‹ Traité pratique de l'éclairage par le gaz inflammable contenant une description sommaire de l'appareil et du mécanisme employé pour l'illumination des rues, des maisons et des manufactures ... à l'aide du gaz hydrogène carburéChapitre 4 sur 28 · ROUE · texte numérisé non relu

ROUE

P. Avez - vous vu l'effet produit if ce gaz ?

R. J'en ai été témoin.

D. Peut-ilêtre conduitau travers destuyaux?

Pi. Oui, comme tout fluide, à laide de iiyaux, et a une distance considérable,

D. Brûlera-t-1il sans être mis en contact avec l'air de l'atmosphère, ou sans être uni à l'oxigène ?

BR. 1 est impossible qu'il prenne feu sans quil se mêle à l'air extérieur. Il ne peut prendre feu de lui-même.

D. Ce gaz répand-1l quelqu'odeur pendant qu'il brûle ?

fi. Non pas, si la combustion est opérée convenablement,

D. Avez-vous vu des expériences faites pour éprouver s'il ne s’en dégage aucune fumée , en plaçant la lampe au-dessous d’un récipient de verre ?

- À. I'n’en donne point d'indice.

D. Pendant combien de temps l'épreuve at-elle durée ?

Æ. Pendant vingt-quatre heures.

D. Etil ne s’est point formé de suie?

R. I n’y a pas même la moindre vapeur (1).

D. N'y al pas de danger quele gaz fasse crever le tuyau dans lequel il est renfermé ?

R. Il n’y en a pas, de la manière dont j'ai vu qu'il était préparé par M. Winsor, et conduit dans des tuyaux de sa construction.

RSR RNA ER SR M an le AS Lise SAT

(1) Une forte lumière à gaz fut renfermée dans un grand globe de verre, avec des petits trous en bas pour

l'entrée de Pair ; on le couvrit avec du papier blanc, qui ne donna aucun indice de fumée ni de suie.

Résumé des “dépositions principales des témoins interrogés pardevant deux commissaires. d’enquête des chambres des communes et de celle des pairs, lorsqu'il fut question du bill pour l’incorporation d'une Société pour l'éclairage à gaz dans laville de Londres.

Chambre des communes , ce vendredi 5 mai 1800.

M. Accum, chimiste (un des témoins le plus instruit dans les procédés de M. Winsor), dépose qu'étant employé depuis quelque temps à examiner et à vérifier les expériences de M. Winsor sur le charbon de terre , il a trouvé que son appareil d'éclairage à gaz produit deux espèces de coke, une certaine quantité de gaz inflammable, de goudron huileux et de liqueur ammoniacale; que , par ses procédés , la houille, en passant à l’état de coke, pouvait augmenter des + aux < de son volume ; qu’en comparant la chaleur produite par la combustion du coke, avec celle que donnent les autres combustibles , il a trouvé qu'à poids égaux, elles étaient comme 3 est à 1, et à volumes égaux, comme 3 est à 2 ; que le coke (ou charbon de terre épuré) de M. Winsor. est supérieur à tous ceux qu'il a pu se procurer ou

qu'il a préparés lui-même d’après les procédés ordinaires, et qui, d’ailleurs, contiennent toujours du soufre : de sorte que la houille épurée de M. Winsor augmentant de volume dans le rapport de 2 à 3, et produisant une chaleur plus grande que celie de la houille ordinaire, dans le rapport de 3 à 2, est deux fois plus convenable pour l’évaporatuion des liquides, la conversion des minerais en métaux, la fonte de fer, etc. ; de plus, que ce coke s'allume facilement, et peut servir comme combustible dans les cuisines où appartemens, et être employé à toute espèce de manipulation, sans donner de fumée n1 d’odeur; qu'on peut même l'employer dans les fonderies où il y a des fourneaux à grand courant d’air et garnis de soufflets ; qu'il a éprouvé dans sa maison, qu’un feu de houille allumé à huit heures du matin, ne dure que jusqu’à midi; mais que, quand la grille est remplie par la même quantité de coke, 1l durait jusqu’à six heures du soir, et cela sans être soigné, tandis que la houille demande à être entretenue avec beaucoup de soins; qu'il regarde la méthode de M. Winsor, pour obtenir le coke, comme bien supérieure à celle de M. Murdock et de tout autre.

M. David Walker, contre -maïître dans la

fonderie de MM. Joseph père ei fils, dépose que la fonderie de ses maîtres est une des plus considérables qu'il y ait à Londres; qu'on y consomme beaucoup de coke; qu'ils fondent plus de vingt tonneaux de fer par semaine ; qu’étant dans cette partie depuis vingt- deux ans ; 1l y a acquis beaucoup d'expérience ; que les soufllets de leurs forges à fonte sont à grand vent, et mus par des machines à vapeur; qu'il a essayé du coke de M. Winsor, comparativement au meilleur coke de son maître, dans des fours de la même largeur et de la même construction, chargés de quantités égales de fer ; qu'il avait fait trois expériences de suite , afin d’être sûr de ses résultats; que chaque charge de fer demande ordinairement une heure de fusion pour être réduite en fonte; que le coke de M. Winsor l’a réduite dix minutes plutôt ; que la fonte a été beaucoup plus chaude et plus liquide; qu'on aurait pu, pour ainsi dire, la faire passer par le trou d’une aiguille ;

Que les fontes les plus chaudes et les plus liquides produisentles meilleurs ouvrages; que, dans chaque essai , 1l agissait sur deux cent cimquante liv. de fer; qu'il a toujours employé des quantités égales et comparatives de coke --et de fer; qu'il n’a jamais vu la fonte de son

EAP maître aussi chaude, aussi liquide n1 fondue ‘en aussi peu de temps; quil emploierait le coke de M. Winsor non seulement de préférence à celui qu'on fait de la manière ordinaire, mais qu'il le payerait même plus cher.

M. Accum, appelé de nouveau, dépose que la grande différence qui existe entre les qualités du coke de M. Winsor et de celui du lord Dondonald , est probablement due à la grande dissemblance des manipulations, et non à une prétendue différence dans le charbon de terre; que la qualité du goudron qu’on obtient dépend des procédés , et peut-être un peu de la qualité de la houille dont il provient; que l’on obtient entre quatre et cinq livres de goudron pour cent liv. de houille; que celui de M. Winsor est rempli d'huile volatile, et a la liquidité de la mélasse; qu'en le décomposant, il donne de l’huile volatile , et que le résidu est de la poix ou de lasphalte, selon la volonté; que du goudron tiré d’un chaldron ou trois mille liv. de houille, 1l a extrait à peu près soixante liv. de poix et trente liv. ou trois gallons d'huile volatile dite essentielle ; qu’en décomposant de nouveau cette poix , 1l à obtenu trente liv. d’asphalte d’un beau lustrenoir; qu’ilen a fourni àplusierrs vernisseurs qui l'ont utilisée d'une

(35) manière admirable : que cette dernièré décoïn: position à encore donné ViIngUCinq pour cent, ou quinze liv. d'huile éssentiellé:

Que le goudron dont il venait dé parler

avait été obtenu dans l'appareil de M. Winsor,

ui avait fait lui-même l’ex érience; que l'as: P > q

phalte étranger est très-rare > €tquatre fois plus- Cher qu'à présent; il coûte 2 à shillings * la liv.;: de plus, lasphalte de M. Winsor est

susceptible de recevoir un plus beau poli, et se réduit totalement en poudre, ce que l’autre

ne fait pas; que la quantité moyenhe de li-

queurammoniacale est de cent quatre-vingts Liv.

ou dix-huit gallons ( de quatré litres chacun)

à peu près par chaldron de houille ; qu'on obtient, en outre, le goudron dont il vient de

parier, ét un chaldron trois-quarts dé coke

provenant d’un chaldron seulement de houille ; que toutes ces quantités ont été mesurées avec exactitude ; que les scellés ont été inis sur’ les poêles pendant l'opération , qu'il les a vus le: ver, Et Qu'on y a trouvé une augmentation, en volume, de Soixante-quinze pour cent; qu'il croit que M, Pedder, secrétaire : était présent à cette expérience.

M. Thomas Dalton , appelé et interrogé , dépose qu'il est contre- maître des calfats des

(54) vaisseaux du chantier de MM. Wells, Wigram et Green (constructeurs de vaisseaux de toute grandeur), qu'il y a déjà vingt-six ans qu'il exerce son état, qu'il a fait beaucoup d'observations sur les qualités des poix et des goudrons , qu'il en a reçu une certaine quantité de M. Bridges; qu'ayant essayé la poix sur des ais et des planches de chêne et de sapin , il l'avait trouvée conforme à son attente; que, selon lui, elle est supérieure à toutes celles qu'on a employées dans le chantier depuis les vingt-six ans qu'il y était; qu'il a enduit ces cartons (ils les montre à la commission) du goudron froid qui venait de M. Winsor; qu'ils ont été dans l’eau de la Tamise pendant quarante-huit heures ; qu'on est obligé de mêler chaque barril de goudron étranger avec six gallons (soixante livres ) d'huile de baleine, et de le faire bouillir, pour pouvoir en enduire les cartons, tandis que l’on peut employer le goudron de M. Winsor sans huile et sans feu.

Que c’est un grand avantage dans les goudronnages , que les ais et les planches soient enduits des deux côtés d’une certaine quantité d'huile qui les pénètre et les conserve plus long-temps; que la poix de M. Winsor donnait aux vaisseaux an beau lustre noir qui plaisait

beaucoup aüx capitaines , et dont ils faisaient de grands éloges. Il dit : Voici des planches et des cartons préparés avec le goudron étranger, il n'a ni couleur ni consistance ; voyez, au contraire, Ceux que Jai préparés à froid avec le goudron de M. Winsor, ils ont été totales ment pénétrés en trois heures, tandis que les autres ne l’ont point été du tout. Il dépose qu'il a souvent employé ke goudron obtenu par le procédé de lord Dondonald, mais qu'il ne peut pas être comparé à cel de M. Winsor, ayant besoin d’être mêlé avec de l'huile et fat bouillif pour être appliqué.

M. Philip Onerton dépose qu'il est vernisseur en manière du Japon, qu'il demeure dans Paul street, Pinsburg square, qu'il a vu tirer de l'asphalie , du goudron préparé dans l'appareil de M. Wixisor; qu’il était resté péndant trois à quatre heures à attendre cet asphalte ; qu'il a employé beaucoup d’asphalte étranger, mais que celui de M. Winsor donne un lustre d’un noir bien supérieur, qu'il se dissout plus vite et qu'il sèche plus promptement; que l'asphalte étranger est rare et irès-cher, qu'il Va payé jusqu’à cinq shillings (G francs) la livre; que souvent on n’en trouve pas du tout à Londres , et même en Angleterre; quil demande

à être mêlé avec de la résine, tandis que celui de M. Winsor peut s’en passer ; qu'il en esttrèssatisfait ; qu'il a fait des essais avec ce qu'on appelle asphalte anglais , qui est vendu par la compagnie dite British tar compagny (Compagnie britannique pour le goudron), mais qu'il n'avait pas répondu à son attente. Dans le reste de ce témoignage , le déposant a été interpellé par le célèbre avocat et orateur Brougham ; alors 1l a répondu qu'il en avait douze cents livres dans son attelier, qu'il voudrait bien s'en débarrasser pour ce qu'elles lui ont coûté ; qu'on ne devait jamais confondre cet asphalte anglais avec celui de M. Winsor.

M. Benjamin Call, appelé , dépose qu'il est vernisseur en mamière du Japon, qu'il demeure Charles-street Pottenham courtroad, qu'il avait reçu un peu d’asphalte venant de M. Winsor, qu'il avait employé des quintaux d’asphalte étranger , et de celuiavec lequel on a tâché de le. remplacer; mais que l’asphalte de M. Winsor se fond mieux que tous les autres ; qu'il ne laisse point de dépôt, tandis que lasphalteétranger en laisse un, glutineux et très-épais, au fond des vases dans lesquels on le fait fondre ; qu'on perd ainsi 25 à 50 pour cent; qu'il y a plus de vingt-neufans qu'al est vermisseur à Londres.

M. William Bryon dépose qu'il est teinturier et demeure Spital field ; qu'il y a plus de dix ans qu'il pratique son art; qu'il possède assez de connaissances en chimie pour se bien diriger dans ses travaux; qu'il a reçu de la liqueur ammoniacale de M. Winsor, qu'il en a fait des essais en employant des mordans métalliques ; qu'il a obtenu un grand nombre de belles nuances en couleur olive, depuis le gris argenté jusqu’au brun , qui résistent très-bien au lavage ; qu'il a teint aussi du coton avec cette liqueur, sans employer d’autres substances ; que, dans l'art de la teinture, c’est par la décoction des boïs et d’autres substances qu’on obtient les matières colorantes ; que celle qui provient de cette liqueur ammoniacale peut être changée en variant les bases des mordans métalliques quiservent à la fixer ; que, la plupart du temps, les matières colorantes sout trèschères ; qu'on pourra leur substituer avec avan. tage cette liqueur ammoniacale, et notamment au lieu des bois et,de la garance ; qu'il lui a été impossible d'affaiblir par des lavages faits exprès, des cotons teints avec cette liqueur ; qu'il en a été de même pour la soie et la laine qui avaient encore Ges couleurs plus brillantes; qu'il en a des échantillons dans sa poche (iles

(38) montre), qu'il les a vus teindre ; que ceux de soie sont beaux ; qu’on rend ordinairement ces nuances au moyen de la garance, du bois de Brésil et autres bois rouges et jaunes , et de viiriol ; que ces mauères sont très-dispendieuses, sur-toutles bois etles garances; que, de plus, la liqueur ammoniacale peut remplacer la potasse dans certaines préparations, que souvent même elle luiest préférable ; qu'ilne s’étaitjamais servi de cette liqueur auparavant, mais qu'il est trèssûr de ce qu'il a fait lui-même, ou de ce quil a vu faire devant lui: qu'il a aussi remarqué que cette liqueur a la propriété de relever les couleurs , sur-tout les jaunes et les rouges ; qu'il y a un mois que ces expériences sont faites ; et que les couleurs sont aussi brillantes que dans les premiers jours : que tous ces égharüllons ont été teints par la liquenr ammoniacale, qu'il n’y a que le jaune qu'elle a servi seulement à relever; qu’eile donnera le moyen de teindre à un meilleur marché, et de produire des couleurs pius brillantes ; que, pour surCroit davantage, toutes ces opérations se faisaient à froid et en très-peu de temps ; que tous ces échanullons ont été lavés erfrottés pendant dix à quinze minutes avec du savon, ce qui prouve sufisamment que les couleurs sont

fixées ; qu'il n’est pas actionnaire de M. Winsor , qu'il lui est totalement étranger ; que s’il pouvait acheter cette liqueur un shilling le gallon (24 sous les dix litres) , il y trouverait un grand avantage ; qu'il avait essayé de l'einployer pour enlever quelques couleurs, mais qu'au contraire elle les avait rendues plus fixes ; qu'il a teint avec cette liqueur deux échantillons de coton, couleur pourpre , qu'ils sont beaucoup plus beaux que ceux qu'on obtient avec le bois de campêche, et qu'il est sûr qu'elle aura le même succès pour les couleurs bleues et sur-tout pour les nuances les plus dé- Îicates. |

M. William Cox dépose qu'il y a vingt-six ans qu'il étudie la chimie, et qu'il a fait beaucoup d'expériences , qu'il s'occupe actuellement de la préparation en grand de Palkah minéral ; qu'il a fait attention à la liqueur ammoniacale comme une chose à substiinér aux engrais ; quil n’a connaissance de la liqueur produite par M. Winsor, que depuis trois à quatre Semaines ; quil sait, comme tous les chimistes, que l’ammoniaque peut s’employer dans beaucoup de circonstances ; qu'il ÿ a quelques années , désirant se procurer une grande quantité d’ammoniaque, 1l avait essayé plu-

(40 ) sieurs manipulations très-coûteuses, pour cn trouver une qui fût économique; mais qu'en Cherchant les matières de rebut, il avait été épié dans ses démarches par les paysans qui les enlevèrentavant lui pour faire desengrais ; qu'il a vu une assez grande quantité de la hiqueur ammomacale de M. Winsor, pour reconnaitre, par sa couleur, son goût et son odeur, la présence de l’'ammoniaque; qu'il croit que, pour s'en servir dans l’agriculture, il serait nécessaire d'en affaiblir les forces stimulantes, en la combinant avec des restes de matières animales ou végétales, au$quelles lammoniaque est toujours unie ; que la nature abonde de ces maf tières ; qu’on à découvert qu'en Îles faisant dissoudre dans l'eau au moyen de l’aikalr, on obtenait un engrais qui avait la force d’une quanté de fumier d'un poids quarante fois plus considérable ; qu'il a goûté la Hqueur de M. Winsor, etquil a trouvéquelle tenait autant, d’ammoniaque en dissolution que le pouvait une quantité égale d'eau; qu'il-n’a pas eu le temps de faire des expériences ; qu'il faudrait pour cela plusieurs saisons; que, d'après sa composition , On pourrait juger par analogie des combinaisons qui en résultent; qu'il est très-persuadé qu'on trouverait toujours à se défaire

(41) avec avantage d’une quantité quelconque d’ammoniaque quelque grande qu’elle soit; qu'on pourrait en faire une application très-lucrative dans les champs qui doivent recevoir des graines de navets; qui est d'autant plus fondé à urer les conclusions précédentes , que les engrais les plus recherchés et payés le plus cher sont ceux qui, par les élémens des matières qui les composent, renferment le plus d’ammoniaque; que c'est ce qu'il a trouvé dans toutes ses analyses à cesujet; que la suie, connue comme un engrais très-puissant, ainsi que de la fiente de pigeon, contiennent l’une et l'autre du carbonate d’ammoniaque, mais que celle-ci contient en outre de l’azoie; qu’autrefois tout le sel ammoniac qui se consommait en Europe était tiré des excrémens des amimaux qui paissaient dans les ferules plaines d'Egypte; qu'il estévident , pourlui, que tont ce que les paysans nomment chaleur e force dans le fumier, provient de la présence de Var. moniaque ; qu'il n'hésite pas à déclarer qu'il serait très-important pour la nation qu'on en fit un emploi plus commun en agriculture; que, d'après les procédés ingénieux de M. Winsor, on en recueille la totalité, tandis que, d'après çeux de M. Murdock, ce principe est dissipé

C4) avec aussi peu de ménagement que son utilité y est méconnue.

10 MAÉ 1009.

M. Accum, interrogé de nouveau, dépose qu'il a fait avec la liqueur ammomiacale de M. Winsor, du carbonate d'ammoniaque , appelé communément sel volatil, du sel ammoniac qui sert aux ferblantiers, aux chaudronmiers et aux teinturiers sur laine et coton; qu'on l’emploie pour étamer la tôle, le curvre, etc, ; qu à un shuilling par gallon, on peut employer cette liqueur avec avantage dans les arts et les métiers; qu'il en a encore extrait de lammoniaque caustique, dont on consomme une grande quantité dans les teintures sur soie, les manufaciures d’alun et autres ; qu'il peut en tirer encore du soufre , mais que le procédé serait trop dispendieux ; que quatorze cents livres de liqueur en avaient produit cinquante de carbonate d’ammoniaque ; de sorte que vingt-huit livres de liqueur en produisent une de carbonate ; que quatorze cents livres de la liqueur ammoniacale produisent cent livres de sel ammoniec ; que, dans le cas où la Société proposée se chargerait de la fabrication de ces sels, elle y trouverait de grands avantages,

(45) ayant à sa disposition la chaleur et tout ce qui est nécessaire.

M. Accum, interpellé de nouveau, dépose n’a opéré que sur la liqueur de M. Win-

; que l’huile essentielle qu'on en ure peut être Peru avec avantage à la thérébentine ; ; qu il s’en est assuré par lui-même; qu'elle n’ a pas une odeur aussi forte; quon peut l’'employer dans lés appartemens ; que lui-même en à peint , il ÿ à un mois, ses croisées ; qu il a éprouvé qu elle perdait beaucoup ce vite son odeur que l'huile de thérébentine.

M. Joseph Kaye, ingénieur dans Bedfordstreet, dépose qu'il a été employé par le comité de M. Winsor à lever le plan de la paroisse Saint-James, afin de connaitre les frais des foyers etla quantité de tuyaux nécessaires pour y conduire le gaz ; que l'étendue des tuyaux principaux serait à peu près de soixante-cing mille cinq cents ads: qu’il a marqué dans ce plan six endroits où il faut établir des foyers ; qu'à droite et à gauche de la maison de M. Winsor, dans Pall-Mail, on à conduit le gaz dans l’espace de deux mille sept cents pieds ; que la distance à mettre entre les foyers serait de deux à trois mille pieds; qu'il a fait un devis de la dépense ; qu'il trouve qu’elle

montait à 26,646 livres sterling ; que dans cette paroisse 1l y a deux mille deux cents lampes publiques ; qu'il y a, en outre, les lampes des particuliers et la grande place de Saint-James qui est éclairée par une entreprise séparée ; qu'il y a trois mille quatre cent trente maisons dans la paroisse, dix-huit mille deux cent trente-une dans Westminster , et eent quarante-deux mille huit cent quatre-vingt-dix dans Londres et Westminster ; que, dans l’éclairage à gaz, les becs seront sur les côtés de chaque rue, mais en plaçant les lanternes à angle droit; que dans Saint-James il y aura huit cents lanternes placées à peu près à so1xante-dix pieds l’une de l’autre ; qu'avec cette disposition, il n’y aura aucun endroit qui ne soit éclairé. | | M. Accum, interrogé de nouveau, dépose qu'ilyaà peu près un an qu'il est employé par le comité de M. Winsor, pour faire des expériences sur le gaz hydrogène ; qu'il a vérifié que ce gaz se répandait facilement dans tous les tuyaux; que si, de distance en distance, l'on fait de peuts trous au tuyau , et qu'on y approche une lumière, le gaz s’enflammera aussitôt, et brülera tout le temps que l’on fera passer du gaz dans les tuyaux; qu'il ne peut

(45) pas brüler dans l'intérieur des tuyaux, parce qu'il n’y a pas d'air, et que sa combustion n'est autre chose que sa combinaison avec l’oxigène à la température rouge; que le gaz acquiert, par la chaleur des fours, une force élastique capable de le faire circuler dans tous les tuyaux, quand même ils seraient à la température de la glace; que ce gaz ne répand aucune odeur en brûlant; qu'il ne produit point la moindre fumée , même étant renfermé dans un globe de verre, tandis qu'une bougie y aurait laissé une grande quantité de suie; que, dans les manipulations de M. Winsor, il est impossible que les tyaux crèvent, et que les réservoirs de gaz fassent explosion; qu'il a fait plusieurs expériences sur les forces des lampes à gaz et des chandelles ; qu'il a trouvé que ces dernières ne donnaient que la moitié, et souvent le tiers de la clarté que produisait la combustion du gaz ; que ce dernier ne lance jamais d’étincelles, ce qui en rend lemploi bien plus tranquillisant que celui des autres éclairages ; qu'il est trèsdifcile de parvenir à éteindre sa lumière par le vent et la pluie, ce qui doit le faire préférer pour les fanaux; qu'il a répété plusieurs fois Jes mêmes expériences , pour connaître les quantités de gaz fournies par le charbon de

terre; que le dernier essai qu’il fit lui prouva que trois boisseaux de charbon fournissaient autant de lumière que pourraient en donner quatorze cent soixante-dix chandelles de douze à la livre brûlant une heure ; que cette lumière est pure et brillante ; qu’on peut la conduire de toutes les manières imaginables ; que les lanternes de M. Winsor, dans Pall-Mall, présentent des formes variées ; qu’on y voit des imitations des quinquets ordinaires, et des lumières composées de trois flimmes formant ce qu'on appelle éperon de cog ; fleur de lys ou plumes de prince; chacune de ces flammes a trois pouces de long , et la force de dix-huit lampes ordinaires; de sorte que les trois lumières font l'effet de cinquante-quatre lampes ; qu'en tournant plus ou moins les robinets, on peut augmenter ou diminuer la lumière.

Page 1