‹ Traité pratique de l'éclairage par le gaz inflammable contenant une description sommaire de l'appareil et du mécanisme employé pour l'illumination des rues, des maisons et des manufactures ... à l'aide du gaz hydrogène carburéChapitre 8 sur 28 · THÉORIE · texte numérisé non relu

THÉORIE

De la combustion du charbon de terre, ser= vant d'explication à la nature et à la pro duction du gaz employé pour l'éclairage.

ere le monde sait que lorsque le charbon de terre brüle, il en sort une flamme plus ou moins vive , mêlée de temps en temps de superbes jets de lumière. Mais outre cette.

flamme, qui est un gaz particulier en état de combustion, la chaleur fait sortir du charbon une vapeur aqueuse chargée de différentes espèces d’un sel ammoniacal, un fluide épais et visqueux ressemblant au goudron, et plusieurs gaz incombustibles. La conséquence en est que la flamme du charbon de terre change contnuellement de couleur aussi bien que de volume et d'éclat. Tantôt vous voyez une belle gerbe lumineuse, et bientôt après, un tourbillon d’épaisse fumée.

Siles charbons, au lieu de brûler à l'air libre, sont distillés dans des vaisseaux fermés , on peut recueillir à part toutes leurs parties cons-

tituantes. La portion bitumineuse se condense sous la forme de goudron, il s’en précipite, en mêmetemps, un fluide aqueux mêlé d'une portion d'huile et d’ammoniaque. Une quantité considérable d'hydrogène carburé et d’autres gaz inflammables se dégagent, et laissent dans Vappareil distillatoire la base fixe du fossile, sous la forme d’une substance carbonacée appelée coke.

Fous ces produits s’obtiennent séparément dans des récipiens particuliers. L’hydrogène carburé ou gaz du charbon doit être purifié . des gaz incombustibles. Il se fait jour ensuite par de petites ouvertures où, une fois allumé, il remplit les fonctions d’une lampe pour éclairer, soit un appartement, soit tout autre lieu. C’est ainsi que le charbon de terre, production indigène de la Grande - Bretagne, procure à ses habitans une lumière pure, durable et “abondante, qu'on n’obtient d’une autre mamière, qu'en employant des substances trèsdispendieuses, et dont une paie est tirée de l'étranger.

C'est sur-tout d'après les soins qu'ils ont pris de recueillir avec le plus d'avantage et le moins de dépense possibles les produits divers du charbon, que les entrepreneurs de léclai-

rage comptent sur l’encouragement du public.

La flamme qui résulte de la simple combuson du charbon de terre n’ést d'aucune utilité dans l’économie domestique. Elle éclaire lin= térieur d’ün foyer, où lon recherché moins l'éclat de la lumière que la chaleur; ét quelquefois cette lumière même est obscurcie par les tourbillons de la fumée et des substances incombustibles.

Il est donc évident, par l'expérience journalière, que on perd ainsi beaucoup de substance inflammable, Souvent nous voyons uné gerbe brillante s'échapper tout à coup d’uné épaisse fumée , et disparaître aussitôt. Si l’on approche un flambeau des petits jets qui s’échappent des parties bitumineuses du charbon, Vôn voit aussitôt ces jets prendre feu, et répandre une vive clarté. Une énorme quantité de fluide gazeux, aussi propre à éclairer qu'à chauffer, s'en va continuellement par la cheminée , tandis qu'une légère portion dé s'allume de témps à autre. ,

La théorie de la production du gaz propré à l'éclairage, est analogue à ce qui se passe dans la combustion d’une lampe ou d'une chandelle. La mèche dela chandelle, entouréé par la flamme, est dans le même cas que le

charbon de terre soumis à la distillation. La principale fonctuon de la mèche est de conduire le suif, par l'attraction capillaire , au lieu où 11 doit être brülé. A mesure quil se décompose en gaz hydrogène carburé qui se consume et s’évanouit, une autre portion lui succède, et par ce courant continuel du suif en état de fusion, la baume est perpétuellement alimentée.

La combustion de l'huile dans une lampe se fait de la même manière. Les tubes capillaires formés par la mèche font le même oflice qu'une cornue placée dans un flambeau ardent, et dans laquelle on ferait passer goutte à goutte le liquide inflammable. L'huile est attirée dans ces petits tubes, elle se décompose en gaz hydrogène carburé, et c’est de la combustion de ce gaz que résulte l’illumination.

Quel est donc le but que l’on se propose par l'éclairage avec le gaz inflammable? Rien de plus que de créer, au moyen de fourneaux et d’un réservoir d’une capacité suffisante , la quantité nécessaire d’un gaz qui est exactement le même que celui qui procure la flamme des lampes et des chandelles. Ce gaz conduit par des tubes, à la distance requise, peut s’allumer aux extrémités des ajutages, et donner autant

de clarté que l'on désire. La seule différence qui existe entre ce procédé et celui d’une chandelle eu d’une lampe ordinaire, consiste en ce que le fourneau est disposé à part, au lieu de se multiplier presque à l'infini, dans les mèches de chaque luminaire. La distillation s'effectue dans un appareil commun, au lieu de s’opérer sur les particules successives de l'huile, du suif ou de la cire. Le gaz est dirigé à de grandes distances, et s’enflamme à l’orifice du tuyau conducteur, au lieu de brûler à l'extrémité d'une mèche. Le principe, en un mot, est fondé sur la raison, et justifié par le mode universel suivant lequel toute lumière est engendrée. Cette découverte compte néanmoins parmi les nombreuses et récentes applicauons de la chimie aux usages de la vie domestique, et promet d'être d'une uulité générale.

Ce que nous venons de dire démontre manifestement que l’on ne connaît pas encore tout le parti qu'il est possible de tirer du charbon de terre. Il nous suffira d'observer que l'analyse complète de la houille, qui jusqu'ict était reléguée dans le laboratoire du chimiste , qui exigeait les soins les plus minutieux etdes dépenses

énormes, se trouve aujourd'hui tellement sim

(8) , plifiée, que plusieurs chaldrons ( mesure de trente-six boisseaux ) de charbon de terre sont décomposés, dans un de nos appareils, en moins de six heures. On en obtient tous les résultats , au moyen de frais extrêmement audessous de l'utilité des produits.

D 0 0 1 A D NN NAN UANNANA AURAI ALIAATS

NOTICE

Sur l'origine et les progrès de la découverte

et de l'application du gaz du charbon à l'éclairage artificiel.

P our mettre nos lecteurs à portée de comprendre l’objet de la substintion du gaz inflammable au suif et à l'huile , il convient de dire un mot des découvertes successives qui ont eu lieu dans la décomposition du charbon et dans l'application de ses divers ingrédiens. Cette esquisse ajoutera aux nombreux exemples que présente l’histoire des sciences et des arts, de la lenteur avec laquelle les hommes savent rer parti des principes connus.

On trouve dans les transactions philosophiques de la Société royale, t. 41, pour l’année 1759, un article où il est rendu compte de quelques expériences faites par le docteur James Clayton. On voit, par cette dissertation, que déjà la nature du gaz du charbon était connue. Le docteur Clayton ayant distillé du charbon de Newcastle, obunt pour résultat un fluide

( 10) aqueux , une huile noire et un gaz inflammable. Le docteur recueillit ce gaz dans des vessies, afin de le brüler à volonté.

Au commencement du dernier siècle, le docteur Hales (1) ayant soumis le charbon de terre à un examen chimique , trouva que, pendant la distillation de ce fossile dans des vaisseaux fermés , à peu près le tiers de la substance se volatilisait sous la forme d’une vapeur inflammable. Ainsi, aucun de nos conteinporains ne saurait revendiquer la primauté de la découverte.

En 1767, l’évêque de Llandaff (2) examina la nature de la vapeur et des produits gazeux qui s'étaient formés pendant la disullation du charbon de terre. Ce savant physicien remarqua que le produit volaule s’enflammait, nonseulement à son issue de appareil distillatoire, mais conservait encore cette inflammabihté après avoir passé dans l’eau, et avoir suivi deux grands tubes recourbés. Les matières solides recueillies par le vénérable prélat furent un fluide aqueux ammonmiacal, une huile grasse ressemblant à du goudron, une liqueur ammo-

(1) Statique des végetaux , tome 1.

(2) Essais critiques de Watson, t. 2.

(M) niacale et un charbon spongieux, c’est-à-dire du coke (1). |

La première découverte de l’applieation de Vusage de ce gaz à l'éclairage, est réclamée par M. Murdoch. | s |

Le docteur VW. Henry de Manchester a publié, sur cette découverte, la notice suivante (2) :

« En 1792, M. Murdoch, qui résidait alors” ‘à Redruih, dans le comté de Cornouailles, commença une série d'expériences sur la quantité et la qualité des gaz contenus dans différentes substances. Il remarqua, dans le cours de ses recherches, que le gaz obtenu par la disüullation du charbon de terre , de la tourbe, du bois et des autres matières combustibles, se brûlait avec une flamme extrêmement vive. ÎL imagina qu’en recueillant ce gaz et en le dirigeant à l’aide de tuyaux, il pourrait le subsutuer avec avantage aux lampes et aux chandelles. Il en fit la distillation dans des cornues

(:) Système de chimie, par Thompson, tome 1, pag. 92.

(2) Ce qui précède est tiré en substance d’un ouvrage de M. Winsor, publié en 1807, et intitulé : Consideration sur l'établissement d'une compagnie pour l’éclairage par le gaz. (Note du trad.)

de fer, et le gaz fut conduit, au moyen de tubes de fer-blanc ou de cuivre, à la distance de ro picds. À cette distance, comme dans tous les points intermédiaires, le gaz était susceptible de prendre feu, en passant par des or1fices de différens diamètres et de différentes formes, qu'il varia, à dessein, pour mieux conpaître les dimensions convenables. Tantôt le gaz sortait par une multitude de petits trous percés comme ceux d’un arrosoir, tantôt il suivait des becs minces et allongés , tantôt des tubes circulaires, disposés coinme ceux des quinquets. Des outres de peau ou de taffetas vernissé, des vessies ou des vases de fer-blanc furent remplis de ce gaz inflammable. M. Murdoch les promenait tout allumés d’une chambre à l’autre, afin de montrer la facilité de se procurer une lumière transportable. EI fit pareillement de nombreux essais pour s'assurer de la quanuté et de la qualné des gaz produits par des charbons de diflérentes sortes, tels que le swansea, le haverfordwest, le newcastle, le shropshire, le stafflordshiré, et quelques espèces de charbons d’'Ecosse.

« Les occupations multipliées de M. Murdoch ne Îui permirent pas de suivre plus long-temps cet objet, mais 1l profita d’un mo-

ment de loisir pour répéter ses expériences sur le charbon et la tourbe de Old-Cumnock, dans le Avyrshire, en 1797. Ces nouvelles expériences, comme les anciennes, eurent pour témoins une multitude de spectateurs qui pourraient l'attester. En 1708, il construisit, à la fonderie de Soho, un appareil qui servit, pendant plusieurs nuits, à l'éclairage de l’édifice. Les expériences sur la largeur des différens orifices furent répétées en grand. Îl essaya aussi diverses méthodes pour purifier le gaz et en écarter toute fumée et toute mauvaise odeur. Ces expériences, interrompues par intervalles , furent cependant continuées jusqu’à l'époque de la paix de 1802. Alors, la brillante illumination de la manufacture de Soho fournit une occasion d'offrir au public les résultats de cette découverte, et ce fut un des spectacles les plus remarquables de cette époque (1). »

En 1803 et 1804, M. Winsor fit, au lycée de Londres, des expériences sur ce nouveau mode d'illumination , quoiqu'il tint secret le

(1) Cette brillante description ne fut mise au jour qu’en 1805 , tandis que mes premières publications eurent lieu en 1800, et que je fis des expériences publiques en 1805, 1804 et 1805. (Note du trad.)

mécanisme à l’aide duquel il dégageait et purifiait le gaz(r). Il prouva qu’on pouvait éclairer ainsi l'intérieur d’un appartement au moyen de chandeliers, de lampes et d’ajutages de toute espèce. Il employa, entr’autres choses, de longs tubes flexibles suspendus au plafond ou aux murailles, et dont l’extrémité venait aboutir à ses flambeaux. Il résulta de ces expériences,que la flamme du gaz ne produisait point de fumée ; qu'elle n’était pas aussi dangereuse que celle des chandelles ou des lampes ; qu’elle ne donnait pas d'étincelles, et que ni le vent ni la pluie ne l’éteignaient aussi aisément.

Les expériences de M. Winsor furent exécutées plus de deux années avant qu’on eût entendu parler de la réclamation de M. Murdoch pour la priorité de l'invention.

En rappelant ces faits, on ne prétend pas dire que M. Murdoch ait tiré de la représentation de M. Winsor l'idée d'appliquer le gaz à l'éclairage. Il est dans le cercle des probabilités, que les idées de M. Murdoch ont été

(1) Cela n’est pas exact; pendant les années 1802, 1805 et 1804, des milliers de personnes virent mes machines, et M. Accum lui-même n'ignore pas que , dans ma maison à Pall Mall, je recevais beaucoup de monde à qui je les expliquais. (Vote du trad.)

(15 ) absolument indépendantes de toute connaissance des procédés de M. Winsor.

Le droit de priorité d’une invention n'intéresse le public, qu'autant que l’honneur et la gloire attachés au mérite d’une découverte engagent d’autres personnes à consacrer leurs talens à des recherches dumème genre. C’est ainsi que le génie inventif de l’homme est excité, et qu'il travaille sans relâche à l’uulité de ses semblables. Mais quant aux avantages qui résultent d’une découverte en particulier, il n’y a pas de doute que lon doit plus de reconnaissance à la personne qui, la première, a tiré une utilité pratique d'un procédé quelconque , qu'à celle qui en a découvert le principe, et ne s'est livrée qu'à de vaines expériences. |

M. Winsorest, sans contredit, celui dontla persévérance et les soins ont dû frapper les regards du public par l'application la plus étendue du gaz à l’éclairage, en 1802 ; mais iln’afait aucune nouvelle découverte sur la nature du charbon de terre. Il n’a pas même inventé la méthode de conduire le gaz par des tubes ; et s'il a indiqué les particularités du système, il a introduit dans cette branche de science un perfectionnement très-1mportant , quoiqu'il ne

soit pas le plus brillant, Les ouvrages publiés par M. Winsor sont d’ailleurs peut-être mal conçus pour favoriser sa cause. Les calculs exagérés auxquels tout inventeur rempli de son objet est malheureusement porté à se livrer, Ont, aux yeux des observateurs superficiels, répandu un certain ridicule et une sorte d'invraisemblance sur le résultat de son sys tème (1).

Cependant, nous affirmons, sans hésiter, que si les mêmes faits eussent été mis au jour sous la protection du nom de quelque chimiste distingué, lincrédulité du public serait depuis long-temps vaincue; on aurait mis plus d'empressement à seconder, comme objet d’uulité publique, un plan qui, depuis plusieurs années , a toutes sortes d'obstacles à surmonter.

Le 18 mai 1804, M. Wainsor prit une patente ( ou brevet d'invention) pour un procédé qui consiste à tirer de la houille l'air inflammable, l’ammoniaque, le goudron et d’autres produits, en procurant , en même temps, du coke d’une qualitésupérieure. ( Foyez le Répertoire

pets

(1) Ce passage , traduit littéralement, ne s’accorde point avec ce que dit M. Accum dans les autres parties de cet ouvrage, n1 avec sa déposition faite devant le

parlement. ( Note du trad.)

(-#7.) des brevets d'invention, 2° série, t. 172.) Dernièrement ( 1808) il a pris un second brevet pour d’autres perfectionnemens dans le même procédé.

En 1805, M. Northern de Leeds est entré à son tour dans la carrière, ainsi qu’on le voit par l'extrait suivant du Monthly-Magazine , avril 1805.

« Jai distillé, dans une retorte, cinquante onces de charbon de terre én état d’incandescence. Elles ont donné six onces d’une matière liquide couverte d'huile plus ou moins fluide, suivant que la chaleur augmentait ou diminuait, Vingt-six onces de cendres restèrent dans la retorte; le reste s’échappa en fluide aériforme , êt je le recueillis dans un appareil pneumatique. J'en mêlai une partie avec l'air atmosphérique et l’énflammai au moyen de l'étincelle électrique. Il en résulta une assez forte explosion qui proûva que c'était de Fhydrogène. Je ne puis assurer si d’autres gaz étaient ou n'étaient pas méêlés à celui-ci. Je trouvai dans le récipient un fluide d’un goût acide (1), avec une grande quantité d'huile,

(1) Cela prouve que ce ‘savant ne savait pas encore bien distinguer un acide d’un alkali. (ÜVote du trad.) À

(18) et au fond une substance semblable à du goudron.

« L'appareil dont je fais usage pour produire la lumière est une cucurbite de raffineur. Après l'avoir remplie de charbon jusqu’au sommet, j y adapte un chapiteau de métal , joint hermétiquement avec de l'argile ou tout autre lut qui empêche l’évaporation du gaz. Un tuyau de métal soudé dans Le chapiteau, descend jusque sous la planche de l'appareil pneumatique, où je place une cloche surmontée d’un robinet et d’un petit tube. Cette cloche doit être remplie d’eau. La cucurbite étant exposée sur le feu , à mesure que la chaleur se développe, le gaz est poussé sous la cloche , et en fait régulièrement descendre un pareil volume d’eau.

J'ouvre alors le robinet et mets le feu au gaz qui s'échappe par le petit tube. Il en résulte une très-belle flamme qui ne répand ni fumée ni odeur d'aucune espèce. Si le gaz ne passait point dans l’eau, la lumière serait encore trèsforte, mais elle ne serait ni aussi vive, ni aussi claire ; elle produirait d'ailleurs une fumée un peu plus épaisse que celle qui sort d’une lampe commune.

« J'ai l'espoir que quelque mécanicien indusiieux ou quelque chimiste fera cette expé-

(19) À 3 ; 1 CR CC URL : .

#ence en grand, de manière à éclairer de vastes atteliers ou d’autres usines à moins de frais qu avec des la mpes à huile. »

Bientôt après, M. Samuel Clege (r) de Marichester, ingénieur, ayant Céniteniqié à la Société des arts une ñotfée sur sa méthode d'éclairer lés manufactures avec le gaz inflammable, en reçut une médaille d'argent,

Depuis ce temps , l'éclairage par le gaz hydrogène a fait des progrès rapides, et de nombreux atteliers doivent à ce moyen leur iilumination.

« En France, l'application de à éclairage des gaz à économie domestique fut indiquée lonëtemps avant l'utilisation publique en AS terre. M. Lebon ouvrit à Paris, dans l’hiver de 1802, des salles entières éclairées par le gaz inflammable. Des milliers de spectateurs vinrent admirer ses travaux, et le gouverne ment français lui accorda un brevet d'invenuon pour la découverte de la lumière tirée du bois distillé dans des vaisseaux couverts. »

Plusieurs autres tentatives ont été faites pour mettre à profit les divers ingrédiens du char-

‘1) La compagnie d’éclairagé de Londres vient de s'adjoindre M. Cicgg en qualité d'ingénieur.

( 20 ) bon ; mais elles ne sont pas assez connues pour que l’énumération en soit nécessaire.

Vers 1808, M. Murdoch présenta à la Société royale un aperçu sur l'éclairage par le gaz inflammable , fait par M. Lee à Manchester (1), et reçut la médaille fondée par le comte de Rumford.

Voici ce que la notice de M. Murdoch renferme de plus remarquable:

« La totalité des atteliers de la manufacture de coton de M. Lee à Manchester , la plus

considérable peut-être qui existe dans les trois royaumes , les comptoirs et les magasins

du même établissement, ainsi que la maison

d'habitation de M. Lee, sont éclairés par le gaz inflammable uré du charbon de terre. On

a vérifié, par la comparaison de l'intensité des ombres, que la quantité totale de lunuière fournie pendant le temps du travail, équivaut à celle que donneraient deux mille cinq cents chandelles moulées, de six à la livre. Chaque chandelle, d’après la comparaison qui a été faite, consommerait + d'once (oucentsoixantequinze grains) de suif par heure.

« Les appareils pour l'éclairage sont de

(1) Voyez l'enquête du parlement, pag. 39.

deux sortes. L'un est fondé sur le principe de la lampe d’Argand ( le quinquet ) , et en a l'apparence extérieure; l’autre est un petit tube recourbé , terminé par une extrémité conique et trois orifices circulaires d’un trentième de pouce de diamètre. L'un des orifices est à la pointe du cône. Les deux autres sont sur les côtés. Le gaz, sortant par les issues, forme trois jets divergens qui ressemblent à une fleur delis. La forme de ce tube lui a fait donner, par les ouvriers , le nom de /ampe à éperon de cog.

« Le nombre des portes-flamme employés dans l'établissement , est de deux cent soixanteonze ajutages en forme de quinquets, et six cent cinquante-trois à éperon. Chacun des premiers donne une lumière égale à celle de quatre chandelles de six à la livre. Les autres éclairent autantque deux et un quart de ces mêmes chandelles. Ainsi, la totalité de la lumière est à peu près celle de deux mille cmq cents chandelles de six à la livre. Tousces appareils consument, en une heure, douze cent cinquante pieds cubes du gaz tiré du charbon le plus léger. La quantité et la qualité supérieure du gaz qu'on en obtient, a fait donner à ce charbon, dit canel-coul, une préférence décidée, malgré sa cherté.

« Le temps de l'éclairage peut être de deux

heures par soirée, d’après une moyenne proportionnelle des jours d'été et des jours d'hiver. Dans quelques atteliers de filature où l’on est pressé d'ouvrage, la durée est de trois heures. Enfin, dans le petit nombre d’atteliers où lon travaille pendant la nuit, l’éclairage a lieu durant douze heures. Mais, en noustenant au calcul moyen de deux heures sur vingt-quatre, la consommation dans la manufacture de MM. Phi.

hps et Lee peut être de 1250 x 2—2500 pieds cubes de gaz par jour. fl faut pour cela disuller dans la retorte 700 lv. pesant de charbon. Le prix du meilleur canel-coal de Wiggan (celui dont on fait usage), est de treize pence etdemi par quintal ou vingt-deux shitlings, six pence par tonneau de deux milliers : cela fait huit shillings pour les sept cents livres pesant. En multipliant cette quantilé par le nombre de jours de travail dans l’année, c'est-à-dire par trois cent treize, la consommation annuelle du charbon de terre se trouvera être de cent dix tonneaux , et la dépense de 125 livres stering. |

« Environ un üers de cette quantité , ou quarante tonneaux de charbon de terre commun, à raison de dix shillings par tonneau, étant nécessaire pour chaufler les retortes , il en ré-

(23) sulte une autre dépense annuelle de 20 livres sterling.

« Les cent dix tonneaux de charbon de qualité supérieure étantdistillés, produisent soixante-dix tonneaux d’excellent coke, lequel se vend sur la place à raison d'un shilling quatre pence par quintal , et procure une rentrée annuelle de 95 livres sterling.

« La quantité de goudron produite par chaque tonneau de charbon de terre, est de onze à douze galions, faisant un produit total de douze cent cinquante gallons pour l’année. Ce goudron n'ayant pas encore été vendu, on ne peut en déterminer la valeur.

« L'intérêt du capital qui a été employé à la construction des appareils et des édifices nécessaires, ainsi que la réduction à accorder pour tare et déchets, sont fixés par M. Lee à environ 55o livres sterling par année. Mais il faut observer que les appareils ont été construits avec plus de développement qu'il n'était nécessaire.

« M. Lee pense que les frais causés par l’al- Jumage et la surveillance des chandelles , égalient, s'ils ne surpassaient, les frais de sur- . veillance de l'appareil. Ainsi ces deux sommes se balancent.

(24) Voici le tableau des frais pour une année :

liv. sterl « Prix des 110 tonneaux de charbon fin, 125 « Ditio de 40 tonneaux de charbon commun servant de combustible, . . . . . . 90

Toramies sans. 84 D

« Déduction de la valeur de 70 tonneaux dé CORRE de Route Het 9 « Reste, sans compter la valeur du gou-

, dron. e QUMe Mb tèrs et te e e e e e e e C2 e e k Bo

« Pour intérêts des capitaux, pour de- ChELS EL TéhaAHONs.. ee et | 550 « Dépense totale par an, environ . . . 60e

« La dépense des chandelles fournissant la mème lumière , s’éleverait à environ 2,000 liv. sterling; car chaque chandelle brûlant + de suif par heure, etles deux miile cinq cents chandelles étant allumées à la fois, deux heures par jour pendant l'année , occasionneraient cette dépense à raison d'un shilling par livre.

« Si la comparaison était faite sur le pied de trois heures par jour, et ce calcul est peut-être celui qui approche le plus de la vérité, les déchets et les frais de réparation, restant à peu de chose près les mêmes, la dépense totale

(25) n’excéderait pas 650 liv., tandis que les chan. delles coûteraient 3,000 liv. sterling (1).

M. Ackerman, imprimeur-libraire de Londres , a fait voir que les avantages de l'éclairage par le gaz ne se bornent pas aux grandes manufactures; qu'on en peut faire usage dans de plus modestes établissemens. La totalité de son établissement, sa librairie, son magasin, ses atteliers d'imprimerie, ainsi que sa maison d’habitation , depuis la cuisine jusqu'au salon, sont, depuis quatre ans, éclairés avec lé gaz inflammable, à l'exclusion de toute autre lumiere.

La lettre que nous” allons i insérer Ici, fera connaître le devis de sa dépense.

A M. Accum.

« En réponse à la lettre par laquelle vous me demandez des renseignemens sur le mode d'éclairage que j'ai adopté dans ma maison , je vous transmets la note suivante : |

« Je charge deux retortes avec deux cent quarante livres de charbon de terre, dont la moitié est de la meilleure espèce (le canel-coal), et la moitié du charbon de Newcastle. J’en obtiens mille pieds cubes de gaz. Pour avoir cette quantité de gaz, lorsque les retortes sont refroidies , j’'emploie cent à cent dix livres de charbon commun ; mais lorsqu'elles sont une fois chauffées

(1) Avantage de quatre cent soixante pour cent,

au rouge, et qu'il ne s’agit plus que de les entretenir, chaque foyer ne consume plus que vingt-cinq livres de charbon par retorte. La flamme du gaz ainsi distille, entretient quarante lampes d’Argand d’une grosse dimension , pendant quatre heures par soirée , en hiver, ainsi que huit lampes d’Argand , et viugt-deux lampes simples à éperon , à raison de trois heures par soirée. Il faut y ajouter seize petites lampes, qui brülent dix heures par jour, et dont mes imprimeurs en taille douce se servent pour échauffer leurs planches au lieu de feu de charbon de bois. Dans le cœur de l'hiver, je charge deux retortes par jour; mais, l’un dans l’autre , chacun des trois cent soixante-cinq jours de launée ne consomme qu'une seule retorle.

« Trois cent soixante-cing retortes, contenant cent vingt livres de charbon chacune , font quarante-trois mille huit cents livres, équivalentes à dix chaldrons de Newcastle et huit tonneaux de charbon léger.

F liv. sterl. sihl.

Dix chaldrons de Newcastle coûtent,

à raison de 65 shilhngs . . . . . . . 32 10 Huit tonneaux de cancl-coal à raison

de 100 shillings par tonneau . . . . . 40 »

Sept chaldrons de charbon commun

pour la carbonisation , à 55 shillings ne 5 Gages payés au domestique qui sur-

veillesles appareils, … ...... :...... . Go » Intérêts du capital . RE DR TOR CPE »

Déchets et Fépataliohe 4 l appareil, et que l’on doit regarder conne équi- — valent à l'entretien et ee uon des lampes, chandeliers, etc. pour me- Do SN ee US DE »

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