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Insignes cardinalices

Les insignes qui distinguent les cardinaux sont : la pourpre, la calotte, la barrette, le chapeau, l'anneau, Vombrellino^ le baldaquin et les armoiries.

Pourpre. — La pourpre est un terme de convention, parce que, depuis plusieurs siècles, les cardinaux n'en font plus usage. Leurs vêtements sont uniquement teints en écarlate, couleur qui s'adapte aux bas, à la soutane, à la ceinture, au mantelet, à la mozette, à la cappa, au manteau, ainsi qu'à la calotte, à la barrette et au chapeau.

Calotte. — Paul II accorda la calotte et la barrette rouges aux cardinaux, qui ne peuvent les porter qu'après les avoir

reçus du Souverain Pontife directement ou médiatement.

La calotte est hémisphérique, à côtes triangulaires, en drap l'hiver et en soie l'été.

Barrette. — Elle est toujours en drap rouge et sans houppe. Elle demeure exposée sur une crédence entre deux chandeliers dans la seconde antichambre du palais. Quand le cardinal se rend aux chapelles, il la confie à son gentilhomme et à son caudataire, lorsqu'il est à Téghse. Il ne peut s'en coiffer que là où n'est pas le pape.

Cette barrette n'a que trois cornes et le côté qui en est dépourvu se place au dessus de l'oreille gauche.

Dans son église titulaire, le cardinal, pour donner la bénédiction, se coiffe ou de la barrette ou du capuchon de la cappa.

Chapeau, — Les chapeaux des cardinaux sont au nombre de quatre, dont deux ont la forme ordinaire du tricorne et les deux autres une forme particulière.

Le pape Innocent IV accorda le chapeau rouge aux cardinaux, en 1245, lors du concile de Lyon et par cette couleur voulut leur mettre sans cesse sous les yeux l'obUgation où ils sont de se tenir toujours prêts à verser leur sang pour l'exaltation de la foi, la paix et la tranquillité du peuple chrétien, le maintien et l'accroissement de la sainte Eghse Romaine. Tel est le sens des paroles que le pape prononce en le leur posant sur la tête en consistoire : « Ad laudem omnipotentis Dei et Sanctae Sedis Apostolicae ornamentum, accipe galerum rubrum, insigne singulare dignitatis cardinalatus, per quod designatur quod usque ad mortem et sanguinis effusionem inclusive, pro exaltatione sanctae fidei^ pace et quiète populi christiani, augmento et statu sanctae Romanee Ecclesiae, te intrepidum exhibere debeas. »

Le chapeau cardinalice ou pontifical est en drap doublé de soie, avec des glands et cordons de soie, le tout de couleur rouge. Il est rond, plat, à larges bords et presque sans fond, en sorte qu'on ne pourrait le mettre sur la tête. De chaque côté et en dessous pendent quatre ou cinq rangs do houppes en effilé, comme sur les armoiries.

Ce chapeau est celui que reçoit chaque cardinal des mains du pape après sa création A la suite du consistoire, la remise officielle s'en fait, le soir même, avec pompe, au palais du nouveau cardinal.

Autrefois, lorsqu'il y avait des cavalcades solennelles, soit pour la prise de possession, soit pour Tassistance à quelque chapelle dans une église, les cardinaux se coiffaient du capuchon de la cappa, par dessus lequel ils mettaient le chapeau pontifical, qui n*a plus d'autre usage maintenant qu'à la mort du cardinal. En effet, on le dépose à ses pieds sur son lit funèbre dans son palais et, à l'église, à la partie antérieure delà bière. On le suspend ensuite à la voùte,au dessus de la sépulture.

Lorsque Paul II, en 1464, exigea qu'il fût en soie, il rencontra une vive opposition de la part de ceux a qui bene sentientes diminuendam Ecclesiae pompam, non augendam cum detrimento Christianae religionis praedicabant. »

Le chapeau parasol a les mêmes dimensions et la même forme que le chapeau pontifical ; seulement il est en soie cramoisie, avec un ruban rouge et or, qui contourne aussi les bords et deux cordons rouge et or, pendants et terminés par un gland, avec un coulant pour pouvoir le fixer sous le menton. Ce chapeau ne se porte pas. Il sert seulement à garantir le cardinal du soleil, d'où lui est venu son nom de parasol ; un valet en livrée le tient alors à la main au-dessus de la tête de son Eminence. Aux processions du Saint-Sacrement ou des canonisations, il est tenu près du cardinal par le doyen de sa maison qui le passe au bras gauche.

Le chapeau de cérémonie est à trois cornes, en feutre rouge l'hiver et en soie l'été. Il a une bordure d'or et un ruban rouge autour de la coiffe, avec passementerie d'or terminée par des fiocchi de même. Le cardinal ne peut en faire usage qu'autant qu'il a déjà reçu la barrette rouge et il le porte ensuite chaque fois qu'il revêt le costume de cérémonie, rouge ou violet.

Le chapeau rouge a été donné aux cardinaux sortant des ordres monastiques, en 1590, par Grégoire XIV.

SUR Lh COSTUME ECCLÉSIASTIQUE. 527

Le chapeau ordinaire est un tricorne noir, que le cardinal porte habituellement, chaque fois qu'il sort avec l'habit ou la soutane noire. Il est en feutre l'hiver, en soie l'été et entouré d'un ruban rouge, avec de la passementerie d'or et des houppes de même.

Anneau. — Les cardinaux ont trois anneaux.

"U anneau cardinalice leur est mis au doigt par le pape luimême dans le consistoire où il leur assigne un titre. Cet anneau^ confectionné par le joaillier du palais, est en or, avec un saphir au chaton et les armoiries émaillées du Souverain Pontife à l'intérieur. Sa valeur est d'environ 160 francs. Les cardinaux paient à la Congrégation de la Propagande, pour le droit d'anneau, une taxe de 3210 francs, ce qui leur donne le privilège de pouvoir faire leur testament ; sans quoi, tout leur héritage reviendrait à la Chambre Apostolique.

\!anneau ordinaire est celui que les cardinaux portent habituellement. Toute pierre précieuse est autorisée au chaton, qui est toujours entouré de brillants.

Lorsque les cardinaux officient pontificalement, ils mettent au doigt annulaire de la main droite Y anneau pontifical^ qui est de plus grande dimension que les autres.

Ces trois anneaux ne sont pas bénis. L'anneau pontifical le serait seul si le cardinal était évêque, car il l'aurait alors reçu le jour de son sacre.

Lorsqu'on est admis à Taudience d'un cardinal, on baise respectueusement son anneau, après le salut d'usage et avant de se retirer.

Omhrellino. — Les cardinaux, en tant que princes, ont le privilège de Vo7nbrellino^ qui demeure suspendu dans leur première antichambre et qu'ils font porter sur leur carrosse, quand ils sortent en ville. Il a la forme d'un parasol et est recouvert de damas rouge ou violet, suivant le temps. Le manche brisé permet de le porter dans un fourreau, en toile rouge ou violette, attaché par des cordons avec houppes de même couleur.

Dans l'antichambre, il est toujours accompagné d'un coussin

rouge ou violet, selon le temps, galonné de soie jaune, avec des glands de même aux quatre angles. Ce coussin se place sous les genoux des cardinaux pour les stations ou les visites aux églises.

Trône. — Les cardinaux, dans leur palais et leur église titulaire, ont droit au trône. Ce trône se compose-, pour l'église, d'une ou plusieurs marches recouvertes d'nn tapis, d'un fauteuil de soie rouge galonné d^or, d'un dossier de velours ou de soie rouge galonné et frangé d'or ; enfin, d'un dais carré, analogue au dossier.

Dans leur palais, les cardinaux ajoutent le portrait du pape régnant au dossier du dais et, quand ils ne siègent pas, le fauteuil est retourné. Il n'y a pas de marche, mais un tapis plus riche sous les pieds. La salle du trône est toute tendue de damas de soie rouge.

Si le cardinal habite un palais apostoHque ou un couvent, il n'a droit qu'à un simple dossier sans dais, pour ne pas préjudicier à l'autorité du pape, qui seul peut recevoir en ce lieu un tel honneur.

Si le cardinal titulaire veut assister dans son église à un office qui ne comporte pas de solennité, il occupe la première stalle du chœur au côté droit et n'a qu'un simple dossier ou tenture, rouge ou violet selon le" temps.

Dans l'antichambre où se tiennent les valets de pied, on dresse une espèce d'autel, avec parement de drap rouge, galonné et frangé de soie jaune ; plus, des gradins armoriés. Sur le dossier sont peintes ou brodées les armoiries du cardinal et au-dessus s'élève un dais d'étoffe rouge, frangé et galonné de soie jaune.

La hauteur de ce dressoir est de 0,97 c. sur une largeur de 2,35 c. et une profondeur de J,27 c; le gradin mesure en hauteur 0,47 c. La hauteur du dossier est proportionnée à l'élévation de l'étage.

Armoiries. — Les cardinaux sont tenus d'avoir un écusson, qui reproduit ou des armoiries de convention ou celles de leur famille. S'iiS appai tiennent à un ordre religieux, ils mettent

en parti ou en chef les armoiries de cet ordre. Au-dessous pendent les décorations civiles que leur ont conférées les Souverains. Il leur est interdit d'ajouter aucun autre emblème princier ou séculier, aucune couronne ou manteau, et, dans la formule de leur serment, ils s*engagent depuis Innocent X fl64ij à ne surmonter leur blason que du seul chapeau cardinalice, qui est de gueules, à cinq rangs de houppes : « Solo pileo de pretioso Christi sanguine rubente insigniti et decorati. »

Les armoiries des cardinaux, lors de leur création, sont gravées et distribuées au Sacré Collège et à la prélature.

Ces mêmes armoiries, peintes sur des panonceaux de bois, sont arborées au-dessus des portes des églises, couvents et établissements dont le cardinal est titulaire ou protecteur. A la porte de leur palais ne figurent que celles du pape.

Aux grandes solennités, dans l'église titulaire, les armoiries du cardinal, brodées sur des tentures de velours rouge, sont appendues de chaque côté de la nef ou du sanctuaire.

Les cardinaux qui remplissaient les fonctions de majordome ou de maître de chambre au palais apostolique lors de leur promotion, continuent, comme ils le faisaient étant prélats, à ajouter à leurs armoiries celles du pape qui les avait attachés à sa personne.

S'ils ont eu des papes dans leur famille, ils timbrent l'écusson du pavillon et des clefs en sautoir.

1 1 . Etat de maison

Chaque cardinal habite un palais et tient un état de maison réglé par l'étiquette. Cette maison, qu'on nomme en italien \di famille cardinalice^ se compose d'une quinzaine de personnes qui se divisent en trois catégories, en raison de leur plus ou moins d'importance. Selon le service spécial auquel elles sont attachées, ces catégories prennent le nom significatif ai' antichambre.

Première antichambre, — Voisine du salon de réception, H 34

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elle est affectée à Tauditeur, au secrétaire, au maître de chambre et au gentilhomme.

L'auditeur est un ecclésiastique, chargé d'étudier les causes et de préparer les documents pour les congrégations auxquelles doit assister Son Eminence.

Le secrétaire a le soin de la correspondance et la garde du sceau.

Le maître de chambre est un ecclésiastique, qui règle les cérémonies et introduit les visiteurs. Il porte la soutane en drap l'hiver, en soie l'été et le manteau de soie noire. Il prend l'habit court pour les réceptions.

Le gentilhomme accompagne le cardinal aux chapelles et autres fonctions. Il a mission de le représenter dans la visite aux nouveaux cardinaux. Son costume est entièrement noir, avec des souliers à boucles, une jupe ou gonelle, une culotte Jourte, un rabat et des manchettes de dentelle, l'épée droite au côté à garde d'acier, un habit court ou camisole sur le gilet, un manteau de soie noire et un chapeau noir à plumes de même couleur. Son habit de réception admet des bas blancs, un frac marron avec des boutons d'acier, un gilet blanc, une cravate de même et un rabat de dentelles.

Seconde antichambre. — Elle comprend le caudataire, le chapelain, l'échanson, le majordome, le valet de chambre et le doyen.

Le caudataire a plusieurs costumes suivant les circonstances. Aux chapelles papales, il porte la soutane en soie violette, à passe-poils et boutons noirs, la ceinture à glands violets, le col violet et la crocia en laine violette doublée de soie de même. La crocia est une espèce de cappa, comme celle des eamériers, avec un capuchon de soie violette mis en travers. — Lorsque les cardinaux sont vêtus des ornements sacrés, il porte sur la crocia le surplis et l'écharpe de gaze, avec laquelle il tient la mitre. — Dans les cérémonies particulières que font les cardinaux, il prend le surplis sur la soutane violette. — Aux.chapelles cardinalices et autres cérémonies ecclésiastiques, il a la soutane violette et le manteau de soie noire.

— Aux congrégations, visites d'églises et sermons, il est en noir, soutane et manteau.

Tous les caudataires des cardinaux forment un collège dont im cardinal est protecteur et le caudataire du pape préfet. Ils desservent l'église de Saint-Sauveur in cam/jo et, le jour de la fête patronale, assistent aux offices avec la soutane violette li la cotta.

Le titre du caudataire est celui de premier chapelain du cardinal.

L'échanson porte le même costume que le gentilhomme.

Le chapelain assiste Son Eminence à la messe, l'accompagne quand il sort et reçoit les visiteurs. Son costume, lorsqull est en fonction, se compose d'une soutane et d'un manteau noirs.

Le majordome, comme son nom l'indique, a l'intendance générale de la maison du cardinal, dont il règle les dépenses et paie les comptes.

Le valet de chambre a la charge de camérier auprès de Son Eminence. Il est plus spécialement attaché à sa personne et au service du cabinet et de la table. Il porte les souliers abondes^ la culotte noire, le frac et le gilet noirs, la cravate blanche et le manteau de soie noire.

Le doyen des domestiques porte un costume noir, culotte courte, gonelle, habit et cravate blanche. Il ajoute pour les cérémonies un grand manteau de soie noire.

Troisième antichambre. — Elle comprend les serviteurs ou valets, qui sont tous habillés à la livrée de leur maître.

Cette livrée varie quant à la couleur, suivant le blason du cardinal, mais elle se compose invariablement de souliers à boucles, bas blancs, culotte courte, gilet galonné d'or, cravate blanche, grand habit à col droit, galonné aux armes du cardinal sur toutes les coutures et chapeau noir à deux pointes, galonné d'or. Les domestiques mettent le chapeau en long, dans le sens des pointes, tandis que le cocher le place de travers sur la tête.

Les valets de pied sont en nombre plus ou moins considérable, suivant les besoins du service, au moins quatre. Deux sont toujours de faction et en livrée dans l'aniichambre qui ouvre sur l'escalier et où leurs chapeaux sont alignés sur l'espèce d'autel à dossier armorié qui distingue la troisième antichambre.

Le personnel est complété par un maître d'écurie, un cocher et un ou deux garçons d'écurie, qui prennent la livrée pour la voiture de suite, aux trains de gala.

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