‹ Traité pratique de la constructionChapitre 153 sur 234 · LES MÉDAILLES · texte numérisé non relu

LES MÉDAILLES

1. La médaille, numismay est un honneur rendu à Dieu et aux saints, en même temps qu'une protection sollicitée par le fidèle pour lui-même. Dans la vie civile, c'est un simple souvenir.

2. Les médailles sont de deux sortes, pieuses ou commémoratives. Les premières sont ordinairement de forme ovale, les secondes sont généralement circulaires.

On les fabrique en matière solide et résistante, cuivre, plomb, bronze, argent et or,

bénigne commisit nuncio apostolico Poloniae, ut veris etc., et dummodo quoad vota, benefactores decesseriut, et non obstet illorum voluntas nullumque timeri possit scandalum ex illorum alienatione, petitam facultatem pro «uo arbilrio et conscientia impertiatur. Itatamen ut pretium ex venditione redigendum in censum in precibus expressum intègre et lideliter erogetur Bub pœnis contra aliénantes boua regularium etatutis... Romse, 8 julii 1779. »

Rome est renommée pour la beauté de gravure de ses coins, vraiment artistiques.

3. Les médailles de dévotion ne doivent porter l'empreinte que de sujets pieux. Les seuls saints autorisés sont ceux que le Saint-Siège a inscrits au Martyrologe Romain ou dans les Martyrologes diocésains révisés par la S. Congrégation des Rites.

Les indulgences sont réservées à celles qui réunissent ces deux conditions ou qui ne représentent pas des bienheureux \ parce qu'ils ne sont pas en possession d'un culte universel.

Les médailles se bénissent par un seul signe de croix, sans eau bénite, en vertu d'un induit qui permet d'y attacher les mêmes indulgences que donne le pape lorsqu'il bénit les objets de piété. Cette bénédiction est nécessairement privée et non solennelle.

L'évêque aussi peut y attacher des indulgences.

Pour suspendre les médailles, on ajoute une bélière au sommet, afin d'y passer une chaîne ou un ruban : alors on les porte au cou ou sur ses vêtements, on les place dans sa chambre ou le lieu qu^on veut protéger, on les fixe à son chapelet, etc.

Autrefois les enseignes de pèlerinages se cousaient aux habits ou au chapeau.

La médaille de saint Benoît a une ornementation propre, dont il n'est pas loisible de s'écarter. On consultera à ce sujet la constitution de Benoît XÏV et l'opuscule de Dom Guéranger.

II est regrettable que la plus populaire des médailles de la Vierge en France représente ce qu'on appelle la médaille miraculeuse, dont l'effigie inusitée repose uniquement sur la vision d'une religieuse, laquelle n'a pas reçu la sanction de

1 « Num expédiât permittere sacra numismata cum beaLorum imaginibus, sive aliorum sanctorum in romano martyrologio minime descriptorum, quibus indulgentiae applicari possint? — Indulgentias non esse concedendas in posterum, nisi sanctis descriptis in martyrologio et canonizatis. » (S. R. G., in Urbis, 16 jun. 1674.)

rÉglise et a été traitée avec sévérité devant la S. Congrégation des Rites.

4. Les médailles commémoratives ne se bénissent pas. On les frappe pour perpétuer le souvenir d'événements remarquables, érections de monuments, fondations pieuses, fêtes exceptionnelles, etc., ou encore pour distribuer aux membres d'une même association.

Nos évêques, avant la révolution, étaient dans l'habitude de lancer au peuple, à leur sacre ou à leur prise de possession, des jetons de joyeux avènement. Il serait à désirer qu'on reprit cet usage : de pareilles médailles pourraient servir aux bénédictions de première pierre ou aux distributions de prix. D'un côté était le portrait du prélat en buste, avec ses noms et titres en exergue ; de l'autre, ses armoiries.

Page 1