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LES LINGES, ORNEMENTS ET TENTURES

Benoît XIII continue en ces termes :

«il. Des trois nappes qui couvrent l'autel, la première, c'est à-dire celle du dessus, se retourne tous les quinze jours et se cUange tous les mois. Les deux de dessous se changent quatre fois l'an. Aux autels moins fréquentés, la première reste deux mois et les deux autres ne se renouvellent que trois fois l'an. En tout cas, que les unes et les autres soient toujours très- propres'.

« Le 2 novembre 1245, Eudes, cardinal-évôque de Tuseiîlum et légat du è. Siège, reudit une ordonnance par laquelle il réglait que les linges de l'autel seraient renouvelés chaque semaine et uiéme plus souvent, si c'était nécessaire : « Propter deceuciam vero atque mundiciam mense dominice jugiter observunde, volumus et raandamur-, ut palle altaris et aiia liutlieaiuina, se{)timauis singulis, numda, de novo loU-, seu receutia apponantur; uv.i eciam frc-

« 12. Les corporaîix et purificatoires devront toujours être très-propres. On les changera souvent, à savoir, régulièrement parlant, tout corporal qui sert chaque jour à la même personne, sera remplacé au moins toutes les trois semaines et chaque purificatoire tous les six jours au plus. On fera en sorte qu'ils ne soient ni déchirés, ni rapiécés : aux corporaux, il ne doit y avoir ni trou ni déchirure^ même raccommodée à l'aiguille, où puisse se glisser et se dérober à la vue la plus petite parcelle. Quand ces hnges sont maculés, de telle sorte qu'on ne peut enlever la tache, incendio tradantw\ pour parler comme le chapitre Altaris^ 38 de consecr., dist. 1.

« Quand on les mettra à part pour les laver, qu'on garde le respect qui leur est dû et qu'on les conserve dans une boîte ou corbeille affectée à ce seul usage et, avant de les donner à laver, ils seront préalablement lavés par une personne m sacris, dans le vase mentionné au n° 2, à la lessive et au savon; puis on les passera deux fois à l'eau pure. Cette eau sera jetée dans la piscine.

« On ne doit pas donner à laver en tout temps ou à toute personne indifféremment, car l'expérience démontre que souvent les purificatoires et surtout les corporaux, mêùie lavés, sont malpropres et encore tachés de vin. Le temps à choisir est de mai à octobre. On ne les livrera qu'à des personnes expérimentées qui sachent bien les nettoyer et empeser les corporaux, les rendre fermes et les plier comme il faut. Les recteurs des églises de campagne ne devront pas craindre l'incommodité que peut occasionner l'envoi des linges là où ils sont assurés qu'ils seront traités convenablement.

« 13. Toute aube qui sert journellement à une seule personne se changera régulièrement toutes les quatre semaines. Qu'on se règle là-dessus pour celles qui servent plus ou moins, L'amict se garde deux semaines et le cordon trois. »

A Rome, les amicts sont changés, ainsi que les purificatoires, chaque semaine.

queacius, si nécessitas id exposcat. » (Guérard, Cartuîaire de Notre-Dame de Paris, tom. II, p. 405.)

« 14. On changera de mèm- les surplis et les nappes de communion, en raison du besoin et de l'emploi. Les manuterges pour essuyer les mains à la messe se changent tous les quinze jours au plus tard. L'essuie-mains du lavoir, s'il ne sert qu'au recteur seul ou à quelqu' autre chapelain, ne durera qu'une semaine ; les messes terminées, on aura soin de le faire sécher à l'air ou au feu, si le temps était humide.

« Aux fêtes principales, on renouvelle tous les linges et on prend ce qu'on a de plus beau.

« 15. Tout ce qui vient d'être dit du linge s*entend en règle générale, car nous réservons expressément les circonstances où il serait taché ou cesserait d'être propre ; alors il faudrait le changer de suite et remédier conformément à ces instructions qui veulent en toutes choses la propreté et la netteté, toujours désirées et requises dans tout ce qui touche directement ou indirectement au niiiiistère ecclésiastique. Plusieurs recteurs auront leur pauvreté pour excuse de la valeur médiocre des objets, mais aucun ne sera admis à se justifier de sa malpropreté et négligence, parce qu'elles constituent une irrévérence pour le culte divin.

« 16. Les linges devront être bien secs et plies, mis séparément à leur place respective, afin qu'on les ait promptement sous la main, dès qu'on en aura besoin, réservant la première place à ceux qui servent le plus ordinairement. On y ajoute des roses sèches^, de la lavande ou autres choses semblables. On observera de même pour les ornements de soie ou de laine, car il importe essentiellement qu'ils soient conservés intacts et à l'abri des teignes : la bonne odeur est encore convenable et agréable.

« 17. Quand les aubes, amicts, cordons, surplis, nappes d'autel et de communion, en un mot les linges qui servent à l'église, doivent être envoyés au lavage, après les avoir mis à part, on fera attention au temps et on ne les donnera pas avec des linges- à usage de la vie domestique, mais séparément et on fera en sorte qu'ils soient mieux lavés que ceux-ci. Dans cette catégorie nous comprenons seulement les linges em-

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ployés au ministère ecclésiastique, excluant ceux qui, dans la sacristie, sont destinés à essuyer les mains ou à d'autres usages.

« 18. Les vêtements sacrés seront décents, non déchirés, ni troués, encore moins sales. On tolère la pauvreté, mais non la malpropreté.

« 19. Tous, selon qu'ils seront plus ou moins précieux, auront leur casier séparé où ils seront étendus commodément; au besoin, on mettra à l'extérieur une étiquette, afin de ne pas les confondre.

« 20. Les chasubles ont leurs armoires propres. Dans les tiroirs, on met du papier pour couvrir le fond. La chasuble est accompagnée de l'étole, du manipule, de la bourse, du voile et^ s'il y en a, de la housse du missel. Si on le peut commodément, on mettra dans le même tiroir les chasubles de la même couleur ou d'une couleur différente, observant qu'elles ne soient pas chiffonnées et ne fassent pas de plis. Si les chasubles étaient travaillées en or et argent, ou avaient un orfroi de cette matière, on placerait dessous une étoffe ou du papier, afin que le frottement ne les altère pas.

« 21. Les pluviaux, surtout s'ils sont brodés en or ou argent, doivent être étendus dans une grande armoire, pendus à une tringle, comme si le prêtre les portait sur son dos. Là où la pauvreté et le défaut d'un ouvrier compétent ne permettraient pas ce système, on les tiendra plies, mais de façon que le chaperon ne soit pas plié lui-même. En outre, on ne pliera pas de haut en bas, mais en travers, afin de ne pas déchirer rétoffe.

f( 22. Chaque fois qu'un de ces ornements se sort pour en faire usage, on mettra dessous un linge propre et s'il devait rester longtemps à l'air, on le couvrirait d'une housse convenable. On prendra les mêmes précautions quand ils auront servie avant de les rentrer dans les armoires. On ne saurait trop blâmer la négligence de certains ministres^ qui, lorsqu'ils ; se déshabillent, jettent les ornements sacrés comme cela se trouve.

« 23. Les parements des autels, lorsqu'on ne pourra commodément les conserver étendus sur leurs châssis, devront se plier, mais en prenant garde que les croix ou saintes images ne soient pas pliées : on n'oubliera pas, au cas où ils seraient brodés, de les garnir d'étoffe ou de papier.

« 24. Les parements seront toujours tendus et cloués sur leurs châssis, mais on fera attention que la tringle inférieure, à laquelle le parement est fixé, soit aplanie et échancrée de telle sorte que l'angle ne coupe pas le parement. Les châssis pourront être faits de façon à recevoir deux parements, surtout s'ils sont ordinaires^ c'est-à-dire une couleur d'un côté et une autre de l'autre ; aussi le châssis étant appliqué à un autel, il n'y a plus qu'à le retourner suivant la fête. De la même manière on pourra conserver ceux qui ne servent pas actuellement ou les mettre dans un meuble exprès ou armoire ; mais pour obvier à l'inconvénient de deux parements qui se frottent l'un contre Tautre ou d'un parement frottant contre l'autel, on interposera une étoffe assez grande pour recouvrir le parement, d'un côté ou des deux à la fois, selon l'occurrence. On obtiendra ce résultat en clouant l'étoffe au sommet du châssis, avec des rubans ou cordons sur les côtés pour attacher ou étendre de ci et de là, suivant qu'on veut couvrir une ou deux des faces. La conservation des parements serait assurée si on pouvait, pendant le temps des messes, couvrir la partie supérieure du parement d'une garniture convenable qui ne gênerait pas le célébrant et protégerait le parement, lequel s'altère lorsque le prêtre s'appuie directement dessus. A la partie inférieure, on y remédie en apposant une baguette sur le marche-pied.

« 25. Les tapis et autres grosses étoffes qu'on étend sur les pavés, marches ou sièges, avant qu'on les serre^ devront être nettoyés do la cire ou autre souillure qu'ils auraient contractée. Après les avoir exposés à l'air, on les secouera soigneusement pour en faire sortir la poussière, puis on les nettoiera avec une brosse et on les pliera pour les rentrer . »

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