaires à des membres du parlement, mais mon comité m’ayant invité à les garder pour les besoins de la Société , je ne les rendis pas publics. M. Accum, qui en avait reçu un exem- “plaire, Va fait imprimer à la fin de son Traité, sans indiquer leur auteur. ser

n peut tirer d'une

é eo j û : 7 4 T À Te Ê k o 3 Tableau montrant la quantité de gaz, coke, goudron, poix, huile essentielle et liqueur ammoniacale qu 0 ES le gaz capable de

quantité donnée de charbon de terre, et indiquant la quantité de charbon de terre nécessaire pour produire donner une lumière égale, en durée et en intensité, à celle que produisent les chandelles de différens poids.

Prix du charbon. Poids du charbon. fombre de pieds cubes de gaz produit. L Un chaldron de y minimum, maximum, P:ix muoyen, | minim. maxim. poids | minim. maxim. terme \£& chandelles. charbon de | moyen. | moyen. Jo = : De à à Lérrés À “ 2 8 de 11 à la ivre.

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Coke. — Un chaldron de houille de 25 à 28 quintaux, donne 1 ? à 1 2 chaldronide coke. |

Goudron.— Un chaldron-de houille de 25 à 28 quintaux , donne de 1 50 à 18o livres de goudron (1) ;ou 15 à18 gallons de rolivres chacun. De ce goudron on peut tirer de 6o à 100 liv. de poix, ou 40 à Bo liv. d’asphalte, et 30 à 40 d'huile essentielle.

Liqueur ammoniacale.— Un chaldron de houille donne de 220 à 240 livres de liqueur ammoniacale, ou 22 à 24 gallons. (1) Mille livres de goudron extrait de la houille, donnent , par la distillation , de 260 à 265 livres d’huile essentielle ou de naphte. |

Mille livres du même goudron, par une évaporation seule , produisent de 460 à 480 livres de poix.

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oc Formule. Veut-ôn savoir le nombre de lumitres que peuvent remplacer 1000 pieds cubes de gaz brülant vingt-quatre heures, il faut diviser 1000 par 12, ce qui donne quatre-vingt-trois lumières brûlant vingt-quatre heures.

Si le gaz ne brülait que six heures, on aurait trois cent trente-deux lumières. Un nombre quelconque de pieds cubes de gaz équivaut toujours au même nombre de chandelles de douze à la livre , brûlant deux heures ; ou un nombre quelconque de demi-pieds cubes de gaz équivaut au même nombre de chandelles de douze à la livre , brûlant une heure.

6 livres de cancel-coal donnent 24 pieds cubes de gaz, égaux à une livre de chandelle.

6 = du meilleur newcastle coal, id, 7 du bon, id. 4 = de la seconde classe, id, 8 classe inférieure, id.

a de la dernière classe, id.

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