LA SACRISTIE
4 . Sacristia dérive de sacra ; c'est, en effet, le local où se conservent les choses sacrées^ affectées au culte liturgique, vases, ustensiles, ornements, etc.
La sacristie est actuellement de première nécessité, quoique le clergé s'en soit passé, sans difficulté, paraît-il, pendant plus de quinze cents ans : ce n'est qu'à la fin du xvi® siècle qu'elles apparaissent à Rome, comme annexes des grandes églises.
La rubrique du missel, réformé sous saint Pie v, n'en fait pas une obligation stricte, puisqu'elle suppose qu'on peut s'habiller là ou ailleurs : « Deinde accedit (sacerdos) ad locum in sacristia vel alibi praeparatum. » Le texte prouve du moins qu'elle existait déjà à cette époque en plusieurs endroits.
2. Quand on a été à même d'étudier de près les sacristies romaines et italiennes, on comprend de suite toute l'importance qui s'est attachée à cette dépendance, laquelle forme à elle seule un monument complet et grandiose.
Au dôme de Capoue, elle s'annonce dès l'entrée par ce double distique du xvii'' siècle, qui en éloigne les profanes :
SACRA RECONDVNTVR PROGVL HING DISGEDITE PROFANI. HAEG VENERANDA PIO lANVA DEXTRA PATET IMPIE POLLVTIS ADYTVM CONTINGERE SAGRVM GRESSIBVS HOC PROPERANS HANG TIBI CARPE VIAM.
Comme dimension, la sacristie se proportionne à l'église d'abord, puis au clergé qui la dessert, enfin à la quantité d'objets qui doivent s'y accumuler. Elle sera donc nécessairement petite pour une petite église, qui n'a qu'un seul prêtre ; plus grande, pour une paroisse de ville ou un prieuré; trèsgrande pour une cathédrale, une collégiale ou un monastère. Dans le premier cas, une seule salle suffit amplement ; dans les deux autres, des annexes sont indispensables.
A défaut de voûte, la propreté exige un plafond ou quelque chose d'équivalent.
3. Le plan se règle sur l'emplacement libre ; cependant Benoît XIII dit avec raison qu'il le vaut mieux rectangulaire que carré, car on évite ainsi une perte d'espace au milieu.
4. Le style est celui de l'édifice auquel la sacristie est pour ainsi dire soudée. Dans sa construction, deux défauts sont à éviter : que la toiture, en montant trop haut, oie de la lumière à l'intérieur ou même condamne une ou plusieurs fenêtres de l'église, en tout ou en partie ; puis que si la sacristie est adossée à un des murs latéraux, son toit n'ait qu'une seule pente, comme s'il formait un bas-côté, car une double pente amenant les eaux pluviales le long du mur, il en résulte inévitablement des infiltrations dont on ne s'aperçoit que tardivement et auxquelles il est difficile de remédier.
5. La sacristie ayant besoin de beaucoup d'air et de lumière, sera, autant que possible, percée de plusieurs fenêtres. Elles seront garnies à l'extérieur de forts barreaux de fer, coutre ies voleurs. On les placera assez haut pour que du de- 'r^<)v$ les passants ne puissent rien voir au dedans. Au cas où
elles ne pourraient être ouvertes entièrement à cause de leurs trop vastes dimensions, qu'il y ait à la partie inférieure un châssis mobile qui devra se tenir constamment fermé par les temps froids et humides, mais s'ouvrir aux rayons bienfaisants du soleil, afin d'éloigner toute humidité et moisissure. Quelques sacristies reçoivent la lumière d'en haut, ce qui est plus commode peut-être pour la disposition des meubles, mais non pour l'ouverture et la fermeture des* panneaux.
6. La vraie place d'une sacristie est au midi, à cause du soleil qui, par sa chaleur, empêche la détérioration des objets qu'elle contient, toujours si susceptibles de s'altérer à la moindre humidité ou fraîcheur. On peut, au delà du transept, lui trouver une place suffisante dans l'espace qui correspond au chœur ; sinon, on la descendrait au dessous du croisillon. Il est bon qu'elle soit, le plus possible^ à proximité du maitre-autel, pour la facilité et promptitude du service. •
7. Le pavé, comme celui de l'église, sera en dalles ou en carreaux, avec toutes les précautions contre l'humidité, mâ^ chefer, sable, drainage, etc. Si l'église possède un calorifère, la sacristie en bénéficiera.
8. Toute sacristie aura deux portes : une extérieure, une intérieure. Il faut qu'on puisse venir du dehors sans qu'on soit obligé de passer par l'église. Que cette porte soit simple d'architecture, avec un auvent, si l'on veut, pour l'abriter ; et qu'elle aboutisse à une des extrémités, pour ne pas couper lo rectangle en deux.
Dans les petites églises, la porte intérieure ouvrira sur le sanctuaire ou le chœur, afin que le prêtre se rendant à l'autel ne soit pas exposé à déranger les fidèles, ce qui aurait lieu si elle donnait sur le transept ou la nef.
9. Rome, qui nous offre tant d'excellents modèles, a ajouté une troisième porte dans la plupart des grandes éghses. L'un^ va droit au maître-autel, per viam brcviorem^ comme disent les liturgistes ; elle sert pour les messes basses et les offices sans solennité. Cette première porte correspond à la porte ordinaire des petites églises. L'autre porle^ d'un aspect plusma-
jestueux, donne sur le transept ou un bas-côté : elle est affectée aux entrées solennelles, où le cortège se déploie pour se rendre processionnellement à l'autel.
10. Toutes ces portes sont en bois épais, solidement armées de pentures de fer : de plus, on les clôt, chaque soir, avec des verroux et une serrure à grosse clef, tant il est utile de prendre de précautions contre les voleurs.
11. A Rome, il est rare que la sacristie ouvre directement sur Téglise : elle est précédée d'un vestibule garni de bancs, en sorte que les personnes qui ont besoin de parler au sacristain ou à un membre du clergé, ne pénètrent pas à l'intérieur. De plus, afin d'éviter tous les regards indiscrets des passants et amortir le bruit qui pourrait parfois venir de la sacristie à l'église, la baie est fermée par une portière légère, revêtue de toile cirée, qui tourne sur un pivot et retombe d'ellemême.
12. Si la sacristie, située derrière Tautel, communiquait avec le sanctuaire par deux portes placées de chaque côté, la S. Congrégation des Rites a décidé qu'il fallait entrer par le côté de l'épître, qui est à gauche et sortir par celui de l'évangile, qui est à droite *.