‹ Traité pratique de la constructionChapitre 47 sur 234 · MATH. G. XXV · texte numérisé non relu

MATH. G. XXV

Le tôXte suivant se réfère aux Frères de saint Jean de Dieu, chargés du soin des malades : In custodiendis illis retribiitio multa. Il est du xvii' siècle et emprunté à la Bible.

En 1872, lorsque l'hôpital espagnol de Monserrato, à Rome, îai restauré, on inscrivit à la façade sa triple destination :

PAVPERIBVS

PEREGRINIS

INFIRMIS

Les soins pris par Alexandre YII pour que les malades ne soient pas importunés par le bruit de la rue, sont attestés, en 1661, par cette touchante inscription plaquée à l'extérieur de l'hôpital de la Consolation, à Rome :

Alexandro, VII. p. m.

qui ut. corporum. valetudini. paterna. charitate. consuleret

quemadmodum. pastorali. soUicitudine

pro. animarum. salute. quotidie. vigilat huic. xenodochio. suo. diplomate, concessit

annexam. viam. nocturno, tempore

transversis, catenarum, repagulis. custodiri ne, prœtereunt, strepitu. quies. arnica, salutis

omnino. ab. aegrotantibus. exularet

En France, nous trouvons une grâce analogue dans les inscriptions gravées aux façades des hôpitaux.

k Baugé (Maine-et-Loire) :

INFIRMORVM SOLATIO

A Thôpital saint Antoine, à Paris, un passage du livre des Rois (Ub. Il, cap. vu, 26-29) a été mis à peu près, sous cette forme ;

Benepic, et Sanctifica Domum istam in sempitêrnum Deds Israël, anno domini. 1767.

A Marly, on dit, avec les Proverbes (xix, 17), qu'avoir pitié du pauvre, c'est prêter à Dieu :

FOENERATUR DOMINO QUIMISERETUR PAUPERIS

L'hôtel-Bieu de Chambéry a été augmenté par la générosité du comte de Boigne. A cette occasion, on a gravé son éloge à la porte d'entrée et, comme pendant, on a eu le

jbon esprit d'ajouter le but de la fondation. Les deux plaques de marbre blanc contiennent chacune un distique écrit sur quatre lignes. Elles disent que là est le siège commun aux maladies du peuple, qui y trouve gratuitement des remèdes, des secours, Fassistance religieuse (s'il faut donner ce sens à numen qui est un peu vague) et peut-être aussi la santé. Je crois cette première partie plus ancienne que notre époque, qui rapporte à la louange du comte de Boigne qu'il a rouvert et accru Tasile des infirmes.

PVBUGA MORBORVM HIC SEDES, COMMVNE MEDENTVM AVXILIVM, PRESENS NVMEN

INEMPTA SALVS

INFIRMIS ADITVS, PROEGEPS

QVBM AVERTERAT OETAS

DEBOIGNI DONIS

AMPLIOR EGGE PATET

3. Je ne connais pas de décoration extérieure comparable à celle de l'hôpital de Pistoia. Lucca délia Robbia a fait une œuvre d'art incomparable en traduisant en faïence coloriée, d'un haut relief, les sept œuvres de miséricorde corporelle, qui conviennent ici parfaitement.

J'ai été touché d'attendrissement en voyant, au-dessus du tour des enfants abandonnés, à Arezzo, un gracieux bambino emmaillotté et produit par la même main habile, qui lui fait dire : « Mon père et ma mère m'ont abandonné, mais le Seigneur m'a recueilli » , Pater meus ei mater mea dereliquenint me, Dominus autem assumpsit me.

4. Dans les grands hôpitaux, comme à Rome S. Spirito^ saint Gallican et sainte Marie délia pigna, etc., les salles des hommes et des femmes sont séparées par un octogone, avec dôme, au milieu duquel s'élève un autel, en sorte que le prêtre célébrant peut être vu et entendu des deux côtés à la fois.

A Bénévent, dans la grande salle, l'autel est plaqué au

mur du fond et de tout point semblable aux petits autels d'une église.

Avec le système moderne qui multiplie les salles à l'infini, rérection de cet autel devient fort difficile. On a beau faire une chapelle séparée, elle ne répond pas au même but, car il n'y a à pouvoir s'y rendre que les valides^ et ils sont rares dans un hôpital : de cette façon, beaucoup de personnes alitées sont privées de ce secours religieux.

5. A saint Jean Calybite, une ravissante inscription surmonte la pharmacie : Nos remédia, Deus salutem. Dans sa concision élégante» ne rappelle-t-elle pas cette belle parole d'Ambroise Paré : « Je le pansay, Dieu le guarist ? »

6. L'hospice de V Animai à Rome, est exclusivement affecté aux Allemands, ce que constate cette inscription ;

leutonica quistirpe vents Romam, aspice tectum Quod te Teutonico suscipit hospicio.

Là aussi est en même temps une maison d'étude et un refuge pour les pèlerins :

AB PARVVLIS LABORI STVDENT

HOSPITES SANGTOS HABENT

VIGTVS INTER HOSPITES GOMIS

PLVS IBI MORES VALBANT QVAM ALIBI LEGES

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