‹ Traite pratique de l'exploitation des mines; lecons professees a l'Institut industriel du nordChapitre 44 sur 62 · I. sti · texte numérisé non relu

I. sti

5^ Moins de vides produits par les voies, ce qui csl à con>id si la veine fournil trop de terres.

i^ Moins d'usure de matériel sur les plans plus fixes et m établis.

Mais le grand avantage des tailles chassantes, et c'est là trait le plus saillant de ce système, c'est qu'elles se prêtent allures accidentées, aux changements dlnclinaison, alors que 1 tailles montantes cessent d'être applicables sur les pentes imffi lières ou sur les pentes trop fortes. Indépendamment de ce qui y a danger, dans ce dernier cas. à employer ce système, il real alors difficile le boutage des charbons qui se mêlent facileineril aux remblais. I

Le système des tailles chassantes exige un peu plus de rouleurs.

Dans des veines d'inclinaison régulière et moyenne, on trouvera avantage à employer les tailles montantes quand on voudr développer rapidement une exploitation ; cet avantage eonstiic pour ainsi dire le caractère essentiel de la méthode.

n emplacement des tailles chassantes par îles uialntenagcs dans les x^sr fort inclinées. — Eiploilation par {trailins renTersés.

2II4. Lorsque les veines exploitées par tailles eliassanti':; ^ rapprochent de la verticale^ les ouvriers à veine ne peuvent plo.* s'appuyer sur le mur de la couche, ils s'échafaudent les uns audessus des autres sur des planchers qui reçoivent le ehaiiioc abattu. Le boutage de ce charbon s'opère ensuite en le faisant tomber de plancher en plancher jusqu'au bas de la taille, où os l'enlève par la voie horizontale qui le conduit au plan iacline. Mais il est aisé de comprendre que ce boutage produit beaucoup de menu et qull est fort incommode; le travail exécuté daa^ ces conditions ne laisse pas d'ailleurs que de présenter quelque danger.

On évite ces inconvénients en i*emplaçant chaque taille cbâî-

DlX-NEUVlfeME LEÇON. 323

santé par une série de gradins auxquels on donne^ en Belgique, le nom de maintenages, et en plaçant les ouvriers en retraite les uns sur les autres, comme le montre la figure 419. Une taille de 12 à 14 mètres, par exemple, sera remplacée par six maintenages. On ménage au milieu des remblais des cheminées desservant chacune deux maintenages et aboutissant à des trémies placées sur la voie inférieure qui conduit les charbons au plan incliné. Ce système qui nous ramène en définitive à la méthode par gradins renversés appliquée aux filons métalliques est fort avantageux dans les veines très-inclinées, mais je dois signaler l'inconvénient qu'il présente dans les veines renfermant du grisou. Cet inconvénient consiste dans la multiplication des espaces anguleux d'où le courant d'air chasse difficilement le fluide dangereux qui tend à s'y loger.

2B&. Les dressants s'exploitent par gradins renversés au charl>onnage du Gouffre, au Grand Hornu et dans d'autres charbonnages du pays de Mons et des environs de Charleroi; c'est la méthode employée également aux mines de Fléchinelle. Elle consiste, d'une manière générale, à exploiter chaque relevée par une série de gradins de 2 mètres de hauteur, en descendant les rharbons à la voie qui dessert chaque relevée, par des cheminées ménagées au milieu des remblais et munies d'une trémie inférieure pour le chargement direct des berlines. Les relevées inférieures sont d'ailleurs reliées à la voie de fond principale par des plans inclinés à demi-pente.

Cette méthode représentée figure 417 a été appliquée, avec quelques perfectionnements, dans la Feine à Forge ^ le Grand- Moulin, la Feme d'Amie et dans d'autres veines du Grand- Hornu, atteignant des inclinaisons de 50° à SO^*. On a fait, dans cette application, usage de plans inclinés à chariot-porteur qui ont produit d'excellents résultats.

Les gradins ou maintenages du Grand-Hornu ont 2(",50 de hauteur; ils sont attaqués, chacun, par un ouvrier monté sur un échafaudage en planches nommé raivoir qui repose sur deux

5â4 CHAPITRE VII.

étais appelés boutriaux; il y a deux de ces rawoirs par maini-: nage, Tun au milieu du gradin, lautre qui s'étend un peu aodessous de sa base; c'est sur ce dernier que l'ouvrier nettoie soii charbon. Des voies horizontales, servant au roulage ^ sont rnéo^ gées dans les remblais et desservent chacune six mainlenage^ Des cheminées, ménagées également dans les remblais et dir tantes de 6 mèlres d'axe en axe, conduisent le charbon à m voies horizontales; ces cheminées ont 1 mètre de largoir: elie^ sont garnies avec des veloutés ou paillassons et aboutissent à une trémie qu'une planche inclinée permet de démasquer. Le> cheminées restent toujours pleines; de cette façon on évite l'bris du charbon. La 6ourre ou distance qui sépare le front df deux maintenages est d'environ 5 mètres.

Le boisage des gradins se fait par de simples boutriaux serrf^ par un coin de forme allongée qu'on nomme esclitnpe. Quand k toit est ébouleux, ce moyen devient insuffisant et Ton remplait les esclimpes par des fausses bêles reposant sur des boutriaux. On soutient le havage par des étais ou pilots qu'on enlève: ceiir opération porte le nom de détroussage. La partie supérieurt d un maintenage se nomme la couronne et la partie inférieure porte le nom de talon.

Les ouvriers se rendent à leurs maintenages par des ehemiDée> spéciales munies d'échelles en fer

Des sclauneurs ou hercheurs, desservant les eosteresse^. nmènent le charbon aux plans inclinés distants les uns des autfv> de ISO mètres, et qui ont une longueur variable de 70 à 1^0 mètres; ces plans inclinés livrent chacun, par jour, de 300 à 350 berlines de 4 hectolitres.

L'exploitation est conduite de la manière suivante :

La veine en dressant étant recoupée par un bouveau. on ouvre à droite cl à fçaiiche quel(]ucs mètres de galerie cos!er^•^^^^ et l'on établit, en ferme, sur 3 mètres de largeur une montée Arrivé à la hauteur déterminée par un maintenage^ on chass' un premier groupe de maintenages à droite et à gauche touteii

DIX-NEtVlÈMË LEÇON.

ontinuant à monter, et Ton ouvre successivemenl de nouveaux naintenages au fur et à mesure que l'on s'élève. On arrive ainsi 1 la hauteur voulue pour établir une nouvelle costeresse autessus de laquelle on exécute les mêmes travaux.

La comparaison établie pour une même veine entre le travail l'une quinzaine exécuté en dressant par maintenages sur 70<» l'inclinaison , et le travail en tailles montantes dans une partie nclinéc de 37<> 30' a fourni les résultats relatés dans le tableau uivant :

■ ECTOLITBM

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6ii,i5

Ce tableau monlre que l'exploitation par maintenages procure $ur l'autre système^ une économie de fr. 0^072 par hectolitre, nais un excédant de dépenses de fr. 0,0o4 sur le boisage.

On emploie deux sortes de plans inclinés au Grand-Hornu : les plans inclinés avec chariots-porteurs à contre-poids par dessous, qui reviennent à environ 19 francs le mètre courant tout pompris, et les plans à contre-poids par côté qui reviennent à Si francs. La comparaison d'une exploitation en dressanis par plans automoteurs demi-tiernes^ c'est-à-dire établis obliquement, à demi-pente, et par plans avec chariot-porteur francs- tiernes ^établis suivant l'inclinaison), accuse, en faveur de ces derniers, une économie notable comme main-d'œuvre et entretien. Les

plans à chariots-porteurs ont d'ailleurs Tavantage d'éviter m pertes de charbon et permettent de charger davantage les ber« Unes.

ExploitaUon des droits ou dressants de FiëchlneUe.

\. A Fléchinelle, les veines sont presque verticales, c'est-?dire qu'elles présentent des inclinaisons variant de 73<^à9(^ avec pied au Midi; elles s'infléchissent même parfois en présestant le pied au Nord.

Les tranches d'exploitation sont généralement de 50 mètrf< c'est-à-dire que les étages portent les cotes 440, 190, 230, M l^es derniers étages ont été placés à 320 et 350 parce qu'il semblait qu'en pied rinclinaison s'accentuait davantage, tout au moins pour les veines du faisceau du Midi.

Pour les travaux vierges au delà de la faille du Levant, è même que pour les travaux des étages 320 et 350, les veimsont recoupées presque en même temps, à deux étages diflereni? par les bouveaux ^boweltes) ou par les recoupages. La veim recoupée, un busquin en veine (cheminée) est défoncé de Félaff supérieur à l'étage inférieur. Lorsque le dégagement de grisoB à l'étage inférieur n'est pas trop considérable ou qu'un coumot d'air spécial peut être mis à la disposition du travailleur, on fait un montage à l'aplomb du busquin pour activer la communication.

En général, on a toujoui*s mieux réussi en montant avet 2 mètres de largeur et en faisant suivre Tair par un tu}au d'aérage, qu'en montant en taille avec cheminée d'aérage et cheminée à charbon.

La communication établie, la veine peut être mise en exploitation.

La méthode employée est analogue à celle qui vient d'élndécrite (n» 295).

A Fléchinelle, la voie de niveau (voie de fond, cosleres.^ n'avance pas plus de 4 mètres au delà du premier ixradin. m

tison du dégagement de grisou. Les gradins sont de 2 mètres e hauteur et avancent^ en retraite les uns sur les autres, de à 4 mèlres. La première tranche ou taille se compose de six à ept gradins en outre de la voie de fond, le dernier gradin forlant ravaneemenl de la première fausse voie ou voie interméiairc. Le nombre de gradins dépend de la puissance de la veine, 3 remblayage des vides laissés par l'enlèvement de la houille ev^nl se faire par les terres produites par le coupage delà voie le fond et de la deuxième voie. Les terres de la voie de fond ont relevées par des releveurs à la manne. Les terres de la Icuxième voie glissent de haut en bas. Il n'y a de terres rele- ;^ées que celles qui doivent remplir les deux ou trois premiers ;raf]ins, car pour les tranches supérieures, les terres de la voie ;upérieure romplissenllts gradins inférieurs. Le nombre de gralins de ces tranches sera donc moindre que celui de la première ranche et sera de trois, quatre ou cinq, selon la puissance de la veinr.

Les cheminées amenant le charbon sur la voie de fond et des* servant les gradins, sont espacées de iO mètres en iO mètres. Ces cheminées sont fermées par des trappes ouvertes par le chargeur lorsque la berline est amenée sous la trémie.

Ici, comme à Hornu, les cheminées sont maintenues pleines pour diminuer le bris du charbon.

Les cheminées sont garanties par des planches cl des queues, afin d'éviterqueles terres ne se mélangent à la houille. Les essais de garnissage des cheminées par des veloutés ou paillassons n'ont pas été heureux en raison de la nature inflammable de la houille dont réchauiïement était facilité par la paille.

Les tailles sont en retraite les unes des autres de 10 à 20 mètres.

Les charbons sont amenés par dos berlines à bascule dans les cheminées de la tranche inférieure. La même cheminée dessert plusieurs tailles lorsque le maintien des voies intermédiaires n'est pas nécessaire.

En raison de rirrcgularité du gitc, on n'a pas encore pu élaWir à Fléchînelle des voies inclinées, à Iravers les remblais <, pour amener les charbons des tranches supérieures jusque sur la voir de fond, et la nature friable des terrains encaissants ne permei pas d'établir des balances. En théorie, ce serait une grande ami^ lioration et les produits obtenus seraient plus gailleteux , mai^ jusqu'à ce jour, il n'y avait pas eu lieu de s'occuper de celte amélioration; à Tabatage même les charbons étant par trop menus, les travaux à faire ne trouveraient pas leur compensation dans k résultat flnal.

Une tranche générale d'exploitation, dans une veine et dan^ une seule direction, se compose donc à Fléchinellc, pour 50 mètres de relevée verticale, d'une taille à six ou sept gradins et de quatn* tailles à cinq gradins ou cinq tailles à quatre gradins suivant b puissance de la veine qui varie de 0«n^60 à l'n.20.

En principe, chaque gradin est occupé par un ouvrier, étaiii entendu que la voie se travaille comme un gradin ordinaire et qu'un coupeur de mur fasse les terres dans le gros de ce mur en aidant au remblayage. Mais en raison des avancements de h veine, des absences au travail, etc.. etc., on ne compte guère plus de seize à dix-sept ouvriers par côté de veine.

L'avancement moyen en exploitation régulière est de I niètn* à i»n,20et le prix, au mètre carré varie, de fr. 1,50 c« à fr. 2,30c .

ao* Leçon,

(b). — Exploitation des couches moyennes.

tel. On peut dire, d'une manière générale, que les mélhode> d'exploitation en usage dans les couches minces peuvent étn> appliquées aux couches moyennes à condition de ne remblayer les excavations que partiellement, c'est-à-dire en laissant dv^ vides convenablement espacés et en faisant des piliers de rem-

blaîs^ou bien encore., en remblayant complètement, mais avec des terres provenant du dehors, en partie ou en totalité.

Remhlayage des taUles à Courriéres.

%9H. Aux mines de Courricres, où l'on exploite des veines de I «",20 à 3 mètres d'ouverture, produisant peu de terres, on remblaye complètement les tailles chassantes qui ont 10, 12 et 1 4 mètres de largeur, mais sans introduire de remblais de la sur- Tace. Les terres proviennent en partie des tailles, en partie des bowettes et enfin le reste est fourni par les rauchages ou relevages des voies intermédiaires qui desservent les tailles et des voies de fond. On n'hésite pas à donner d'assez fortes sections aux voies secondaires; aussi le roulage est-il partout facile et se pralique-t-il par des hommes fails qui fournissent un travail utile élevé et plus économique que celui qu'on obtient ailleurs avec des enfants.

Le remblayage se fait avec des berlines de 4 hectolitres et non pas avec de petits barrows comme cela se pratique dans beaucoup d'exploitations; on ne craint pas de remonter les terres sur des voies inclinées: on s'impose, en un mot, pour les remblais, de grands sacrifices , que permettent la régularité des veines et les facilités de l'abatage. Les remblayeurs sont payés à la journée, mais lors de sa première tournée, le porion à terre marque les bois dans les tailles et détermine le cube à remblayer.

Les conditions qui permettent d'opérer comme à Courrières ne se rencontrent pas fréquemment dans les couches moyennes du Nord, et l'on doit alors renoncer, la plupart du temps, à un remblayage complet des excavations. On peut alors s'écarter des méthodes que nous avons décrites et recourir à la méthode d'exploitation par piliers et galeries ou à celle qui est connue sous le nom de méthode par massifs longs.

Méthodes par pillera et galeries et par lODgs^massIfe.

t99. Dans la première méthode on découpe la veine en an série de piliers, par un traçage composé de deux systèmes d» galeries; on poursuit le traçage de ce réseau jusqu'à la limitr assignée parikîxploilation et Ton opère ensuite le dépilage eB battant en retraite.

Dans la seconde qui évite les frais d'entretien de nombreuse^ galeries, la période préparatoire est moins longue. On découpe If gisement en longs massifs de 50 mètres de hauteur, par exemple. sur 100 mètres de longueur par deux systèmes de galeries, mai^ sans attendre la (in des traçages, on attaque les piliers pendan' que le réseau préparatoire s'avance vers la limite assignée à Tev ploitation. A cet effet, à partir des voies montantes, on chasït des costeresses qui s'élargissent au delà de la région proleclrict de ces voies montantes et deviennent de petites tailles découpant les piliers en longs massifs longitudinaux. Ces massifs sont ensuite repris par le milieu en rabattant vers les deux voir extrêmes, comme le montre la figure 418 (fil, XXVl), qui représente une exploitation idéale par cette méthode. Selon qu^ le toit est plus ou moins solide, on prendra les galeries longitudinales plus ou moins larges et Ton aura à dépiler des pilip^ étroits ou des piliers larges.

Le dépilage s'opérera, soit par tailles montantes, si les terrain> sont peu solides, soit par tailles chassantes, si la solidité du toit le permet.

Exploitation de la veine Nickel an charbonnage de Bascoup.

300. Comme application de ce système à un cas particulier. je citerai la méthode appliquée par M. Briart à Texploilalion de la veine Nickel à Bascoup en 1869 et 1870 (fig. 424, pi. XXVIl ('ette méthode est d'ailleurs suivie depuis longtemps en Alk^ magne.

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