‹ Traité pratique de la constructionChapitre 52 sur 234 · QUI PERTRANSIT SINE AVE · texte numérisé non relu

QUI PERTRANSIT SINE AVE

GORAM MATRE SALVATORIS.

Généralement les inscriptions qui font appel aux passants pour qu'ils s'arrêtent à saluer Marie, sont en italien ; je n'en donnerai que la traduction. Elles sont toutes des deux derniers siècles, et la plupart d'une grande naïveté. C'est le peuple qui parle^ et il ne connaît pas trop les règles de la littérature. Dans le quatrain suivant, deux personnes sont mises en scène ; l'une invite le passant à prier, et l'autre prie aussitôt, ou plutôt on lui indique la prière qu'il devra réciter : « Arrête-toi, passant, pour saluer Marie. Oh ! je vous donne mon cœur et mon âme. »

Marie et sa sainte mère sont confondues dans un même sentiment de vénération par cet autre quatrain : « Et toi qui passes maintenant par cette rue, arrête-toi pour vénérer Anne et Marie, o

C'est « à chaque rencontre de la pieuse mère qu'il faut la saluer par un Ave Maria, » est- il écrit dans la grande rue du Corso.

« Vous qui montez ou qui descendez, n'oubliez pas <le saluer Marie.» Ainsi s'expriment deux inscriptions dans des rues en pente.

Trois choses sont à faire pour le passant qui se trouve en

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face d'une image de la Vierge : s^arrêler, courber le front et dire un ^z;e. Rien n'est humble comme cette posture que prennent les Romains pendant qu'ils prient la Madone. Agenouillés ou debout, ils baissent la tête et appuient le front contre la muraille, ainsi qu'il leur est instamment recommandé :

« 0 toi qui passes devant Timmortelle reine, passant dévot, courbe ton front. »

« Ici le front bas, ô passant, arrête-toi ; là est la source des grâces; elle est la mère de Dieu. Admire-la, pleure et prie; elle ne refuse pas ses grâces à ses dévots. »

(( Arrête-toi, ô passant, courbe ton front ; salue Marie la reine. »

Quelquefois^ c'est la Vierge elle-même qui parle :

« 0 vous qui espérez du ciel grâce et secours, honorez-moi d'un Ave et d'un salut. »

« Si tu dis de cœur Ave Maria, au ciel tu verras ma face. »

L'hommage du cœur se fait souvent par l'offrande d'un cœur en métal qui, jusque dans la forme matérielle, cherche à reproduire le symbolisme du don volontaire : « Marie, source des grâces, accepte ce cœur^ gage de salut éternel. » J'ai lu quelque part ces quatre vers : « 0 mortel qui passes, courbé humblement ton front ; dis le rosaire à la Vierge grande et pieuse. Si tu désires des grâces, en voici la source, et tu seras sauvé si tu aimes Marie. »

Or le rosaire, c'est le salut prolongé et VAve tendrement répété. C'est la couronne de roses qui convient à celle que FEglise a nommée la reine des vierges et la reine des martyrs. •

Enfin je citerai une dernière inscription qui date de la fin du xvi° siècle, parce qu'elle demande un Ave Mai^ia à l'intention des défunts, suivant une pieuse coutume : «Ovous^ dévots qui passez par ici, dites un Pater et un Ave pour les âmes qui sont sorties de ce monde. »

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