I. so
506 GIIAPITKE Vil.
à rexploitation des veines de houille peu puissantes et fort inclinées.
Méthode par gradins droits. (Fig. 401, c.)
t9(i. Dans la méthode par gradins droits, le dépilage de chaque massif commence à Tun des angles supérieurs par une taille horizontale de 1 mètre à 1°',50 de hauteur prise dans la sole de la galerie; les autres tailles attaquent successivement la sole de> tailles précédentes; les remblais sont rejetés et maintenus audessus de la tête du mineur sur une série de planchers.
Le minerai descend, de gradin en gradin, à la cheminée qui limite le massif et qui aboutit à la voie de roulage, ou mieux, il est transporté à cette cheminée par des voies horizontales méaa> gées dans les remblais en face de chaque front de taille et sous chaque plancher. L'ensemble des fronts de taille offre laspect di*> marches d'un escalier, ce qui, par opposition avec la disposition précédente, a fait donner à cette méthode la dénomination dv gradins droits sous laquelle elle est connue.
Examen critique des deux méthodes.
199. Ces deux méthodes jouissent de communs avantages: les traçages s'exécutent à l'avance de façon à bien reconnaître le gite dans toutes ses parties et à assurer la régularité de la pro* duction; l'enlèvement du minerai peut se faire en totalité, gnuv à un emploi judicieux et rationnel des remblais; la disposition des chantiers en une suite de gradins , favorise l'abatage ; il faut toutefois reconnaître que l'abatage, le transport des produits et la mise en place des remblais sont plus faciles avec la méthode par gradins renversés.
Quant aux avantages et aux inconvénients particuliers à chaque méthode, on peut dire que la méthode par gradins renversés n'emploie qu'un seul plancher, tandis que la méthode par gradins
Iroits comporte un plancher par taille et par conséquent exige jne consommation de bois considérable. Cet inconvénient de la méthode par gradins droits prend une importance telle, quand la puissance du filon dépasse 2 mètres à 2<",S0, que c'est là une limite qui rend cette méthode inapplicable dans les parties renflées où la méthode par gradins renversés peut trouver encore son application à la condition que la solidité des épontes soit suffisante pour permettre de donner aux tailles toute la largeur du renflement. Il faut aussi remarquer qu'il y a généralement pour les mineurs plus de sécurité à s'élever sur les remblais qu'à travailler par-dessous, ce qui constitue un nouvel avantage pour la méthode par gradins renversés; cependant lorsque l'on exploite un filon j[>otirrt^ c'est-à-dire quand la matière qui remplit le filon n^a aucune consistance, les conditions de sécurité se trouvent renversées et dans ce cas particulier, l'avantage reste aux gradins droits; Il est encore une circonstance dans laquelle la méthode par gradins droits peut être admise de préférence à l'autre, c'est quand on exploite un minerai friable et de grande valeur^ comme certains minerais d'argent. Quels que soient les soins que l'on prenne pour régaler au-dessous du front de taille les remblais sur lesquels on s'élève avec la méthode par gradins renversés, malgré l'emploi des planches dont il convient de recouvrir en pareil cas ces remblais, on peut craindre des déperditions de minerais menus; elles sont beaucoup plus difficiles avec l'autre méthode dans laquelle la matière abattue reste sur la partie intacte du gite.
En résumé, la méthode par gradins renversés est appliquée dans la grande majorité des cas; l'autre méthode,. plus coûteuse en raison de la dépense de bois, des facilités moins grandes d'abatage, de mise en place des remblais et du transport des produits à la voie de roulage, est réservée aux minerais de grande valeur dont on craint la déperdition dans les remblais, et aux filons dont le remplissage n'offre aucune consistance.
2® Filons puissants et amas.
1» Cas : Le gite fournit des maléiiaax en quantité suflIsJiBte povr blayer complètement les vides produits par Texploltation. (Fi^. 403.)
980. Lorsque la puissance des filons dépasse la lar^ear que la solidité des épontes permet de donner aux tailles, on peut leur appliquer la méthode en travers, qui consiste à enlever le minerai par une succession de tranches horizontales auxquelles on donne la hauteur des galeries et que Ton remblaie eompIétemenL Les étages sont pris, comme toujours, en descendant, et les tranches sont prises dans l'ordre ascendant en s'élevant sur les remblais des tranches inférieures. Chaque tranche est enlevée par des tailles horizontales allant du toit au mur et d'une largeur en rapport avec la solidité du gite.
Supposons, par exemple, que la division des étages ait élé opérée, que l'étage e e' (fig. 3) ait été exploité et remblayé, et qut* l'exploitation en soit arrivée à la quatrième tranche de l'étage e'e' . la galerie inférieure en direction y a été conservée pour servir au roulage des produits qui y descendent par des cheminées yg ménagées de distance en distance. D'autres cheminées gg' pratiquées dans le massif intact, assurent la ventilation des travaux en établissant la communication avec le niveau supérieur e' h\ La quatrième tranche est divisée, comme l'ont été les tranches inférieures, en piliers par la galerie g. g. et des recoupes ab, cd gallant du mur au toit. Ces piliers sont dépités en battant en retraite et comme le montre la figure, par une série de tailles horizontales, qui sont immédiatement remblayées; elles sont prises dans Tordre indiqué par cette figure, dans laquelle on remarque i° les premières tailles f, <, terminées et remblayées, et les deuxièmes /' t' t en exploitation. Ces dernières une fois remblayées, le dépilage des piliers abcd s'achèvera par Fatlaque des troisièmes tailles 6. On donne aux étages une hauteur denviron 20 mètres et l'on enlève chaque étage par une dizaine
DIX-QUITIÈME LEÇON. 509
le tranches. On peut avoir plusieurs tranches en exploitation, I condition de ne commencer le dépilage d'une tranche supérieure que sur les piliers dépilés et remblayés de la tranche inférieure; le plus souvent on n'attend pas, non plus, qu'un étage soit lerminé, pour commencer Texploitation à Fétage inférieur.
On assure la solidité de la galerie en direction g, g. qui dessert une tranche, en arrêtant les remblais des tailles contre celte galerie par des perrés formés avec des matériaux triés parmi les déblais.
Les méthodes en travers ne s'appliquent pas seulement à de
gros filons dont le parallélisme des épontes est constant; elles
s'^appliquent aussi à des amas de forme irrégulière. Dans ce cas,
comme le fait ressortir la figure 404, le champ d'exploitation
d^une tranche est délimité par une galerie qui contourne le
gite, et recoupé, dans le sens de sa plus grande dimension, par
une galerie médiane, et dans le sens de sa plus petite dimension
par des galeries transversales aboutissant de chaque côté à la
galerie de contour. La tranche se trouve ainsi divisée en massifs
ou piliers dont le traçage a fait reconnaître la richesse et qui
sont dépilés par tailles horizontales, comme nous venons de le
voir. S'il se présente dans la tranche un noyau stérile a 6, ou ne
renfermant qu'un minerai de richesse insuffisante, on arrête les
tailles à ce noyau que l'on abandonne au milieu de la masse des
remblais.
2"* Cas : La quantité de matériaux stéHIes fournis par l*ezploltation est Insiufllsante pour remblayer les excavations.
991. Il arrive que Texploitation d'un gite ne peut pas fournir une quantité de remblais suffisante pour remblayer exactement les vides que produit Tenlôvement de la matière utile. Dans ce cas, ou bien il faut se résoudre à un dépilage incomplet ci à l'abandon d'une partie du minerai dans les travaux, moyen peu rationnel auquel on n'a recours que lorsqu'il s'agit d'un mi-
neraî d'une médiocre valeur, ou bien il faut se procurer des remblais^ soit dans des chambres d'ébouleiïient pratiquées dans les roches du toit, soit en les introduisant de la surface, si la valeur du minerai comporte l'excès de dépense qui résulte de l'application de cette mesure. Dans ce dernier cas, les remblais arrivent naturellement par la galerie supérieure, la galerie inférieure étant réservée au roulage des produits utiles.
Je reviendrai, du reste, sur ce sujet quand, dans un cas analogue, je décrirai les méthodes d'exploitation appliquées aux grandes couches, méthodes qui, dans certains cas, peuvent devenir applicables, avec quelques modifications, aux filons puissants.
Lorsque la valeur restreinte du minerai ne comporte pas la dépense résultant d'un remblayage des vides au moyen de matériaux complémentaires pris en dehors des travaux d'exploitation proprement dits, il faut bien se décidera un enlèvement incomplet de la matière utile. On procède alors par piliers el estaus ou par piliers abandonnés.
La première méthode consiste, après avoir opéré, par piliers et galeries, un traçage qui a atteint la limite du champ d'exploitation, à dépiler en battant en retraite; on enlève d'abord la totalité du minerai sur une hauteur égale à celle des galeries, puis on provoque l'éboulement de la couronne ou des estaus et Ton retire de cet éboulement ce que l'on peut. La hauteur des galeries, et celle des estaus dépendent d'ailleurs de la solidité de la matière exploitée; les estaus sont nuls avec un minerai de nature argileuse.
Quant au second moyen, il consiste, comme l'indique la dénomination même de la méthode, à borner l'exploitation à un traçage aussi complet que possible; les piliers sont ensuite abandonnés dans les travaux. C'est par ce procédé que s'exploite le minerai de fer de Beauregard (Côte-d'Or) dont la teneur est faible et qui constitue une couche horizontale de l'°,80 de puissance à la base du terrain sinémurien.
DIX-NELVIÈME LEÇON. 3H
f 9« Leçon.
§ 3. — Méthodes d'exploitation applicables aux gisements d^origine sédimentaire et plus spécialement aux mines de houille.
L Je me suis borné à décrire d'une façon succincte les mclhodes d'exploitation appliquées aux gisements d'origine filonnienne, parce que, d'une part^ le programme du cours d'exploitation des mines à l'Institut industriel comporte plus spécialement réiude des procédés en usage dans les mines de houille, et parce que, d'un autre coté, nous allons retrouver dans l'étude de ces derniers procédés quelques-uns des principes dont nous avons vu Tapplication aux gisements métalliques, et que nous aurons par conséquent occasion d'y revenir. Nous verrons, par exemple, la méthode par gradins renversés appliquée, avec des variantes dans les détails, aux veines de charbon peu puissantes et fort inclinées et la méthode en travers appropriée à l'exploitation des grandes couches de houille. Par contre, et comme je l'ai déjà dit, en étudiant les procédés applicables aux dépôts sédimentaires, nous décrirons certaines méthodes qui peuvent, en les modiGant pins ou moins, trouver leur application dans l'exploitation des minerais. C'est ainsi que M. Pinel, qui a fait au charbonnage qu'il dirige à Mon tram bert, une étude spéciale de l'exploitation des grandes couches de houille, a appliqué avec le plus grand succès l'une de ces méthodes à l'exploitation des mines de pyrites de Chessy dont il est l'ingénieur-conseil.
On a déjà vu que ce qui caractérise un filon, ce n'est pas seulement sa forte inclinaison et la nature du minéral qui remplit ses épontes; ce sont encore la dureté des roches, la dissémination du minerai dans une gangue plus ou moins abondante et l'irrégularité même de cette dissémination.
Il en résulte que, dans un filon, l'exploitation est forcément
divisée en deux périodes absolument distinctes : la période<) souvent très-longue du traçage et celle du dépilage qui arrive en dernier lieu.
La dureté des roches qui nécessité de longs travaux préparatoires, la faiblesse de Tavancement journalier dans la période de dépilage qui est à proprement parler la période d'exploitation, aussi bien que l'irrégularité de richesse du gisement, imposent des points d'attaque très-nombreux pour assurer une production importante et régulière; d'ailleurs, le plus souvent. la nature des terrains rend les soutènements faciles et l'entretien de nombreuses galeries peu coûteux.
Dans une veine de houille, au contraire, il faut éviter de multiplier les galeries, sous peine de provoquer des dépenses d'entretien exagérées, le remplissage des épontes est relativement plus régulier, l'avancement journalier en veine beaucoup plus considérable; les roches encaissantes sont souvent elles-mêmes d'un abatage plus facile et la présence du grisou vient enfin^ dans beaucoup de cas, forcer le mineur à diriger l'air avec des soins particuliers, et à éviter les déperditions dans des directions multiples. Il s'ensuit que dans une mine de houille, les travaux préparatoires consistent surtout en bowettes destinées à recouper les veines et en travaux de communication pour Taérage. La période de traçage n'est pas nécessairement longue et laborieuse, et les dépilages suivent les traçages de très-près. Les deux périodes sont ici presque simultanées.
Méthodes en usage dans le Nord de la France
et en Belgique.
Puissance et allure des couclies de huuille du Iford de la France.
Je m'occuperai d'abord des méthodes d'exploitation qui sont surtout en usage dans notre région industrielle. S83. Les veines de houille du Nord de la France et de la Bel-
gique rentrent dans la catégorie des couches minces (de 0",50 à 0™,80 ou 1 mètre de puissance) et dans celles des couches moyennes (de 1 mètre à 2«",50 ou 2'n,80 de puissance). C'est-àdire ayant à peu près la hauteur des galeries de mines.
Dans les premières, les remblais destinés à combler les vides, sont fournis par les havries ou parties stériles de la veine, et par les terres que procurent les coupages ou entaillages que le défaut de puissance oblige à faire, au toit ou au mur, sinon dans les tailles, au moins dans les voies.
Dans les couches moyennes, les remblais fournis par l'abalage dans les tailles ou par rétablissement des voies à hauteur convenable, sont en quantité insuffisante pour combler absolument les vides de l'exploitation.
L'allure des veines de notre contrée n'affecte pas, d'une manière générale, celte régularité parfaite qui caractérise une grande partie des exploitations anglaises. Nos veines présentent souvent une allure tourmentée, des changements brusques d'inclinaison, des plateures succédant à des dressants, des amincissements, des interruptions, des failles, des crânes^ des r écoutelages^ accidents qui rendent, dans le Nord, la profession d'ingénieur particulièrement difficile et conduisentà un prix de revient de l'exploitation relativement élevé.
(a). — Eocploitation des couches minces.
Méthode d'exploitation par grandes taUles.
994. Les principes d'après lesquels on exploite la houille dans les bassins du Nord et du Pas-de-Calais et dans les mines des environs de Mons, se rattachent, dans la plupart des cas, à la méthode par grandes tailles.
Cette méthode procède, ordinairement, par avancement.^ en attaquant la veine au point où elle a été recoupée et en enlevant immédiatement la tranche entière jusqu'à la limite assignée à
lexploilation. Dans des cas plus rares elle procède en retour, c'est-à-dire qu'on se porte de suite, par une taiile unique^ à la limite du champ d'exploitation, pour revenir, en exploitant cette tranche, vers le puits d'extraction.
Je suppose une fosse dont les travaux préliminairi^s sont terminés et dont on veut commencer l'exploitation. Le fonçage est arrivé à la profondeur convenable, un réservoir ou bougniou de 8à i4 mètres a été ménagé sous le dernier accrochage pour recevoir les eaux pendant les heures d'extraction, les installations intérieures et extérieures sont complètes, les accrochages terminés à un étage ou à deux étages distants de 20 à 50 mètres, suivant l'importance et le nombre de veines, les deux niveaux de chaque accrochage réunis par des balances et par des galeries de manœuvre ou howettes de contour, les veines à exploiter recoupées par des galeries à travers-bancs (howettes ou bouveaux) dirigées dans un sens normal à la direction de ces veines qui! s'agit maintenant d'exploiter, en laissant autour du puits un massif intact pour assurer la sécurité de ce puits (c'est le stot de la fosse représenté par un cylindre de iOU mètres de diamètre]. L'exploitation va procéder à Tenlèvement de la houille dans les parties exploitables sans pertes, jusqu'à la limite du terrain houil- 1er, c'est-à-dire jusqu'au tourlia si l'on ne craint pas l'irruption des eaux, ou bien jusqu'à la limite d'un stot protecteur de 10, iS, 20 mètres et même plus, si l'on craint une dislocation du terrain imperméable reposant sur le terrain houiller.
Exposé tliéorlqae de la méthude.
985. A partir du point où la veine est atteinte par la bowette. on chasse, en direction, une toie de fond ou maîtresse voie (cesl la costeresse des Belges). Cette voie de fond s'établit dans la veine au moyen d'une taille chassante ou taille de fond à laquelle on donne une hauteur telle qu'on puisse loger sur le côté ou sur les côtés de la voie les terres ou déblais stériles pro-
DIX-MEUVIÈUE LEÇO?l. Zili
venant de Tabatage et du coupage même de la voie qui doit avoir les dimensions adoptées pour les besoins du roulage; une voie de retour d'air est également ménagée, parallèlement à la première le long du massif de houille ainsi découpé.
Au fur et à mesure de ravancement de celte taille chassante, on prend, dans une direction et suivant une largeur déterminées par des circonstances que nous indiquerons plus loin, une série de fronts de taille que Ton dessert par des voies ménagées au milieu des terres rejelées dans les vides à combler. Les fronts de faille se succèdent ainsi et se multiplient, pendant que Ton poursuit la taille de fond à laquelle il convient de donner, sur les autres tailles, une avance d'autant plus grande que la veine est moins régulière.
On arrive ainsi à avoir une série de gradins (fig. 410 et 413, pi. XV) qui ont fait quelquefois donner à cette méthode le nom de Méthode par gradins couchés.
1^ Quand la veine est horizontale, la direction de la maîtresse voie et celle des grandes tailles sont arbitraires, ou du moins ne sont fixées que par les facilités d'abatage que le clivage détermine, cVst-à-dire que l'on avance les fronts de taille perpendiculairement au clivage et la maîtresse voie parallèlement.
"ï^ Avec une faible inclinaison et Tabsence d'un clivage bien déterminé, on place la maîtresse voie et les tailles à demi-pente, suivant une diagonale qui procure au roulage une pente favorable.
3<^ Avec une inclinaison plus forte, les tailles, tracées suivant une pente favorable au roulage, couperaient la costeresse suivant un angle trop aigu. On emploie alors l'une des deux dispositions représentées (pi. XV, fig. 410 et 413) que vous trouverez appliquées, soit l'une, soit l'autre, soit toutes les deux, dans la plupart des mines du Nord et du Pas-de-Calais.
La première disposition {iiO). particulièrement appliquée à des veines inclinées de ^^^ et au-dessous, est connue sous le nom d'Exploitation par tailles montantes, la seconde (413), que
l'on rencontre surtout dans les veines inclinées de plus df &. porte le nom i' Eocploitatian par tailles chassantes ou taih costeresses.
Avec Fune ou Tautre de ces denx dispositioas on atteint, pir une série de tailles, une hauteur qu'on nomme relevée, où loa établit une voie intermédiaire en direction ; celte voie sert et point de départ à une nouvelle exploitation du même genre; os continue ainsi jusqu'à ce que l'on soit arrivé à la voie de fond et l'étage supérieur, c'est-à-dire jusqu'à ce que l'on ait enlevé toot le charbon exploitable d'un étage.
Largeur des UlUes.
t»B. La largeur à donner aux tailles dépend surtout de h solidité des terrains et de la structure de la veine; on peut dirf qu'elle varie depuis 6 à 8 mètres jusqu'à iOO et 150 mètres. Il faut avant tout que la taille soit assez large pour loger les terre» produites par l'abatage et le coupage des voies. Mais je me hâi: d'ajouter que les largeurs de iOO et 150 mètres ne se rcnconlrest guère qu'en Angleterre^ dans des couches horizontales âyaai un toit exceptionnellement solide. Dans ces exploitations trèsrégulières , on peut appliquer les machines à haver sur ces lâ^ge^ fronts de taille où le chargement et le transport sont facilités par une voie ferrée longitudinale que l'on ripe chaque jour, poork rapprocher du front de taille.
Dans le Nord et le Pas-de-Calais, on trouve généralement des largeurs de tailles comprises entre 12 et 20 mètres.
Transport des prodolts.
989. Dans les veines inclinées, les produits des tailles descendent à la voie de roulage par des plans inclinés automoteurs le roulage dans les voies de niveau intermédiaires se fait à bras par des jeunes gens ou des enfants, et la traction dans la tok
e fond et les boweltes s'opère par chevaux ou par des moyens lécaniques.
Aérage.
998. Des portes d'aérage, judicieusement placées, dirigent l'air rais et le forcent à circuler le long des tailles.
Entrons maintenant dans les détails d'exploitation relatifs à es deux dispositions générales.
lo TaUles montantes.
9H9. La flgure4i0est un exemple théorique d'exploitation par ailles montantes. ÀB est la voie de fond, CD la voie de retour imitant la taille de fond prise en direction. Les plans inclinés lulomoteurs EF^ G H desservent chacun 6 tailles (4 à 6) (7 à 12); les portes d'aérage p, p\ p'\ p"\ placées dans la galerie CD au »onimet de ces plans inclinés, forcent l'air à suivre le parcours ndiqué par les flèches.
De la galerie CD partent, suivant Tinclinaison, les tailles monointes (1 à 12) desservies chacune par un plan incliné automo- ;eur dont la poulie est remontée tous les deux ou trois jours, linsi que la voie, d'une quantité égale à Tavancement du front le taille.
Chaque taille est supposée de 15 mètres de largeur.
Lorsque l'exploitation est arrivée à une hauteur // telle que renlretien de tous les plans automoteurs deviendrait par trop dispendieux, on établit une relevée en poussant en direction de nouvelles tailles chassantes IK, JL, et l'on recommence, à ce niveau, une exploitalion semblable à Texploilation inférieure. On peut, de cette façon, supprimer les plans inclinés S, S, S'" et ne conserver, pour descendre à la voie de fond les produits de cette seconde relevée, que le plan incliné 3JN que l'on prolonge jusqu'en ^V' en réformant le petit plan ab, devenu inutile.
Le nombre d'ouvners à veine qu'occupe une taille de \i 20 mètres, varie de quatre à six, y compris les aides; ces derniers sont plus spécialement chargés du boulage des charbofi.v de Tapprochage et de la préparation des bois.
Les ouvriers d'une taille abattent les charbons, le boutent jin qu'à la tête du plan, boisent la taille et la remblaient; dans cfrtaines mines ils font eux-mêmes leur mur; c'est-à-dire quHcoupent la voie; il est, dans ce cas, expressément défendu ao'. ouvriers, de faire ce travail pendant les heures d'extraclioo dans d'autres houillères, particulièremnt en Belgique, le mur ^ fait aussi après la coupe, mais par des ouvriers étrangers ic travail de l'abatage; de cette façon on est plus sûr d'obtenir po<i* la taille le maximum de production. Les mailiages ou cooduii* d'air que séparent deux tailles sont faits également par N ouvriers à veine.
Le chargement des berlines se fait généralement par d^ ouvriers étrangers à l'entreprise de la taille. Un chargeur dessert suivant le cas, une, deux et même trois tailles; il descend lesbelines au plan incliné qui dessert la taille et il est, pour cela.âi<i' souvent par un gamin. Au bas du plan, les berlines sont rem^ par un jeune ouvrier qui les conduit en EF ou eu HG, elcp dessert trois tailles. Les plans EF et HG sont eux-mêmes d^• servis, en tête par un ouvrier d'une quinzaine d'années qui Av ccnd les produits de six tailles, au pied par un hcrcheur qui rofl duit les berlines au garage où se composent des trains de di\ ^ quatorze berlines qu'un cheval mène au puits d'extraction.
î« TaUles «bassantes.
«oo. La figure 413 montre la disposition idéale d'une exploit tion par tailles chassantes, sur trois points d'attaque, à des degre^ d'avancement différent et toujours pour une même largeur de tailla de 15 mètres.
La disposition des petits plans qui desservent les tailles a poar
objet de permettre l&dcveloppeiment rapide de nombreux chantiers; elle est^ à cet égard, à recommander lorsqu'on est pressé de faire beaucoup de charbon dans une veine; mais elle a un grave inconvénient, c'est de multiplier les plans inclinés et par conséquent d'augmenter le prix de revient du transport.
Il est plus rationnel, lorsque l'on peut consacrer plus de temps à la période préparatoire et que l'inclinaison est suflisante et régulière, de gagner de suite le haut de la relevée par un plan incliné à chariot-porteur soigneusement établi et d'attaquer ensuite les tailles à droite et à gauche en les desservant par ce plan unique.
Lorsqu'on emploie le premier procédé, on supprime tous les petits plans inrérieurs dès qu'on arrive à la seconde relevée et on les remplace alors par un plan unique en perçant les communications abj cd.
La taille de fond occupe généralement de six à huit ouvriers, y compris les aides; les autres tailles occupent de quatre à six ouvriers. Ils font l'abatage, le remblayage, le boisage des tailles, le coupage des voies, comme pour les tailles montantes. Les maillages ou conduits d'air sont également faits par eux, mais on a intérêt à ne pas en faire, en menant les tailles de telle sorte qu'elles se suivent de près. Un chargeur dessert deux tailles. Les petits plans inclinés sont desservis par deux gamins, l'un en tête. Vautre au pied; ce dernier conduit lés berlines d'un plan à l'autre.
Quant au herchage, du front de taille au plan desservant cette faille, il est fait par le chargeur quand la taille commence; plus tard celui-ci est aidé par un routeur.
Disposition da travail de Tabatage dans les tailles.
9i>i. Les dispositions à prendre pour le travail de l'abatage dans une taille montante ou dans une taille chassante dépendent de la solidité des terrains, de la dureté du charbon, de l'inclinaison de la veine et surtout de la direction des clivages ou limés.
3tO CHAPITRE VU. '
Ces dispositions sont par conséquent variables. Quand on peal, dans une taille montante^ faire deux coupures, une de chaque côté et mener le travail de façon que le milieu du front de taille soit en contre-t>as des deux ailes, comme le montre la flgure cicontrc, on obtient une disposition éminemment favorable au boulage des cbarbons.
mais on rend l'abatage plus difficile sur l'une des moitiés de la taille où l'on ne tient pas compte de la direction des clivages. L'exemple représenté ûgurc 41.*i se rapporte à des terrains médiocres, avec des clivages dirigés de gauche à droite; la ûgure indique la position de chaque ouvrier et des flèches montrent la direction dans laquelle ils s'avancent. Dans le cas qui nous occupe la coupure de droite est toujours en avance; c'est là que se tient le premier ouvrier qui monte avec un front de taille de 0",70 à O'-.SO jusqu'à l'»,20 de hauteur et attaque ensuite cette tranche de l'",SO vers la gauche jusqu'à ce . que le deuxième ouvrier vienne lui reprendre son front de taille et le repousse à son tour pour le céder à un troisième ouvrier. Le quatrième ouvrier coupe les clivages au fur et à mesure que le troisième ouvrier les lui livre.
L'exemple donné (Gg. Aii) est un cas particulier du travail en taiilc chassante, il se rapporte à l'cxploilalion de la veine Présidente à la fosse a° 2 de Ferfay; celte exploitation s'exécute dans d'assez mauvais terrains. L'abatage se fait par une série de gradins de 5 mètres de largeur. Le premier ouvrier frappe devant la voie et préparc te premier gradin; le deuxième ouvrier fait la coupure du second gradin qu'abat le troisième ouvrier. Le quatrième et le cinquième ouvrier font un travail identique pour le troisième gradin. Il est évident que les ouvriers qui ont la tâche la plus rude sont ceux qui font les coupures des gradins.
DIX-NEUVIÈME LEÇON. 3âi
Applications pratiques.
u La figure 41 i ( planche X Y) donne un exemple d'exploitation^ en tailles montantes et en tailles chassantes.^ au levant de la veine Elise, étage de 243 mètres à la fosse n^ o de Ferfay. Cette exploitation est faite dans une partie régulière.
La figure 412 (planche XV) montre également une exploitation assez régulière dans le couchant de la veine Saint-Joseph aux étages de 205 et 243 mètres de la même fosse.
La figure 42i (planche XVII) est un exemple d'exploitation dans une partie très-irrégulière de la veine Achille^ à l'étage de 363 mètres de la fosse n'* 1 de Ferfay.
Enfin la figure 422 offre un exemple de tailles chassantes desservies par un chariot-porteur et surmontées d'une exploitation par tailles montantes. Cet exemple est pris dans la veine Mori-eaux à l'étage de 255 mètres de la fosse n^' 1 de Ferfay.
Discussion des deux systèmes.
nnn. L'esprii de système n'a pas épargné les exploitants et l'on rencontre des partisans exclusifs des tailles montantes et des défenseurs acharnés et lout aussi exclusifs des tailles en direction. La vérité est que les deux systèmes ont leurs avantages et leurs inconvénients, que dans certains cas il est préférable d'exploiter en lailles montantes, que dans d'autres cas, plus fréquents peut-èlre, il vaut mieux recourir aux tailles chassantes.
Si l'on compare deux zones de même production, l'une exploitée en tailles montantes, l'autre exploitée par tailles en direction, on trouvera que dans le second système :
I<> Il faudra un peu moins de rails;
2" Il y aura un peu moins de dépense en établissement de galeries.