‹ Traité pratique de la constructionChapitre 58 sur 234 · SPES MEA · texte numérisé non relu

SPES MEA

L'inscription d'Aix-la-Chapelle et du xviii* siècle que je cite est incomplète^ mais le sens m'autorise à la restituer. Tout vient de Dieu, il est donc juste qu'on fasse tout pour lui :

Pro DEO OMNIA VNDE veniunt omnia

Une maison moderne de Bâic (Suisse) dit philosophiquement aux passants qu'on doit la trouver assez grande, puisqu'un jour,par suite de la mort, il faudra se contenter d'un cercueil étroit :

SATIS AMFLA MORITVRO

9. Je voudrais voir l'élément chrétien s*introduire, comme autrefois, dans l'intérieur des maisons sous plusieurs formes, i Que la chambre à coucher ait, parmi ses meubles, un prie- Dieu sur lequel on s'agenouillera pour faire ses prières ordinaires; au-dessus, suivant l'usage romain, on placera un crucifix, qui sera entouré d'images diverses, la Vierge, le saint patron, etc., ou de reliques et d'Agnus. On pend au mur une

foule de petits objets de dévotion, cierges* de la Chandeleur et de sanctuaires vénérés, palmes bénites, médaille de saint André Avellin contre la mort subite, souvenirs de pèlerinage, etc.

Au chevet du lit est un bénitier et on se signe avec l'eau sainte avant de se lever et en se couchant.

10. J'aime peu les reliques entre les mains des fidèles, car elles ne reçoivent généralement aucun culte, si même elles ne sont pas souvent profanées. Il n'est pas défendu de les porter sur soi, mais que ce soit avec décence et non dans une bague ou un médaillon, en manière d'ornement mondain. Qu'on évite surtout que la thèque soit en contact avec la peau, car alors la sueur salit le métal, imbibe Tétoffe, souille la relique et fait fondre le sceau épiscopal : il est convenable d'envelopper le médaillon dans un sachet de soie, ainsi que faisaient nos pères, plus respectueux que nous. Est-ce bien aussi la place d'un reliquaire dans une poche, pêle-mêle avec toutes sortes d'objets profanes, à moins que, comme pour le chapelet, on ne l'enferme dans un étui? Accrochée au mur delà chambre à coucher, que la relique ne soit pas constamment découverte, mais garnie de son voile qui la protège contre les regards indiscrets et que, chaque fois qu'on l'invoque, on ait soin d'allumer un cierge en son honneur.

J'ai remarqué que presque toujours les authentiques sont égarés et introuvables. Quel zèle et quel ordre !

il. Les principaux actes de la vie s'inscrivaient autrefois sur le livre d'heures, à la première page et là les générations nouvelles venaient hre la naissance, le mariage, le décès des parents et ancêtres. Touchant usage qui commence à revivre paimi nous et qui se complète par des images ou des médailles destinées à remémorer le baptême, la confirmation , la première communion et le mariage. On ne saurait trop répandit ce qui est destiné à rappeler les plus beaux joiirs de la vie chrétienne, où l'on a senti Teffet de ia grâce de Dieu.

12. Serait-ce trop exiger que de demander, sur une petite étagère, place pour quelques livres de piété, que le soir on

lirait par extraits et en commun, avant de prendre son repos ? Les livres de ce genre abondent, mais sachons les choisir et tenons-nous-en aux plus connus. Au premier rang mettez toujours la Sainte-Écriture et limitation de Jésus-Chinst; ayez une courte vie des saints, afm de connaître les fêtes que l'Église célèbre chaque jour et un recueil d'indulgences. C'est, au confesseur à indiquer quels livres conviennent mieux à telle ou telle situation donnée. Un peu de catéchisme développé et même de théologie^ pour une personne sérieuse, ne gâterait rien ; on est généralement si ignorant de sa religion !

13. La maison, quelle qu'elle soit, se bénit une première fois après sa construction. Elle est bénite ensuite tous les ans, le samedi saint, par le curé de la paroisse. Ce sont des grâces spirituelles dont il importe de ne pas se priver et qui ne peuvent que procurer bonheur et succès à, ses habitants.

14. Les portes de ville elles-mêmes, en Italie, admettent un double décor : une inscription pieuse ou l'image de la Vierge, quelquefois aussi celle du patron. La porte Angélique, à Rome, qui ouvre sur l'ancienne voie triomphale, près du palais apostolique du Vatican, doit son nom aux deux anges qui y sont sculptés à Fextérieur. C'est, en effet, aux anges que Dieu a spécialement recommandé de nous garder pendant la route. On ne peut placer ceux qui voyagent sous une meilleure et plus profitable escorte. L'inscription remonte au pontificat de Pie IV et elle ajoute que qui veut sauver la répubUque doit marcher à la suite des anges, c'est-à-dire toujours puiser ses inspirations à une source céleste. La première par^ lie est tirée du psaume XC, verset II :

Page 1