LE NETTOYAGE DES VASES ET USTENSILES
Benoît XIII a consacré à ce sujet un long chapitre que Je vais traduire et qui a pour titre : Du nettoijage et de la pro- "oreté des objets d'église, du respect et de la précaution avec lesquels on doit les traiter et garder.
« 1 . Le fourbissage des calices réclame toute la diligence du recteur. Une fois par mois, chaque calice et sa patène, s'ils servent tous les jours ou à plusieurs prêtres, se laveront à l'eau tiède, avec précaution. Une fois tous les six mois au plus, on les lavera au savon et on les mettra un quart d'heure au soleil ; puis on les lavera de nouveau avec de la lessive chaude, employant un pinceau pour détacher le savon, surtout dans les ciselures et reliefs. On pourra encore se servir d'eau de son ; après quoi, on les lavera deux ou trois fois à i'eau claire.
« 2. Le vase réservé pour laver les calices sera identique à celui dans lequel se lavent les corporaux et les purificatoires : avant de s'en servir et immédiatement après, on les lavera bien et deux fois l'an, s'ils sont en cuivre ou en bronze, on les fourbira avec soin à l'aide de brique pilée ou de sable et d'eau chaude ; s'ils étaient étamés, on ferait usage d'eau de Son. »
Ces vasGs peuvent être indifféremment en fer-blanc ou en terre vernissée, l'une et l'autre matière se tenant facilement propres et étant peu coûteuses.
« 3. Le respect veut que les calices ne soient pas lavés i dans un autre vase que celui-ci ni par des personnes autres que celles qui sont in sacris. L'eau, le savon et tout ce qui II 30
restera du tavage sera jeté dans la piscine. Le respect exige encore que les calices et les patènes, comme les missels, oorporaux et purificatoires, ne se déposent pas dans des caisses ou autres meubles sur lesquels on peut s'asseoir, mais dans une armoire spéciale ou tout autre endroit où Ton n'a pas à craindre le plus petit danger d'irrévérence. »
Ces armoires se fermeront à clef, afin que personne ne puisse toucher indiscrètement aux vases et linges sacrés.
« 4. Les hosties ne doivent pas être tachées, mais entières, saines et fraîches. A cet effet, chaque fois qu'on se sera servi de l'instrument pour les faire, on frottera d'huile les deux palettes et, avant de les refermer, on les séparera par une feuille de papier. Qu'on ne laisse pas s'y attacher la rouille, même à l'extérieur, qu'on nettoiera avec un gros linge ; puis le fer se mettra à sa place. Deux fois l'an, on le nettoiera avec soin, comme au n° 2. »
En France, le fer se couvre d'une mince couche de cire. Les premières hosties sont sacrifiées, à cause du goût qu'elles contractent à ce contact.
« 5. Les burettes ou carafons, les messes finies, se vident; on n'y laisse pas de vin et on les lave avec de l'eau. Si le couvercle était humide, on le ferait sécher. Le vin, que chaque matin on doit y verser, sera bon et clair, blanc autant que possible; on ne se servira pas de vin qui tournerait au vinaigre ni de celui qui est épais et trouble, comme on le fait par imprévoyance en automne. Tous les mois, on lave les burettes avec des coques d'œuf bien brisées et un morceau de bois que Ton promène tout autour, afin d'enlever les plus petites taches à l'intérieur. »
Le vin et l'eau déposant au fond des burettes, un excellent système est d'avoir un râtelier sur lequel on les tieut la tête en bas; elles s'égouttent ainsi naturellement.
« 6. Les croix, chandeliers, torchères, statues, auront leurs housses ou sacs de toile ou de carton, afin de les conserver et de les tenir toujours propres. S'ils sont en argent, qu'on ne les manie pas la main nue, mais avec un linge ; ou bien
LA TENUE DE l'ÉGUSE. 451
qu'on les prenne par la partie qui n*est pas en argent. Chaque fois qu'on s'en sert, qu'on ait soin, avant de les serrer, dû les -nettoyer avec diligence et dextérité : on enlèvera la poussière, la cire ou tout autre tache, avec un linge fin ou^ si c'est nécessaire, avec de la paille brûlée, ce qui demande quelque soin. Si on ne pouvait enlever la malpropreté, qu'on emploie la lessive bouillante, en y ajoutant du sel : on nettoie avec un pinceau fait avec des soies d'animal. Prendre garde qu'en mettant trop de sel, on n'altère la dorure : on devra en pareil cas s'en tenir à l'expérience des praticiens. Cette règle concerne aussi les encensoirs. »
Les housses sont nécessaires, même dans les î ,rmoires,rCon« tre la poussière, pour tous les objets précieux.
(( 7. Que si les objets sont dorés, il faudra les traiter avec le même soin que l'argenterie. S'ils étaient habituellement exposés, tous les huit jours, on les frotterait légèrement avec un linge. La dorure, comme les calices^ se lave aussi au savon et au son. »
Le blanc de Meudon a l'inconvénient de rester dans les creux et il faut alors beaucoup de patience pour l'en détacher avec un pinceau.
« 8. Les croix, chandeliers et autres objets de cuivre se manient avec un hnge ou se prennent par leur pointe de fer. S'ils servent continuellement, on les nettoie tous les trois jours et on enlève la poussière et la cire : on fait de môme avant de les serrer. S'il se passait un temps assez considérable sans qu'on les employât, on les frotterait, tous les quatre mois, avec du cuir de buffle et de la poudre de pierre ponce ou un morceau de drap et de la poudre de brique passée au tamis, mais sans se servir d'eau. On arrive à une plus grande propreté, mais qui est de moindre durée, en frottant avec de l'orange, du citron, de la poussière de marbre, de la pomme, du raisin sauvage, de l'herbe acide ; après avoir bien lavé, en fourbit, puis on expose au soleil pour faire sécher. Il no fauv jamais laver au vinaigre, n
Le cuivre, si on ne prend pas de précautions, so vert-de-;
468 LIVRE QUATORZIÈMS.
grise promptement. L'eau de cuivre peut être préférée à tout autre ingrédient, comme aussi Toseille et le sablon.
« 9. Les croix, chandeliers, torchères, images, etc., en bois, doré, argenté ou peint, se nettoieront avec un linge tous les \iuit jours, s'ils servent constamment. On les débarrassera de | la cire ou autres taches. De même chaque fois qu'on va les' serrer, ayant soin que l'endroit soit sec et qu'on les couvre. Si le bois n'est ni peint, ni doré, mais brut, on exprimera l'huile delà noix sur un morceau de drap et on frottera l'objet; ce qui aura lieu tous les mois, si on s'en sert habituellement; autrement, quand on en cessera l'usage.
« 10. Deux fois la semaine, les allumoirs seront défaussés et, tous les quinze jours, on les frottera avec de la poudre de brique ou de la cendre sans eau. Les éteignoirs, une fois le mois, se laveront à l'eau bouillante, puis se fourbiront. Mais s'ils étaient en cuivre, on les traiterait comme il a été dit plus haut. »